Réduire les distances, les temps de trajet, avoir un coquillage magique qui permet de se téléporter à l’endroit où l’on pense, ou tout près de la personne désirée, voilà qui en ferait rêver plus d’un ! C’est aussi ce que pense Tungstene en trouvant par hasard son coquillage sur la plage d’Atlantis. Mais c’est sans compter sur l’utilisation frauduleuse qu’en font certains pirates, et la convoitise que peut susciter la possession d’un tel objet. Si à cela s’ajoute l’ambiguïté des sentiments que l’on ressent après avoir revu une amie d’enfance devenue une belle jeune femme. Vous voici plongeant directement dans une aventure où se mêlent action et romantisme.
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- 6080 av Jésus Christ !
Atlantis ! Une petite île à côté de l’Atlantide !
Plongez dans l’aventure !
Amusez-vous de l’anachronisme !
Vibrez d’actions débordantes et de romantisme !
Suivez Tungstene, Hallucinogène la Sage et Baliverne dans leurs péripéties.
Première Aventure de Tungstene, Hallucinogene et Baliverne. Mélange anachronique , cette aventure nous plonge dans un univers fantastique d'humour
Cette aventure vous entraînera dans un univers fantastique d'humour. Des paysages dépaysants qui vous propulseront tour à tour d'une petite ville, à une plage de sable blanc, aux cocotiers et à la jungle des îles tropicales, en passant par des grottes abritant les repères de pirates puis aux tavernes de marins assoiffés... Tous cela dans un style s'adressant aux petits comme aux grands.
Résumé : Alors qu'il se promène sur la plage, Tungstene trouve un coquillage magique, qui lui permet de se téléporter à l'endroit où il pense. Apprenant par les journaux que des pirates commettent des méfaits à l'aide d'un coquillage identique et n'écoutant que son courage, il décide avec l'aide de ses amis Hallucinogène le sage (une femme) et Baliverne de récupérer ce coquillage.
samedi 24 novembre 2007
vendredi 23 novembre 2007
Chapitre 1 étrange découverte
Il faisait beau ce matin-là. Au loin un petit bateau de pêche rentrait doucement au port d’Atlantis avec ses cales pleines de poissons. Un nuage de goélands criant à tue tête traînait derrière lui, espérant sans doute profiter de sa cargaison. Une légère brise marine soulevait les odeurs d’embrun de la nuit passée, au cours de laquelle, avait éclaté au grand large un orage. Les vagues avaient déposé sur le sable quelques algues arrachées et leur écume venaient maintenant lécher les pieds de Tungstene, qui se promenait sur la plage.
Tungstene était architecte, de taille moyenne, les cheveux bruns légèrement ondulés et les yeux charmeurs.
Pour Tungstene aussi, la nuit avait été agitée. L’orage qui s’était déroulé dans sa tête avait commencé dès la veille au matin, et n’était absolument pas lié aux conditions météorologiques. Tout avait débuté au détour d’une rue lorsqu’il avait revu son amie d’enfance : Hallucinogene. Ils s’étaient connus à la maternelle et étaient vite devenus les meilleurs amis du monde. Mais la vie, les études, puis leur travail, les avaient éloignés l’un de l’autre.
Et là ! Quelle ne fut pas sa surprise lorsque par hasard il était tombé nez à nez avec elle ! Tungstene sortait juste d’un rendez-vous important avec l’administrateur des immeubles publics d’Atlantis, lorsque ne regardant pas devant lui, absorbé par ses pensées il avait failli la percuter de plein fouet. Hallucinogene était devenue sage. C’est comme cela qu’à cette époque (en — 6080 avant Jésus-Christ) sur Atlantis l’on nommait les scientifiques médecins.
Atlantis était une petite île dont la ville principale portait le même nom. Elle était juste à côté de l’Atlantide ce formidable continent où se côtoyaient anachroniquement les plus vieilles et les plus récentes techniques. En effet, dans ce monde, il n’était pas rare de croiser des hommes habillés en toge romaine, un téléphone portable à l’oreille. Même si Atlantide, la capitale, restait le centre politico-culturel dont dépendaient toutes les îles alentours, Atlantis n’en gardait pas moins une certaine autonomie et il y faisait bon vivre.
Hallucinogene venait de s’y installer à nouveau c’était sa ville natale. Ses parents ayant déménagé, ils lui avaient donné la maison de famille où elle avait vécu petite.
Tungstene et elle avaient passé toute la journée ensemble, à essayer de rattraper le temps perdu, à se raconter leur parcours, leurs aventures amoureuses. Ils s’étaient baladés dans la petite ville, et sans s’en rendre compte, ils avaient fini par arriver sur le port. Ils s’étaient arrêtés pour manger ensemble au restaurant, et jusqu’au crépuscule les histoires et anecdotes fusaient de tous côtés. Tantôt comiques Hallucinogene racontant comment elle avait si bien su se tirer des pattes d’un professeur un peu collant en le poussant dans les bras de sa directrice, ou Tungstene énumérant ses tâtonnements architecturaux et ses innovations peu appréciées de son école, tantôt plus tristes en évoquant le souvenir d’expériences sentimentales douloureuses ou de la perte d’un ami. Leur amitié et leur complicité étaient intactes. Pourtant quelque chose avait changé, elle avait changé ! Hallucinogene était devenue… belle, même une très belle jeune femme. Tungstene la contemplait bouche bée, illuminée par les rayons rougeoyants du soleil couchant. Ses longs cheveux châtains, ses jolis yeux marrons si envoûtants et ses lèvres aux traits bien dessinés, ni trop charnues ni trop fines, juste comme il fallait, avec une symétrie si parfaite qu’on les aurait crues tracées par un grand peintre de la renaissance italienne. Ils étaient restés ensemble à discuter une bonne partie de la soirée, n’arrivant pas à se quitter. Puis il avait bien fallu s’y résoudre.
Ah !!! Hallucinogene…Toute la nuit Tungstene avait revécu cette merveilleuse journée passée avec elle. Mais les bonds que faisait désormais son estomac à chaque fois qu’il y pensait le forçaient à reconnaître qu’il ne voyait plus en elle, que la petite sœur avec qui il aimait tant jouer.
C’est pourquoi il était là, à se promener sur les plages désertes.
- Un peu d’air frais me fera le plus grand bien, avait - il pensé en se levant.
Et en effet, le petit air marin apaisait ses craintes. Son estomac cessait de jouer au yoyo et il supposait qu’il pouvait très bien être ami avec Gennie (son diminutif), comme auparavant, même si elle était devenue une femme si charmante.
Il marchait donc tranquillement comme cela, son pantalon en jean retroussé jusqu’aux genoux, ses chaussures dans la poche de son habituelle veste trois quarts rouge bordeaux, tantôt dans l’eau salée des vagues, tantôt sur le sable humide, il regardait avec amusement deux mouettes piaillaient, se disputant ce qui semblait être un vulgaire morceau de caoutchouc noir rejeté par la mer, jusqu’au moment où ses pieds heurtèrent quelque chose.
- Aïe ! Une douleur piquante le fit revenir à la réalité. Il se baissa pour voir ce que c’était. Tout d’abord il crut à une vive, ces petits poissons qui se cachent sous le sable et qui dardent leur épine dorsale lorsqu’on leur marche dessus. Mais non ! Alors qu’il retirait vivement son pied, apparut sous la fine couche d’eau salée, un énorme coquillage jaune orangé à moitié ensablé. Il oublia vite sa petite blessure qui le faisait encore un peu souffrir. La curiosité le piqua plus fort que son pied. Il se pencha et ramassa l’étrange objet.
- Oh ! Il est chouette ce coquillage s’exclama t-il, je n’en avais jamais vu de comme ça !
Effectivement, Atlantis n’était pas une île tropicale. Située aux alentours du 45° parallèle nord, elle possédait un climat tempéré et les coquillages que l’on y trouvait habituellement, ressemblaient bien plus à ceux que nous trouverions aujourd’hui sur les bords de la méditerranée.
Tungstene l’observa, la coquille devait bien peser dans les deux cents grammes et mesurait dans les trente centimètres. Des stries noires dessinaient sur sa surface de drôles de motifs, comme s’ils avaient été peints par la main de l’homme et provenant d’une langue étrange.
- Voilà une chose bien curieuse, pensa Tungstene. Il a dû faire un sacré bout de chemin pour se retrouver ici celui-là !
- Il est plein de sable, je vais le nettoyer ! Et tout en disant ces mots, Tungstene souffla sur le coquillage, PFFFFFF !
« POUFFFFF !!!!! »
Une chose étrange venait de se passer ! Une fumée grise, un éclair blanc… Il se sentit comme entouré de vapeur d’eau, ne sachant pas trop ce qui s’était passé. Il restait comme cela désorienté une fraction de seconde et avant même d’avoir eu le temps de faire quoi que ce soit un cri de femme retentit.
La vapeur s’était dissipée, Tungstene resta muet ! Il avait toujours les pieds dans l’eau, mais ne se trouvait plus du tout sur la plage. Il était maintenant debout dans une immense baignoire. Dans cette même baignoire qu’il n’avait pas vue depuis tant d’années et où il lui était arrivé si souvent de jouer avec sa tendre amie d’enfance !
Hallucinogene était là, à ses pieds, allongée dans l’eau de son bain, et bien sûr, c’était elle qui avait poussé ce cri de stupéfaction ! Elle n’avait pas vraiment pour habitude de voir apparaître des gens lorsqu’elle prenait son bain !
- Tungstene !!! S’exclama t — elle stupéfaite.
Ce qui eut pour effet de le tirer de sa stupeur :
- Hallucinogene ?? Mais qu’est -ce que je fais dans ta baignoire ?
Hallucinogene ne répondit pas tout de suite, elle se redressa et tira rapidement une serviette devant elle.
- C’est vrai qu’elle est vraiment très belle, pensa Tungstene dont les joues s’empourprèrent immédiatement de gêne.
- Euh … ! Ben …tu peux te retourner Tungstene s’il te plaît ! dit -elle en souriant, amusée de le voir si mal à l’aise de la situation.
Pour Hallucinogene ce n’était pas vraiment un problème, pourtant au fond d’elle, elle avait ressenti une étrange sensation de chaleur en voyant Tungstene apparaître sous ses yeux, un sentiment bien étrange un mélange de bien - être et de joie qui lui contractait le ventre. Puis bien vite elle pensa que cela devait être dû à la surprise de cette apparition inattendue.
Tungstene se retourna. Hallucinogene sortit du bain. Tenant toujours sa serviette de coton couleur pêche devant sa poitrine, elle enjamba le bord de la vaste baignoire et se dirigea vers le fond de la pièce. Elle passa derrière un paravent afin d’y enfiler un peignoir, vêtement plus approprié à la discussion avec un ami.
Mais c’était sans compter sur les immenses miroirs qui jouxtaient le bain et reflétaient l’intégralité de son anatomie. Tungstene toussota, les joues encore plus rouges si l’on peut. Il se retrouvait bien malgré lui à nouveau confronté à l’impudeur de son regard. Etonné, il fit un pas en arrière mais son pied se posa sur une savonnette qui avait dû glisser là lors de son arrivée impromptue. La sanction tomba immédiatement. Il sentit son pied glissé, sa jambe partir subitement en avant, et à grand renfort de moulinets dans l’air avec les bras, il essaya de se retenir en vain et PLOUF ! Il tomba brusquement les fesses dans l’eau parfumée, éclaboussant tout en même temps.
Hallucinogene qui l’avait entendu tomber tourna la tête. Elle éclata de rire en le voyant.
De l’eau jusqu’à la taille, les cheveux dégoulinants, aplatis par l’eau, voyant la bonne humeur de sa copine Tungstene en rit de bon cœur avec elle.
- Et bien nous voilà à égalité ! Dit - elle toujours en riant puis elle passa derrière le paravent.
- Dis - moi que faisais-tu avant d’arriver ici ? Demanda Hallucinogene tandis qu’elle enfilait un peignoir assorti à la serviette.
Tungstene s’était relevé tant bien que mal, contemplant son état, il ruisselait de partout.
- Je me promenais sur la plage, répondit-il, puis, il hésita un moment et continua :
- J’ai ramassé un coquillage, j’ai soufflé dessus et hop ! Je me suis retrouvé ici. Il passa machinalement la main sur sa poche, et toucha du bout des doigts la fameuse coquille qui dépassait. Elle était lisse et froide. Il l’avait mise instinctivement là dès les premiers instants de sa survenue dans la pièce d’eau de son amie.
- Tu as dû te téléporter dans ma baignoire, mais pourquoi ici ?... Je ne sais pas ! Continua Hallucinogene.
A ces mots, Tungstene se sentit encore plus penaud, fallait-il qu’il lui avoue avoir pensé à elle toute la nuit ? Par timidité il préféra pour l’instant éviter de lui en parler.
- Mais la téléportation ça n’existe pas ! Répondit -il peu sûr de lui.
Hallucinogene réapparut frottant ses cheveux avec une serviette pour les sécher.
- Ouf ! Pensa Tungstene dont la gêne se dissipa du même coup, elle est habillée. Aussitôt le mystère de cette téléportation prit le dessus, et son estomac s’arrêta par la même occasion de jouer à l’ascenseur.
- Tiens sèche- toi et suis - moi ! Ordonna t-elle gentiment tout en lui lançant un drap de bain.
Tungstene regarda l’étoffe avec un air dubitatif, comment allait - il se sécher juste avec ça ? Il prit la douce et moelleuse pièce de coton, elle sentait bon le parfum délicat et fruité d’Hallucinogene. Il se sécha tant bien que mal et la suivit.
Hallucinogene le regarda amusée.
- Ne t’inquiète pas ce n’est pas grave si tu fais des traces.
Ils sortirent de la salle de bain, traversèrent un long couloir. Tungstene regardait machinalement autour de lui. Les souvenirs remontaient par flopées. Il se revoyait dans ce couloir, aux allures d’ancien château moyenâgeux, courant derrière Hallucinogene, jouant à cache- cache derrière les vieilles armures alignées le long de ces lourds murs de grosses pierres, se moquant des vieux tableaux accrochés de part en part, portraits de grands-tantes et oncles à l’air acariâtre. Et il la voyait là maintenant devant lui, après toutes ces années.
Ils dévalèrent rapidement un étage. Le rez-de-chaussée tranchait véritablement. Un grand escalier de marbre blanc en colimaçon donnait le ton. Tout ici était meublé dans un style antique, des colonnes romaines remplaçaient les armures et des bustes de personnages importants qui avaient appartenu à la maison trônaient sur leur socle.
Tungstene la suivit comme cela jusqu’au devant d’une grande porte en noyer brun. Hallucinogene tourna la poignée et ils entrèrent dans une grande pièce servant de bibliothèque. Des étagères chargées à craquer de livres s’étalaient le long des murs. On en trouvait sur tous les sujets, médecine, sciences et technologie, mais aussi romans d’aventure et à l’eau de rose, ce qui en disait encore long sur la personnalité d’Hallucinogene. Une femme au caractère fort et décidé mais qui n’en restait pas moins une éternelle romantique douce et tendre. Tungstene se demandait bien si elle les avait tous lus, puis, en souriant pour lui-même, il pensa qu’il avait été bien bête de se poser la question. Il se rappelait d’Hallucinogene petite, toujours un livre à la main, prenant la tête des jeux de leur trio. Elle leur racontait des histoires de pirates ou de martiens et les entraînait lui et Baliverne, leur super ami aux cheveux roux, dans des aventures extraordinaires.
-C’est vrai qu’elle a bien changé ! Pensa Tungstene une nouvelle fois, et quelle joie de la revoir !
Hallucinogene scrutait avidement les dos des livres, son doigt effleurant leur tranche rapidement, puis elle s’arrêta et prit un gros volume. D’un geste rapide elle poussa une pile de documents qui s’étalèrent sur la table et le posa.
- J’ai déjà entendu parler de ce genre de phénomène ! Ça doit être là ! Dit - elle en montrant sa trouvaille.
Elle ouvrit le gros manuel où s’inscrivaient en lettres d’or « légendes des mers profondes. » Ses yeux parcoururent rapidement le sommaire.
- Tiens voilà : légende sur le pays des sirènes.
- Les sirènes ? Les femmes poissons ?
- Oui, répondit Hallucinogene tout excitée continuant à feuilleter les pages pour se rendre à celles qui l’intéressaient. Puis elle s’arrêta, un sourire de victoire aux lèvres. Elle commença à lire et en même temps résuma le contenu de l’article à Tungstene.
- Là ! Regarde ! Il est dit qu’il existerait une variété de coquillage téléportateur très profond dans l’océan au royaume des sirènes. Celui-ci permettrait de se téléporter sur le lieu de ses pensées.
- Ah oui ! Dit Tungstene intéressé, en se rapprochant un peu plus pour lire le texte. Leurs épaules se touchaient presque à présent. Elle se retourna vers Tungstene lui sourit, puis se remit à lire.
- Par contre, aucun détail supplémentaire ! Dit-elle un peu déçue.
Tungstene était abasourdi.
- Il suffirait donc que je pense à un lieu et que je souffle sur le coquillage pour m’y retrouver si je comprends bien ???
Tout en disant ces paroles, le sentiment de gêne qui l’avait envahi lors de son arrivée inopportune, le reprit de plus belle. Qu’allait penser Hallucinogene désormais sur sa présence dans la magnifique salle de bain ?
Mais celle-ci d’une perspicacité redoutable lui sourit à nouveau gentiment.
- Oui, et si tu penses à une personne, tu te retrouves apparemment à ses côtés, ajouta t-elle.
Ils se regardèrent et éclatèrent de rire, leur complicité avait eu raison de la gêne.
- Prête- le - moi, je vais l’essayer ! Lui dit-elle en tendant la main pour que Tungstene lui remette le coquillage. Tungstene s’exécuta. Elle prit la coquille l’examina attentivement la faisant tourner dans ses mains. Elle semblait n’avoir jamais rien vu de la sorte.
- Quel étrange coquillage tout de même ! Bon voyons ce qu’il peut faire. Elle inspira profondément s’apprêtant à souffler dessus.
Tungstene la regardait faire et lui dit en souriant:
- Avant d’aller où que ce soit, n’oublie pas que tu es en simple peignoir.
Toujours sensible à la plaisanterie elle lui répondit en s’esclaffant :
- Alors je vais essayer de viser d’abord ma chambre avant la place publique ! Et elle souffla sur le coquillage.
- PFFFFFFFF
« POUFFFFFF ! »
Hallucinogene venait de s’évaporer dans un léger tourbillon de fumée grise.
Tungstene avait beau s’y attendre, mais voir son amie d’enfance disparaître de cette façon le laissait pantois. Il savait en plus très bien que cela n’avait rien d’un tour de prestidigitation et qu’aucune trappe cachée, qu’aucun tour de passe-passe n’étaient venus troubler ses yeux éberlués. C’est finalement plus impressionnant à voir qu’à faire, pensa t-il.
Puis l’inquiétude s’insinua, où était-elle ? …tait-elle toujours en vie ? Ses yeux faisaient machinalement le tour de la pièce espérant la découvrir. Les questions se précipitaient dans son esprit à la vitesse de l’éclair, des perles de sueur froides coulaient de son front :
- Et si la téléportation n’avait pas fonctionné ? Si elle s’était retrouvée, éparpillée un petit peu partout ? Après tout, ce qui avait marché une fois par hasard n’allait peut - être pas fonctionner cette fois- ci !
Tungstene était architecte, de taille moyenne, les cheveux bruns légèrement ondulés et les yeux charmeurs.
Pour Tungstene aussi, la nuit avait été agitée. L’orage qui s’était déroulé dans sa tête avait commencé dès la veille au matin, et n’était absolument pas lié aux conditions météorologiques. Tout avait débuté au détour d’une rue lorsqu’il avait revu son amie d’enfance : Hallucinogene. Ils s’étaient connus à la maternelle et étaient vite devenus les meilleurs amis du monde. Mais la vie, les études, puis leur travail, les avaient éloignés l’un de l’autre.
Et là ! Quelle ne fut pas sa surprise lorsque par hasard il était tombé nez à nez avec elle ! Tungstene sortait juste d’un rendez-vous important avec l’administrateur des immeubles publics d’Atlantis, lorsque ne regardant pas devant lui, absorbé par ses pensées il avait failli la percuter de plein fouet. Hallucinogene était devenue sage. C’est comme cela qu’à cette époque (en — 6080 avant Jésus-Christ) sur Atlantis l’on nommait les scientifiques médecins.
Atlantis était une petite île dont la ville principale portait le même nom. Elle était juste à côté de l’Atlantide ce formidable continent où se côtoyaient anachroniquement les plus vieilles et les plus récentes techniques. En effet, dans ce monde, il n’était pas rare de croiser des hommes habillés en toge romaine, un téléphone portable à l’oreille. Même si Atlantide, la capitale, restait le centre politico-culturel dont dépendaient toutes les îles alentours, Atlantis n’en gardait pas moins une certaine autonomie et il y faisait bon vivre.
Hallucinogene venait de s’y installer à nouveau c’était sa ville natale. Ses parents ayant déménagé, ils lui avaient donné la maison de famille où elle avait vécu petite.
Tungstene et elle avaient passé toute la journée ensemble, à essayer de rattraper le temps perdu, à se raconter leur parcours, leurs aventures amoureuses. Ils s’étaient baladés dans la petite ville, et sans s’en rendre compte, ils avaient fini par arriver sur le port. Ils s’étaient arrêtés pour manger ensemble au restaurant, et jusqu’au crépuscule les histoires et anecdotes fusaient de tous côtés. Tantôt comiques Hallucinogene racontant comment elle avait si bien su se tirer des pattes d’un professeur un peu collant en le poussant dans les bras de sa directrice, ou Tungstene énumérant ses tâtonnements architecturaux et ses innovations peu appréciées de son école, tantôt plus tristes en évoquant le souvenir d’expériences sentimentales douloureuses ou de la perte d’un ami. Leur amitié et leur complicité étaient intactes. Pourtant quelque chose avait changé, elle avait changé ! Hallucinogene était devenue… belle, même une très belle jeune femme. Tungstene la contemplait bouche bée, illuminée par les rayons rougeoyants du soleil couchant. Ses longs cheveux châtains, ses jolis yeux marrons si envoûtants et ses lèvres aux traits bien dessinés, ni trop charnues ni trop fines, juste comme il fallait, avec une symétrie si parfaite qu’on les aurait crues tracées par un grand peintre de la renaissance italienne. Ils étaient restés ensemble à discuter une bonne partie de la soirée, n’arrivant pas à se quitter. Puis il avait bien fallu s’y résoudre.
Ah !!! Hallucinogene…Toute la nuit Tungstene avait revécu cette merveilleuse journée passée avec elle. Mais les bonds que faisait désormais son estomac à chaque fois qu’il y pensait le forçaient à reconnaître qu’il ne voyait plus en elle, que la petite sœur avec qui il aimait tant jouer.
C’est pourquoi il était là, à se promener sur les plages désertes.
- Un peu d’air frais me fera le plus grand bien, avait - il pensé en se levant.
Et en effet, le petit air marin apaisait ses craintes. Son estomac cessait de jouer au yoyo et il supposait qu’il pouvait très bien être ami avec Gennie (son diminutif), comme auparavant, même si elle était devenue une femme si charmante.
Il marchait donc tranquillement comme cela, son pantalon en jean retroussé jusqu’aux genoux, ses chaussures dans la poche de son habituelle veste trois quarts rouge bordeaux, tantôt dans l’eau salée des vagues, tantôt sur le sable humide, il regardait avec amusement deux mouettes piaillaient, se disputant ce qui semblait être un vulgaire morceau de caoutchouc noir rejeté par la mer, jusqu’au moment où ses pieds heurtèrent quelque chose.
- Aïe ! Une douleur piquante le fit revenir à la réalité. Il se baissa pour voir ce que c’était. Tout d’abord il crut à une vive, ces petits poissons qui se cachent sous le sable et qui dardent leur épine dorsale lorsqu’on leur marche dessus. Mais non ! Alors qu’il retirait vivement son pied, apparut sous la fine couche d’eau salée, un énorme coquillage jaune orangé à moitié ensablé. Il oublia vite sa petite blessure qui le faisait encore un peu souffrir. La curiosité le piqua plus fort que son pied. Il se pencha et ramassa l’étrange objet.
- Oh ! Il est chouette ce coquillage s’exclama t-il, je n’en avais jamais vu de comme ça !
Effectivement, Atlantis n’était pas une île tropicale. Située aux alentours du 45° parallèle nord, elle possédait un climat tempéré et les coquillages que l’on y trouvait habituellement, ressemblaient bien plus à ceux que nous trouverions aujourd’hui sur les bords de la méditerranée.
Tungstene l’observa, la coquille devait bien peser dans les deux cents grammes et mesurait dans les trente centimètres. Des stries noires dessinaient sur sa surface de drôles de motifs, comme s’ils avaient été peints par la main de l’homme et provenant d’une langue étrange.
- Voilà une chose bien curieuse, pensa Tungstene. Il a dû faire un sacré bout de chemin pour se retrouver ici celui-là !
- Il est plein de sable, je vais le nettoyer ! Et tout en disant ces mots, Tungstene souffla sur le coquillage, PFFFFFF !
« POUFFFFF !!!!! »
Une chose étrange venait de se passer ! Une fumée grise, un éclair blanc… Il se sentit comme entouré de vapeur d’eau, ne sachant pas trop ce qui s’était passé. Il restait comme cela désorienté une fraction de seconde et avant même d’avoir eu le temps de faire quoi que ce soit un cri de femme retentit.
La vapeur s’était dissipée, Tungstene resta muet ! Il avait toujours les pieds dans l’eau, mais ne se trouvait plus du tout sur la plage. Il était maintenant debout dans une immense baignoire. Dans cette même baignoire qu’il n’avait pas vue depuis tant d’années et où il lui était arrivé si souvent de jouer avec sa tendre amie d’enfance !
Hallucinogene était là, à ses pieds, allongée dans l’eau de son bain, et bien sûr, c’était elle qui avait poussé ce cri de stupéfaction ! Elle n’avait pas vraiment pour habitude de voir apparaître des gens lorsqu’elle prenait son bain !
- Tungstene !!! S’exclama t — elle stupéfaite.
Ce qui eut pour effet de le tirer de sa stupeur :
- Hallucinogene ?? Mais qu’est -ce que je fais dans ta baignoire ?
Hallucinogene ne répondit pas tout de suite, elle se redressa et tira rapidement une serviette devant elle.
- C’est vrai qu’elle est vraiment très belle, pensa Tungstene dont les joues s’empourprèrent immédiatement de gêne.
- Euh … ! Ben …tu peux te retourner Tungstene s’il te plaît ! dit -elle en souriant, amusée de le voir si mal à l’aise de la situation.
Pour Hallucinogene ce n’était pas vraiment un problème, pourtant au fond d’elle, elle avait ressenti une étrange sensation de chaleur en voyant Tungstene apparaître sous ses yeux, un sentiment bien étrange un mélange de bien - être et de joie qui lui contractait le ventre. Puis bien vite elle pensa que cela devait être dû à la surprise de cette apparition inattendue.
Tungstene se retourna. Hallucinogene sortit du bain. Tenant toujours sa serviette de coton couleur pêche devant sa poitrine, elle enjamba le bord de la vaste baignoire et se dirigea vers le fond de la pièce. Elle passa derrière un paravent afin d’y enfiler un peignoir, vêtement plus approprié à la discussion avec un ami.
Mais c’était sans compter sur les immenses miroirs qui jouxtaient le bain et reflétaient l’intégralité de son anatomie. Tungstene toussota, les joues encore plus rouges si l’on peut. Il se retrouvait bien malgré lui à nouveau confronté à l’impudeur de son regard. Etonné, il fit un pas en arrière mais son pied se posa sur une savonnette qui avait dû glisser là lors de son arrivée impromptue. La sanction tomba immédiatement. Il sentit son pied glissé, sa jambe partir subitement en avant, et à grand renfort de moulinets dans l’air avec les bras, il essaya de se retenir en vain et PLOUF ! Il tomba brusquement les fesses dans l’eau parfumée, éclaboussant tout en même temps.
Hallucinogene qui l’avait entendu tomber tourna la tête. Elle éclata de rire en le voyant.
De l’eau jusqu’à la taille, les cheveux dégoulinants, aplatis par l’eau, voyant la bonne humeur de sa copine Tungstene en rit de bon cœur avec elle.
- Et bien nous voilà à égalité ! Dit - elle toujours en riant puis elle passa derrière le paravent.
- Dis - moi que faisais-tu avant d’arriver ici ? Demanda Hallucinogene tandis qu’elle enfilait un peignoir assorti à la serviette.
Tungstene s’était relevé tant bien que mal, contemplant son état, il ruisselait de partout.
- Je me promenais sur la plage, répondit-il, puis, il hésita un moment et continua :
- J’ai ramassé un coquillage, j’ai soufflé dessus et hop ! Je me suis retrouvé ici. Il passa machinalement la main sur sa poche, et toucha du bout des doigts la fameuse coquille qui dépassait. Elle était lisse et froide. Il l’avait mise instinctivement là dès les premiers instants de sa survenue dans la pièce d’eau de son amie.
- Tu as dû te téléporter dans ma baignoire, mais pourquoi ici ?... Je ne sais pas ! Continua Hallucinogene.
A ces mots, Tungstene se sentit encore plus penaud, fallait-il qu’il lui avoue avoir pensé à elle toute la nuit ? Par timidité il préféra pour l’instant éviter de lui en parler.
- Mais la téléportation ça n’existe pas ! Répondit -il peu sûr de lui.
Hallucinogene réapparut frottant ses cheveux avec une serviette pour les sécher.
- Ouf ! Pensa Tungstene dont la gêne se dissipa du même coup, elle est habillée. Aussitôt le mystère de cette téléportation prit le dessus, et son estomac s’arrêta par la même occasion de jouer à l’ascenseur.
- Tiens sèche- toi et suis - moi ! Ordonna t-elle gentiment tout en lui lançant un drap de bain.
Tungstene regarda l’étoffe avec un air dubitatif, comment allait - il se sécher juste avec ça ? Il prit la douce et moelleuse pièce de coton, elle sentait bon le parfum délicat et fruité d’Hallucinogene. Il se sécha tant bien que mal et la suivit.
Hallucinogene le regarda amusée.
- Ne t’inquiète pas ce n’est pas grave si tu fais des traces.
Ils sortirent de la salle de bain, traversèrent un long couloir. Tungstene regardait machinalement autour de lui. Les souvenirs remontaient par flopées. Il se revoyait dans ce couloir, aux allures d’ancien château moyenâgeux, courant derrière Hallucinogene, jouant à cache- cache derrière les vieilles armures alignées le long de ces lourds murs de grosses pierres, se moquant des vieux tableaux accrochés de part en part, portraits de grands-tantes et oncles à l’air acariâtre. Et il la voyait là maintenant devant lui, après toutes ces années.
Ils dévalèrent rapidement un étage. Le rez-de-chaussée tranchait véritablement. Un grand escalier de marbre blanc en colimaçon donnait le ton. Tout ici était meublé dans un style antique, des colonnes romaines remplaçaient les armures et des bustes de personnages importants qui avaient appartenu à la maison trônaient sur leur socle.
Tungstene la suivit comme cela jusqu’au devant d’une grande porte en noyer brun. Hallucinogene tourna la poignée et ils entrèrent dans une grande pièce servant de bibliothèque. Des étagères chargées à craquer de livres s’étalaient le long des murs. On en trouvait sur tous les sujets, médecine, sciences et technologie, mais aussi romans d’aventure et à l’eau de rose, ce qui en disait encore long sur la personnalité d’Hallucinogene. Une femme au caractère fort et décidé mais qui n’en restait pas moins une éternelle romantique douce et tendre. Tungstene se demandait bien si elle les avait tous lus, puis, en souriant pour lui-même, il pensa qu’il avait été bien bête de se poser la question. Il se rappelait d’Hallucinogene petite, toujours un livre à la main, prenant la tête des jeux de leur trio. Elle leur racontait des histoires de pirates ou de martiens et les entraînait lui et Baliverne, leur super ami aux cheveux roux, dans des aventures extraordinaires.
-C’est vrai qu’elle a bien changé ! Pensa Tungstene une nouvelle fois, et quelle joie de la revoir !
Hallucinogene scrutait avidement les dos des livres, son doigt effleurant leur tranche rapidement, puis elle s’arrêta et prit un gros volume. D’un geste rapide elle poussa une pile de documents qui s’étalèrent sur la table et le posa.
- J’ai déjà entendu parler de ce genre de phénomène ! Ça doit être là ! Dit - elle en montrant sa trouvaille.
Elle ouvrit le gros manuel où s’inscrivaient en lettres d’or « légendes des mers profondes. » Ses yeux parcoururent rapidement le sommaire.
- Tiens voilà : légende sur le pays des sirènes.
- Les sirènes ? Les femmes poissons ?
- Oui, répondit Hallucinogene tout excitée continuant à feuilleter les pages pour se rendre à celles qui l’intéressaient. Puis elle s’arrêta, un sourire de victoire aux lèvres. Elle commença à lire et en même temps résuma le contenu de l’article à Tungstene.
- Là ! Regarde ! Il est dit qu’il existerait une variété de coquillage téléportateur très profond dans l’océan au royaume des sirènes. Celui-ci permettrait de se téléporter sur le lieu de ses pensées.
- Ah oui ! Dit Tungstene intéressé, en se rapprochant un peu plus pour lire le texte. Leurs épaules se touchaient presque à présent. Elle se retourna vers Tungstene lui sourit, puis se remit à lire.
- Par contre, aucun détail supplémentaire ! Dit-elle un peu déçue.
Tungstene était abasourdi.
- Il suffirait donc que je pense à un lieu et que je souffle sur le coquillage pour m’y retrouver si je comprends bien ???
Tout en disant ces paroles, le sentiment de gêne qui l’avait envahi lors de son arrivée inopportune, le reprit de plus belle. Qu’allait penser Hallucinogene désormais sur sa présence dans la magnifique salle de bain ?
Mais celle-ci d’une perspicacité redoutable lui sourit à nouveau gentiment.
- Oui, et si tu penses à une personne, tu te retrouves apparemment à ses côtés, ajouta t-elle.
Ils se regardèrent et éclatèrent de rire, leur complicité avait eu raison de la gêne.
- Prête- le - moi, je vais l’essayer ! Lui dit-elle en tendant la main pour que Tungstene lui remette le coquillage. Tungstene s’exécuta. Elle prit la coquille l’examina attentivement la faisant tourner dans ses mains. Elle semblait n’avoir jamais rien vu de la sorte.
- Quel étrange coquillage tout de même ! Bon voyons ce qu’il peut faire. Elle inspira profondément s’apprêtant à souffler dessus.
Tungstene la regardait faire et lui dit en souriant:
- Avant d’aller où que ce soit, n’oublie pas que tu es en simple peignoir.
Toujours sensible à la plaisanterie elle lui répondit en s’esclaffant :
- Alors je vais essayer de viser d’abord ma chambre avant la place publique ! Et elle souffla sur le coquillage.
- PFFFFFFFF
« POUFFFFFF ! »
Hallucinogene venait de s’évaporer dans un léger tourbillon de fumée grise.
Tungstene avait beau s’y attendre, mais voir son amie d’enfance disparaître de cette façon le laissait pantois. Il savait en plus très bien que cela n’avait rien d’un tour de prestidigitation et qu’aucune trappe cachée, qu’aucun tour de passe-passe n’étaient venus troubler ses yeux éberlués. C’est finalement plus impressionnant à voir qu’à faire, pensa t-il.
Puis l’inquiétude s’insinua, où était-elle ? …tait-elle toujours en vie ? Ses yeux faisaient machinalement le tour de la pièce espérant la découvrir. Les questions se précipitaient dans son esprit à la vitesse de l’éclair, des perles de sueur froides coulaient de son front :
- Et si la téléportation n’avait pas fonctionné ? Si elle s’était retrouvée, éparpillée un petit peu partout ? Après tout, ce qui avait marché une fois par hasard n’allait peut - être pas fonctionner cette fois- ci !
jeudi 22 novembre 2007
Chapitre 2 essais et test
Un grand fracas venant du couloir le fit sursauter.
On aurait dit des bruits de lutte, un peu comme si un couple en pleine dispute se lançait de la vaisselle à la figure.
- Mais que se passe t-il là-bas ?? Dit Tungstene en se précipitant pour voir d’où provenait un tel vacarme.
Le couloir était vide, mais les bruits semblaient provenir d’une pièce à peine plus loin. Tungstene s’approcha prudemment, il passa par l’embrasure de la porte et se figea.
Puis il éclata de rire :
- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Mais qu’est- ce que tu fais là ?
C’était la cuisine. Une grande pièce au ton orangé où s’étalait le long du mur une cuisine intégrée, aux meubles en bois foncé.
Hallucinogene était assise dans l’évier, un pied dans une casserole, l’autre sur une assiette, et le reste de la vaisselle jonchait le sol un peu partout.
- Je crois que je me suis laissée distraire, répondit-elle en riant, mais je vais réessayer.
- Va m’attendre dans mon bureau si tu veux, il est juste au bout du couloir, moi je vais me changer et essayer de te trouver quelque chose à mettre.
Effectivement, Tungstene baignait toujours dans ses habits mouillés, et la sensation des vêtements humides et collant sur sa peau ne lui était pas très agréable.
- Je veux bien merci, lui répondit- il, tirant sur son pantalon et tout en faisant la grimace comme pour mieux montrer son inconfort.
A ces mots, elle souffla sur le coquillage et disparut à nouveau dans la volute de fumée et le petit « Pouf ! » caractéristique.
Tungstene était au moins rassuré, le spectacle burlesque auquel il venait d’assister prouvait que faute d’atterrir où l’on souhaitait, on y arrivait déjà en entier !
Quelques instants plus tard, Hallucinogene réapparaissait dans son bureau, vêtue d’un léger chemisier blanc et d’un pantalon en jean.
Tungstene l’attendait, debout appuyait sur le dossier d’un fauteuil en fer forgé, n’osant pas s’asseoir pour ne pas le mouiller. Il faisait face à une grande table de marbre reposant sur de petites colonnes de teinte bleutée. Des papiers jetés en vrac dessus, quelques planches d’anatomie et une plume trempée dans un encrier, laissaient présager que Gennie devait avoir pour habitude d’y travailler.
- C’est vraiment très pratique ce truc, dit-elle en posant le coquillage sur le bureau, puis en lui tendant des habits secs : Tiens, je n’ai trouvé que ça. Nous n’avons pas la même taille, mais je pense qu’ils devraient t’aller tout de même.
Tungstene regarda les habits l’air pas très convaincu.
Hallucinogene le rassura :
- Le T-shirt est un T-shirt comme tous les autres, dit - elle en le suspendant devant lui comme pour vérifier les mesures, et le pantalon, je l’ai acheté dans un magasin pour homme, ajouta t-elle avec un clin d’œil, j’aimais bien la coupe. Puis riant, y a juste la culotte, bien sûr je n’ai rien trouvé.
Tungstene rougit légèrement, un peu gêné de se voir percé dans son intimité.
Il prit les habits, regarda autour de lui cherchant comment se changer sans pour autant se mettre nu devant son amie. Le fait de l’avoir vue tout à l’heure dans le même état ne lui donnait pas envie que son tour arrive.
Hallucinogene lui montra une petite cloison faite de bois et de verre dépoli.
- Change - toi là derrière, lui dit elle, c’est fait pour ça.
Tungstene avait oublié un moment qu’elle était médecin. Il se sentit un peu ridicule, songeant qu’elle avait dû voir bien d’autres hommes nus lors de son travail. Mais il n’arrivait pas à la voir comme telle, c’était son amie avant tout !
Il passa donc dans la petite pièce. C’était là qu’elle examinait ses patients. Il observa rapidement la petite salle ainsi délimitée. Une grande table d’auscultation recouverte de skaï noir trônait au milieu de la pièce. Sur les longues étagères périphériques s’alignaient des instruments biscornus et des livres aux couvertures étranges. Tungstene quitta ses habits mouillés, se sécha rapidement. Il passa la tête dans le T-shirt blanc d’Hallucinogene. Son parfum émanait encore des fibres du tissu et Tungstene eut la douce impression de la sentir serrée contre lui.
Il enfila le pantalon, et s’aperçut que son amie avait l’œil, il lui allait comme un gant !
Pendant ce temps Hallucinogene étudiait de plus prés le coquillage puis le fit sauter dans sa main.
- Etranges signes, se dit-elle en grattant avec son ongle les dessins striés de la coquille, on dirait une écriture, pourtant cela semble incruster dans la matière ! Dommage qu’il soit si gros, mais oui, vraiment très pratique ce truc ! Finit- elle par dire tout haut.
- Ca à l’air oui. Mais je me demande bien comment ce coquillage a pu arriver ici ! Dit Tungstene en sortant de derrière la cloison et venant s’asseoir enfin dans le fauteuil.
Hallucinogene le regarda satisfaite.
- Magnifique, ils te vont à merveille.
Puis rebondissant sur la remarque de Tungstene :
- Je ne sais pas ! Mais le plus intéressant serait de savoir si d’autres se sont échoués.
- On peut aller voir ! S’exclama Tungstene en se levant d’un bond, tu crois que si l’on se touche on se téléporte ensemble ?
Hallucinogene hésita un moment.
- Je présume qu’oui, après tout, si les habits disparaissent en même temps, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas non plus avec une personne et tout en disant cela, elle lui tendit le coquillage et lui prit la main. Tiens concentre-toi bien sur la plage où tu l’as trouvé.
Au contact de ses doigts, l’estomac de Tungstene recommença à faire des bonds. Décidément, Hallucinogene avait un étrange pouvoir sur ses entrailles. Elle sembla même s’en apercevoir et lui sourit gentiment.
- Pfiou, difficile de se concentrer dans de telles conditions, pensa Tungstene. Pourtant, il ne faudrait pas que je nous emmène n’importe où.
Tungstene fit un effort et arriva enfin à repenser à la plage.
- Ben alors ? Demanda Hallucinogene qui commençait à s’étonner de l’inaction de son ami.
- Hé ! Deux minutes, se défendit-il gentiment, je ne veux pas nous envoyer au pôle Nord !
Et il se décida enfin à souffler sur le coquillage magique. Il sentit bien cette fois, une force étrange le happer, l’image du bureau devant lui s’envola dans un tourbillon. Tungstene tourna la tête pour voir si Hallucinogene était toujours à côté de lui. Elle était là, lui souriant, semblant tourner autour de lui dans une lumière floue balayée de paysages indistincts. Le voyage ne dura qu’une fraction de seconde et se termina aussi brusquement que lors de sa première téléportation, dans une lumière aveuglante. Le bruit des vagues, et les cris des mouettes se firent entendre en premier, puis les odeurs d’iode et d’eau salée, et enfin la vision complètement nette. Il se trouvait sur la plage, tenant toujours Hallucinogene par la main.
- Super ça marche, dit Tungstene à la fois content de cette merveilleuse expérience et toujours sensible au charme dégagé par la présence de son amie.
- On n’a plus qu’à chercher ! Déclara sans détour Hallucinogene qui lui lâchait déjà la main.
- C’est ça, cherchons… Répondit-il un peu déçu que celle qui faisait battre son cœur si vite ces derniers jours, ne soit pas plus sensible au romantisme de la situation.
- Tu n’as qu’à partir de ce côté-là, et moi de celui-ci dit-elle en montrant une partie de la plage.
- D’accord.
Hallucinogene s’éloigna tranquillement en scrutant le sable et le bord de l’eau. Tungstene la regarda partir et laissa échapper un soupir.
On aurait dit des bruits de lutte, un peu comme si un couple en pleine dispute se lançait de la vaisselle à la figure.
- Mais que se passe t-il là-bas ?? Dit Tungstene en se précipitant pour voir d’où provenait un tel vacarme.
Le couloir était vide, mais les bruits semblaient provenir d’une pièce à peine plus loin. Tungstene s’approcha prudemment, il passa par l’embrasure de la porte et se figea.
Puis il éclata de rire :
- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Mais qu’est- ce que tu fais là ?
C’était la cuisine. Une grande pièce au ton orangé où s’étalait le long du mur une cuisine intégrée, aux meubles en bois foncé.
Hallucinogene était assise dans l’évier, un pied dans une casserole, l’autre sur une assiette, et le reste de la vaisselle jonchait le sol un peu partout.
- Je crois que je me suis laissée distraire, répondit-elle en riant, mais je vais réessayer.
- Va m’attendre dans mon bureau si tu veux, il est juste au bout du couloir, moi je vais me changer et essayer de te trouver quelque chose à mettre.
Effectivement, Tungstene baignait toujours dans ses habits mouillés, et la sensation des vêtements humides et collant sur sa peau ne lui était pas très agréable.
- Je veux bien merci, lui répondit- il, tirant sur son pantalon et tout en faisant la grimace comme pour mieux montrer son inconfort.
A ces mots, elle souffla sur le coquillage et disparut à nouveau dans la volute de fumée et le petit « Pouf ! » caractéristique.
Tungstene était au moins rassuré, le spectacle burlesque auquel il venait d’assister prouvait que faute d’atterrir où l’on souhaitait, on y arrivait déjà en entier !
Quelques instants plus tard, Hallucinogene réapparaissait dans son bureau, vêtue d’un léger chemisier blanc et d’un pantalon en jean.
Tungstene l’attendait, debout appuyait sur le dossier d’un fauteuil en fer forgé, n’osant pas s’asseoir pour ne pas le mouiller. Il faisait face à une grande table de marbre reposant sur de petites colonnes de teinte bleutée. Des papiers jetés en vrac dessus, quelques planches d’anatomie et une plume trempée dans un encrier, laissaient présager que Gennie devait avoir pour habitude d’y travailler.
- C’est vraiment très pratique ce truc, dit-elle en posant le coquillage sur le bureau, puis en lui tendant des habits secs : Tiens, je n’ai trouvé que ça. Nous n’avons pas la même taille, mais je pense qu’ils devraient t’aller tout de même.
Tungstene regarda les habits l’air pas très convaincu.
Hallucinogene le rassura :
- Le T-shirt est un T-shirt comme tous les autres, dit - elle en le suspendant devant lui comme pour vérifier les mesures, et le pantalon, je l’ai acheté dans un magasin pour homme, ajouta t-elle avec un clin d’œil, j’aimais bien la coupe. Puis riant, y a juste la culotte, bien sûr je n’ai rien trouvé.
Tungstene rougit légèrement, un peu gêné de se voir percé dans son intimité.
Il prit les habits, regarda autour de lui cherchant comment se changer sans pour autant se mettre nu devant son amie. Le fait de l’avoir vue tout à l’heure dans le même état ne lui donnait pas envie que son tour arrive.
Hallucinogene lui montra une petite cloison faite de bois et de verre dépoli.
- Change - toi là derrière, lui dit elle, c’est fait pour ça.
Tungstene avait oublié un moment qu’elle était médecin. Il se sentit un peu ridicule, songeant qu’elle avait dû voir bien d’autres hommes nus lors de son travail. Mais il n’arrivait pas à la voir comme telle, c’était son amie avant tout !
Il passa donc dans la petite pièce. C’était là qu’elle examinait ses patients. Il observa rapidement la petite salle ainsi délimitée. Une grande table d’auscultation recouverte de skaï noir trônait au milieu de la pièce. Sur les longues étagères périphériques s’alignaient des instruments biscornus et des livres aux couvertures étranges. Tungstene quitta ses habits mouillés, se sécha rapidement. Il passa la tête dans le T-shirt blanc d’Hallucinogene. Son parfum émanait encore des fibres du tissu et Tungstene eut la douce impression de la sentir serrée contre lui.
Il enfila le pantalon, et s’aperçut que son amie avait l’œil, il lui allait comme un gant !
Pendant ce temps Hallucinogene étudiait de plus prés le coquillage puis le fit sauter dans sa main.
- Etranges signes, se dit-elle en grattant avec son ongle les dessins striés de la coquille, on dirait une écriture, pourtant cela semble incruster dans la matière ! Dommage qu’il soit si gros, mais oui, vraiment très pratique ce truc ! Finit- elle par dire tout haut.
- Ca à l’air oui. Mais je me demande bien comment ce coquillage a pu arriver ici ! Dit Tungstene en sortant de derrière la cloison et venant s’asseoir enfin dans le fauteuil.
Hallucinogene le regarda satisfaite.
- Magnifique, ils te vont à merveille.
Puis rebondissant sur la remarque de Tungstene :
- Je ne sais pas ! Mais le plus intéressant serait de savoir si d’autres se sont échoués.
- On peut aller voir ! S’exclama Tungstene en se levant d’un bond, tu crois que si l’on se touche on se téléporte ensemble ?
Hallucinogene hésita un moment.
- Je présume qu’oui, après tout, si les habits disparaissent en même temps, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas non plus avec une personne et tout en disant cela, elle lui tendit le coquillage et lui prit la main. Tiens concentre-toi bien sur la plage où tu l’as trouvé.
Au contact de ses doigts, l’estomac de Tungstene recommença à faire des bonds. Décidément, Hallucinogene avait un étrange pouvoir sur ses entrailles. Elle sembla même s’en apercevoir et lui sourit gentiment.
- Pfiou, difficile de se concentrer dans de telles conditions, pensa Tungstene. Pourtant, il ne faudrait pas que je nous emmène n’importe où.
Tungstene fit un effort et arriva enfin à repenser à la plage.
- Ben alors ? Demanda Hallucinogene qui commençait à s’étonner de l’inaction de son ami.
- Hé ! Deux minutes, se défendit-il gentiment, je ne veux pas nous envoyer au pôle Nord !
Et il se décida enfin à souffler sur le coquillage magique. Il sentit bien cette fois, une force étrange le happer, l’image du bureau devant lui s’envola dans un tourbillon. Tungstene tourna la tête pour voir si Hallucinogene était toujours à côté de lui. Elle était là, lui souriant, semblant tourner autour de lui dans une lumière floue balayée de paysages indistincts. Le voyage ne dura qu’une fraction de seconde et se termina aussi brusquement que lors de sa première téléportation, dans une lumière aveuglante. Le bruit des vagues, et les cris des mouettes se firent entendre en premier, puis les odeurs d’iode et d’eau salée, et enfin la vision complètement nette. Il se trouvait sur la plage, tenant toujours Hallucinogene par la main.
- Super ça marche, dit Tungstene à la fois content de cette merveilleuse expérience et toujours sensible au charme dégagé par la présence de son amie.
- On n’a plus qu’à chercher ! Déclara sans détour Hallucinogene qui lui lâchait déjà la main.
- C’est ça, cherchons… Répondit-il un peu déçu que celle qui faisait battre son cœur si vite ces derniers jours, ne soit pas plus sensible au romantisme de la situation.
- Tu n’as qu’à partir de ce côté-là, et moi de celui-ci dit-elle en montrant une partie de la plage.
- D’accord.
Hallucinogene s’éloigna tranquillement en scrutant le sable et le bord de l’eau. Tungstene la regarda partir et laissa échapper un soupir.
mercredi 21 novembre 2007
Chapitre 3 recherche sur sable
Ils cherchèrent une bonne heure comme cela, croisant quelques promeneurs leur demandant s’ils n’avaient pas vu un coquillage de la sorte.
- Ha ça non jeune homme, répondit une vieille dame qui faisait du jogging avec son petit chien. Jamais vu un truc pareil, sinon Poupette aurait bien essayé de jouer avec, continua -t- elle en flattant d’une caresse la tête de son caniche. Il la remercia puis continua encore un moment ses recherches.
Il finit tout de même par faire demi-tour et rejoignit Hallucinogene.
- Alors ? Demanda Hallucinogene qui était arrivée à peine plus tôt et profitait déjà du soleil, allongée sur le sable fin.
- Rien ! …Et toi ? Dit-il la mine déconfite.
- Pareil ! Répondit Hallucinogene plutôt contente, et tant mieux, imagine le danger si un tel coquillage tombait dans de mauvaises mains !
Tungstene réfléchit un moment puis acquiesça.
- Je pense qu’il serait plus sage que cela reste un secret entre nous pour éviter que des voleurs ne veuillent s’en emparer, dit-elle, l’air grave.
- Oui, je suis d’accord, admit immédiatement Tungstene, dont la perspective de faire courir un danger à son amie refroidissait son envie de s’amuser avec le coquillage. Il l’imaginait déjà aux prises avec de dangereux bandits qui la séquestraient en échange du fameux coquillage.
- On rentre ? Demanda t -il
- Oui, j’ai encore pas mal de boulot à finir, dommage, souffla t-elle, j’aurais bien passé la journée avec toi ici.
Le cœur de Tungstene se serra, lui aussi, aurait bien passé sa journée avec Hallucinogene, d’autant plus qu’aujourd’hui, c’était son jour de congé !
Il sortit à contre cœur le coquillage de sa poche, tendit une main à Hallucinogene afin qu’elle la saisisse et souffla.
POUFFFF ! Ils venaient de s’évaporer tous les deux pour le bureau d’Hallucinogene.
La journée passa finalement identique aux autres. Tungstene avait décidé de n’utiliser le coquillage, qu’avec prudence, afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Sa nuit fut plutôt agréable bien qu’agitée, peuplée de rêves où Hallucinogene prenait tour à tour l’apparence d’une sirène et d’une jeune mariée lui offrant un coquillage magique en guise d’alliance à leur propre mariage.
- Ha ça non jeune homme, répondit une vieille dame qui faisait du jogging avec son petit chien. Jamais vu un truc pareil, sinon Poupette aurait bien essayé de jouer avec, continua -t- elle en flattant d’une caresse la tête de son caniche. Il la remercia puis continua encore un moment ses recherches.
Il finit tout de même par faire demi-tour et rejoignit Hallucinogene.
- Alors ? Demanda Hallucinogene qui était arrivée à peine plus tôt et profitait déjà du soleil, allongée sur le sable fin.
- Rien ! …Et toi ? Dit-il la mine déconfite.
- Pareil ! Répondit Hallucinogene plutôt contente, et tant mieux, imagine le danger si un tel coquillage tombait dans de mauvaises mains !
Tungstene réfléchit un moment puis acquiesça.
- Je pense qu’il serait plus sage que cela reste un secret entre nous pour éviter que des voleurs ne veuillent s’en emparer, dit-elle, l’air grave.
- Oui, je suis d’accord, admit immédiatement Tungstene, dont la perspective de faire courir un danger à son amie refroidissait son envie de s’amuser avec le coquillage. Il l’imaginait déjà aux prises avec de dangereux bandits qui la séquestraient en échange du fameux coquillage.
- On rentre ? Demanda t -il
- Oui, j’ai encore pas mal de boulot à finir, dommage, souffla t-elle, j’aurais bien passé la journée avec toi ici.
Le cœur de Tungstene se serra, lui aussi, aurait bien passé sa journée avec Hallucinogene, d’autant plus qu’aujourd’hui, c’était son jour de congé !
Il sortit à contre cœur le coquillage de sa poche, tendit une main à Hallucinogene afin qu’elle la saisisse et souffla.
POUFFFF ! Ils venaient de s’évaporer tous les deux pour le bureau d’Hallucinogene.
La journée passa finalement identique aux autres. Tungstene avait décidé de n’utiliser le coquillage, qu’avec prudence, afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Sa nuit fut plutôt agréable bien qu’agitée, peuplée de rêves où Hallucinogene prenait tour à tour l’apparence d’une sirène et d’une jeune mariée lui offrant un coquillage magique en guise d’alliance à leur propre mariage.
mardi 20 novembre 2007
Chapitre 4 une nouvelle dérangeante
Au matin, Tungstene avait tout oublié, seul lui restait l’impression délicieuse d’avoir passé sa nuit aux côtés de cette fille, si chère à son cœur. Il alla dans sa cuisine et prépara son petit déjeuner habituel, un bon bol de lait chaud chocolaté et quelques tartines de pain beurrées recouvertes d’une fine couche de confiture de fraises. Tungstene s’étira lentement, bailla, il aimait ce moment tranquille où il n’hésitait pas à prendre son temps pour bien démarrer sa journée. Il passa négligemment vers sa boîte aux lettres. Celle-ci était incrustée dans le mur de façon à offrir une porte de chaque côté de celui-ci. Cela évitait bien d’avoir à se mouiller pour lever son courrier les jours de pluie. C’était une création architecturale de Tungstene et il en était d’ailleurs fier. Il ouvrit le portillon intérieur et sortit le courrier. Il feuilleta rapidement : quelques lettres, Atlantique matin le journal, des factures, une carte postale de sa cousine qui était en vacances dans le sud d’Atlantide et qui annonçait que tout allait bien, soleil au rendez vous et beaux mecs sur la plage. Tungstene sourit, sa cousine avait toujours été une grande séductrice, et il avait du mal à la suivre dans ses conquêtes, ne sachant jamais si l’homme qui l’accompagnait était le même que la fois précédente. Il s’abstenait en tous cas de la juger sur sa vie personnelle, et s’entendait très bien avec elle. C’était même pour lui un peu comme une deuxième sœur.
Il posa le courrier sur la table, but une gorgée de chocolat, mordit dans un croissant et prit le journal. Mais à peine avait-il posé les yeux dessus, qu’un gros titre lui sauta aux yeux. Il se jeta avidement sur le quotidien pour lire l’article qui suivait.
- Oh ben ça alors !!!! S’exclama t—il. Il but d’une traite son lait, engouffra deux tartines l’une sur l’autre et se précipita pour enfiler sa veste rouge.
- Vite le coquillage !! Cria—t-il comme si quelqu’un pouvait l’entendre.
Puis Tungstene saisit la fabuleuse coquille vide dans une main, souffla fortement dessus et POUUFFF, la cuisine virevoltait déjà devant ses yeux, destination la maison d’Hallucinogene.
Il vit la lumière blanche, mais surprise ! Des pelles, des pioches, un râteau, et tout son matériel de bricolage. En lieu et place du cabinet de sage de son amie, c’était dans son propre garage qu’il se retrouvait.
- Ah zut…! Tant pis, j’y vais en char ! Il ne voulait pas prendre le risque de se retrouver encore ailleurs.
Il attela rapidement ses deux fidèles chevaux à une espèce de carriole en bois. Munie de deux grandes roues à l’arrière et deux petites à l’avant, surmontée d’un pare-brise, elle ressemblait plus à une grosse caisse à savon qu’à un char comme on les connaît. Il sortit en trombe de chez lui, prit la première rue à droite, celle qui descendait au bas d’Atlantis, lorsqu’un cri retentit
- Héééé ! Tungstene ! Où roules-tu si vite ?
C’était Baliverne qui hélait son ami. Dans un crissement de roues Tungstene fit arrêter son véhicule.
Baliverne ressemblait beaucoup à Tungstene, il était ce que certains pouvaient appeler un beau gosse. Il avait la même stature et la même corpulence. Ses pommettes hautes lui donnaient l’impression de toujours sourire, ses cheveux roux frisés et sa petite moustache en faisaient craquer plus d’une.
- Tiens Bal ! Tu tombes bien, monte vite !
Baliverne regarda son ami intrigué, mais ouvrit tout de même la porte de la Deux chevaux (c’est comme ça que l’on appelait ce genre d’attelage à double équidés)
- Mais qu’est- ce qui presse donc autant ?
- Monte ! Je te raconterai en route, ordonna Tungstene qui redémarrait presque aussitôt sans lui laisser le temps de s’installer.
Il lui raconta tout ce qui s’était passé depuis quelques jours, les retrouvailles avec Gennie, le coquillage, etc. mais préféra pour l’instant ne pas lui parler de la confusion de ses sentiments pour elle.
- Oui je savais qu’elle allait revenir, lui répondit Baliverne je l’avais croisée il y a deux semaines pendant qu’elle préparait son déménagement. Je voulais t’en parler, puis je n’ai pas eu le temps, je suis parti sur le continent.
Mais la conversation revint vite sur le coquillage, Baliverne était très intéressé par ce phénomène, et piaffait d’impatience de pouvoir l’essayer.
Ils n’en eurent pas le temps, se retrouvant déjà devant la grande bâtisse.
Tout près de la sonnette était fixée une plaque de cuivre flambant neuve, où l’on pouvait lire : « Hallucinogene, Sage diplômée de l’université d’Atlantide » Tungstene pressa sur le petit bouton.
- Drrriiiiinnng……
- Tu ne crois pas que l’on aurait tout de même pu attendre un peu, c’est encore tôt, pour venir sonner chez les gens ?! Hésita Baliverne
Tungstene n’eut pas le temps de répondre, la porte s’ouvrait déjà sur eux.
Hallucinogene apparut par l’embrasure, un peu surprise.
- Tiens c’est vous ??? …Salut…Entrez, dit -elle la voix à la fois ensommeillée et intriguée. Ils l’embrassèrent rapidement des trois bisous traditionnels sur la joue.
Tungstene sentit son étonnement :
- Tu n’as pas lu le journal ?
- Ben non ?! Comme tu vois, il est là, rétorqua t-elle en montrant du doigt la table basse pleine de magazines. Son hall d’entrée lui servait aussi de salle d’attente pour son cabinet.
- Mais pourquoi me demandes-tu ça ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils déjà bien convaincue que ce n’était pas par hasard, ni par simple courtoisie, que ces deux comparses venaient lui rendre visite à une heure si matinale.
-Tiens, lis et tu comprendras, répondit Tungstene en lui tendant le quotidien.
- D’accord, mais venez donc sur la terrasse, on y sera mieux que dans l’entrée ! Proposa - t— elle en se dirigeant vers la porte qui menait au jardin.
Il posa le courrier sur la table, but une gorgée de chocolat, mordit dans un croissant et prit le journal. Mais à peine avait-il posé les yeux dessus, qu’un gros titre lui sauta aux yeux. Il se jeta avidement sur le quotidien pour lire l’article qui suivait.
- Oh ben ça alors !!!! S’exclama t—il. Il but d’une traite son lait, engouffra deux tartines l’une sur l’autre et se précipita pour enfiler sa veste rouge.
- Vite le coquillage !! Cria—t-il comme si quelqu’un pouvait l’entendre.
Puis Tungstene saisit la fabuleuse coquille vide dans une main, souffla fortement dessus et POUUFFF, la cuisine virevoltait déjà devant ses yeux, destination la maison d’Hallucinogene.
Il vit la lumière blanche, mais surprise ! Des pelles, des pioches, un râteau, et tout son matériel de bricolage. En lieu et place du cabinet de sage de son amie, c’était dans son propre garage qu’il se retrouvait.
- Ah zut…! Tant pis, j’y vais en char ! Il ne voulait pas prendre le risque de se retrouver encore ailleurs.
Il attela rapidement ses deux fidèles chevaux à une espèce de carriole en bois. Munie de deux grandes roues à l’arrière et deux petites à l’avant, surmontée d’un pare-brise, elle ressemblait plus à une grosse caisse à savon qu’à un char comme on les connaît. Il sortit en trombe de chez lui, prit la première rue à droite, celle qui descendait au bas d’Atlantis, lorsqu’un cri retentit
- Héééé ! Tungstene ! Où roules-tu si vite ?
C’était Baliverne qui hélait son ami. Dans un crissement de roues Tungstene fit arrêter son véhicule.
Baliverne ressemblait beaucoup à Tungstene, il était ce que certains pouvaient appeler un beau gosse. Il avait la même stature et la même corpulence. Ses pommettes hautes lui donnaient l’impression de toujours sourire, ses cheveux roux frisés et sa petite moustache en faisaient craquer plus d’une.
- Tiens Bal ! Tu tombes bien, monte vite !
Baliverne regarda son ami intrigué, mais ouvrit tout de même la porte de la Deux chevaux (c’est comme ça que l’on appelait ce genre d’attelage à double équidés)
- Mais qu’est- ce qui presse donc autant ?
- Monte ! Je te raconterai en route, ordonna Tungstene qui redémarrait presque aussitôt sans lui laisser le temps de s’installer.
Il lui raconta tout ce qui s’était passé depuis quelques jours, les retrouvailles avec Gennie, le coquillage, etc. mais préféra pour l’instant ne pas lui parler de la confusion de ses sentiments pour elle.
- Oui je savais qu’elle allait revenir, lui répondit Baliverne je l’avais croisée il y a deux semaines pendant qu’elle préparait son déménagement. Je voulais t’en parler, puis je n’ai pas eu le temps, je suis parti sur le continent.
Mais la conversation revint vite sur le coquillage, Baliverne était très intéressé par ce phénomène, et piaffait d’impatience de pouvoir l’essayer.
Ils n’en eurent pas le temps, se retrouvant déjà devant la grande bâtisse.
Tout près de la sonnette était fixée une plaque de cuivre flambant neuve, où l’on pouvait lire : « Hallucinogene, Sage diplômée de l’université d’Atlantide » Tungstene pressa sur le petit bouton.
- Drrriiiiinnng……
- Tu ne crois pas que l’on aurait tout de même pu attendre un peu, c’est encore tôt, pour venir sonner chez les gens ?! Hésita Baliverne
Tungstene n’eut pas le temps de répondre, la porte s’ouvrait déjà sur eux.
Hallucinogene apparut par l’embrasure, un peu surprise.
- Tiens c’est vous ??? …Salut…Entrez, dit -elle la voix à la fois ensommeillée et intriguée. Ils l’embrassèrent rapidement des trois bisous traditionnels sur la joue.
Tungstene sentit son étonnement :
- Tu n’as pas lu le journal ?
- Ben non ?! Comme tu vois, il est là, rétorqua t-elle en montrant du doigt la table basse pleine de magazines. Son hall d’entrée lui servait aussi de salle d’attente pour son cabinet.
- Mais pourquoi me demandes-tu ça ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils déjà bien convaincue que ce n’était pas par hasard, ni par simple courtoisie, que ces deux comparses venaient lui rendre visite à une heure si matinale.
-Tiens, lis et tu comprendras, répondit Tungstene en lui tendant le quotidien.
- D’accord, mais venez donc sur la terrasse, on y sera mieux que dans l’entrée ! Proposa - t— elle en se dirigeant vers la porte qui menait au jardin.
lundi 19 novembre 2007
Chapitre 5 utilisation frauduleuse
Tungstene et Baliverne acquiescèrent et la suivirent. Ils pénétrèrent dans le grand parc de la maison. Les hauts murs d’enceinte en brique rouge, le protégeaient du bruit de la rue et des regards indiscrets, permettant par la même occasion de se baigner en toute quiétude dans la grande piscine qui s’étalait à son entrée. Les diverses essences d’arbres et de plantes embaumaient l’air matinal d’un agréable parfum de pin méditerranéen et d’eucalyptus.
- Bon alors ce journal ! Dit Hallucinogene en prenant place sur une chaise du salon de jardin. Asseyez-vous les garçons, ajouta-t-elle en leur désignant des fauteuils.
Son regard parcourut rapidement les gros titres, cherchant ce qui avait pu alerter son camarade.
- Ha ! Encore un hold-up mystérieux…Oui…Ho ! … Un gardien déclare avoir vu disparaître sous ses yeux les deux pirates qui venaient de piller! En un éclair son esprit d’analyse avait fait le tri.
- Et tu penses qu’ils peuvent avoir un coquillage comme le tien ! Pas vrai ? Déclara-t —elle en plongeant ses yeux dans les siens comme si elle cherchait à sonder ses pensées.
- Ben oui…Hésita Tungstene dont soudainement la certitude qui l’avait amené jusqu’ ici commençait à s’envoler devant la puissante sérénité que dégageait le regard profond d’Hallucinogene.
- Je le pense aussi, le rassura —t-elle
Baliverne semblait commencer à s’impatienter.
- Hé !!! Dites !!! Je peux l’essayer ce coquillage ? Depuis le temps que j’en entends parler ! Ronchonna-t-il. Tungstene fit la moue puis y consentit.
- Tiens, tu te concentres bien sur ta destination et tu souffles dessus ! Lui dit-il en lui tendant le coquillage magique.
- Facile ! Assura Baliverne ! Et viens avec moi on va bien rigoler ha ! Ha ! Ha ! S’esclaffa- t-il en posant la main sur l’épaule de Tungstene.
- Soyez prudents ne vous montrez pas ! Les mit en garde Hallucinogene tout en continuant de lire son journal.
- Hé ! Attends ! Dis-moi d’abord où tu vas ? S’inquiéta Tungstene qui connaissait bien le caractère joueur de son copain d’enfance.
Mais il n’eut pas fini de dire ces mots que POUUUFFF ils avaient disparu tous les deux et se retrouvaient déjà dans un éclair blanc.
- HIIIIIIIIII !!!!!!
- Ho non ce n’est pas vrai !!! Encore, pensa Tungstene dont ce cri lui rappelait sa première téléportation dans la baignoire d’Hallucinogene.
Puis une fine pluie chaude s’abattit sur lui, de la vapeur, une silhouette féminine, il n’en fallut pas plus pour qu’il comprenne la blague de son ami : les vestiaires du gymnase ! Il agrippa Baliverne par la manche et l’entraîna en courant par une porte ouverte. Baliverne était hilare, et dés qu’il furent hors de vue :
- Dans les douches des filles !! Là tu déconnes Baliverne, lui reprocha Tungstene en lui jetant un regard noir mais à la fois amusé, de ce clin d’œil à leur petite enfance.
Ils avaient en effet maintes fois essayé, sans y arriver d’apercevoir l’anatomie de leurs petites camarades à cet âge où l’on se pose la question de savoir comment est fait l’autre sexe. Mais là ils étaient grands, et la plaisanterie de Baliverne risquait plus de les faire passer pour des pervers qu’autre chose. Ils se cachèrent rapidement dans le vestiaire à l’écart des douches juste au moment où une autre fille arriva pour voir pourquoi sa camarade avait crié.
- Que se passe t-il Julia ? Demanda la fille un peu affolée.
La dénommée Julia passa la tête par l’entrebâillement de la porte l’air un peu dérouté.
- Ha Femie…Je crois que…J’ai vu un homme là !!! Sous la douche avec moi !
- Je vais voir, si c’est le cas, il va le regretter, répondit Femie l’air menaçant. La constitution robuste de la jeune femme laissait présager qu’elle fît du lancer de poids, et sûrement peu d’hommes auraient aimé en découdre avec elle. Elle bomba le torse dans un signe de défit, ce qui rendit son apparence encore plus menaçante.
-Heureusement qu’Hallucinogene t’avait dit d’être prudent ! Grogna Tungstene et sur ces mots, il saisit Baliverne par le bras et souffla sur le coquillage.
Pouff….
Femie fouilla les vestiaires, et revint rassurer son amie.
- Il n’y a personne, et la porte est toujours bien fermée,…Bizarre !
- Ah ! S’étonna Julia, étonnant, j’ai du confondre avec mon peignoir posé sur le mur alors ? dit-elle peu convaincu.
Pendant ce temps Tungstene et Baliverne réapparurent dans le jardin d’Hallucinogene
- Ha ! Vous revoilà ! Il faut absolument faire quelque chose pour ce coquillage ! Dit- elle les yeux toujours penchés sur le journal.
Puis relevant la tête, s’étonna :
- Tiens vous êtes tout mouillés ? Que s’est-il passé ?
Tungstene rougit immédiatement, qu’allait penser Gennie s’il lui racontait leur aventure et son origine ? Elle allait sûrement se demander s’il n’avait pas cherché à la voir nue elle aussi ! Ne se sentant pas le courage de poursuivre cette discussion, il préféra esquiver et rester dans le flou :
-Ho…Rien d’important…
Baliverne qui connaissait bien son ami comprit immédiatement et le suivit dans sa dérobade.
- Bon alors ce journal ! Dit Hallucinogene en prenant place sur une chaise du salon de jardin. Asseyez-vous les garçons, ajouta-t-elle en leur désignant des fauteuils.
Son regard parcourut rapidement les gros titres, cherchant ce qui avait pu alerter son camarade.
- Ha ! Encore un hold-up mystérieux…Oui…Ho ! … Un gardien déclare avoir vu disparaître sous ses yeux les deux pirates qui venaient de piller! En un éclair son esprit d’analyse avait fait le tri.
- Et tu penses qu’ils peuvent avoir un coquillage comme le tien ! Pas vrai ? Déclara-t —elle en plongeant ses yeux dans les siens comme si elle cherchait à sonder ses pensées.
- Ben oui…Hésita Tungstene dont soudainement la certitude qui l’avait amené jusqu’ ici commençait à s’envoler devant la puissante sérénité que dégageait le regard profond d’Hallucinogene.
- Je le pense aussi, le rassura —t-elle
Baliverne semblait commencer à s’impatienter.
- Hé !!! Dites !!! Je peux l’essayer ce coquillage ? Depuis le temps que j’en entends parler ! Ronchonna-t-il. Tungstene fit la moue puis y consentit.
- Tiens, tu te concentres bien sur ta destination et tu souffles dessus ! Lui dit-il en lui tendant le coquillage magique.
- Facile ! Assura Baliverne ! Et viens avec moi on va bien rigoler ha ! Ha ! Ha ! S’esclaffa- t-il en posant la main sur l’épaule de Tungstene.
- Soyez prudents ne vous montrez pas ! Les mit en garde Hallucinogene tout en continuant de lire son journal.
- Hé ! Attends ! Dis-moi d’abord où tu vas ? S’inquiéta Tungstene qui connaissait bien le caractère joueur de son copain d’enfance.
Mais il n’eut pas fini de dire ces mots que POUUUFFF ils avaient disparu tous les deux et se retrouvaient déjà dans un éclair blanc.
- HIIIIIIIIII !!!!!!
- Ho non ce n’est pas vrai !!! Encore, pensa Tungstene dont ce cri lui rappelait sa première téléportation dans la baignoire d’Hallucinogene.
Puis une fine pluie chaude s’abattit sur lui, de la vapeur, une silhouette féminine, il n’en fallut pas plus pour qu’il comprenne la blague de son ami : les vestiaires du gymnase ! Il agrippa Baliverne par la manche et l’entraîna en courant par une porte ouverte. Baliverne était hilare, et dés qu’il furent hors de vue :
- Dans les douches des filles !! Là tu déconnes Baliverne, lui reprocha Tungstene en lui jetant un regard noir mais à la fois amusé, de ce clin d’œil à leur petite enfance.
Ils avaient en effet maintes fois essayé, sans y arriver d’apercevoir l’anatomie de leurs petites camarades à cet âge où l’on se pose la question de savoir comment est fait l’autre sexe. Mais là ils étaient grands, et la plaisanterie de Baliverne risquait plus de les faire passer pour des pervers qu’autre chose. Ils se cachèrent rapidement dans le vestiaire à l’écart des douches juste au moment où une autre fille arriva pour voir pourquoi sa camarade avait crié.
- Que se passe t-il Julia ? Demanda la fille un peu affolée.
La dénommée Julia passa la tête par l’entrebâillement de la porte l’air un peu dérouté.
- Ha Femie…Je crois que…J’ai vu un homme là !!! Sous la douche avec moi !
- Je vais voir, si c’est le cas, il va le regretter, répondit Femie l’air menaçant. La constitution robuste de la jeune femme laissait présager qu’elle fît du lancer de poids, et sûrement peu d’hommes auraient aimé en découdre avec elle. Elle bomba le torse dans un signe de défit, ce qui rendit son apparence encore plus menaçante.
-Heureusement qu’Hallucinogene t’avait dit d’être prudent ! Grogna Tungstene et sur ces mots, il saisit Baliverne par le bras et souffla sur le coquillage.
Pouff….
Femie fouilla les vestiaires, et revint rassurer son amie.
- Il n’y a personne, et la porte est toujours bien fermée,…Bizarre !
- Ah ! S’étonna Julia, étonnant, j’ai du confondre avec mon peignoir posé sur le mur alors ? dit-elle peu convaincu.
Pendant ce temps Tungstene et Baliverne réapparurent dans le jardin d’Hallucinogene
- Ha ! Vous revoilà ! Il faut absolument faire quelque chose pour ce coquillage ! Dit- elle les yeux toujours penchés sur le journal.
Puis relevant la tête, s’étonna :
- Tiens vous êtes tout mouillés ? Que s’est-il passé ?
Tungstene rougit immédiatement, qu’allait penser Gennie s’il lui racontait leur aventure et son origine ? Elle allait sûrement se demander s’il n’avait pas cherché à la voir nue elle aussi ! Ne se sentant pas le courage de poursuivre cette discussion, il préféra esquiver et rester dans le flou :
-Ho…Rien d’important…
Baliverne qui connaissait bien son ami comprit immédiatement et le suivit dans sa dérobade.
dimanche 18 novembre 2007
Chapitre 6 decision
- Tu disais faire quelque chose ?!! Moi j’ai une idée, rajouta- t- il
Tungstene le dévisagea en fronçant les sourcils.
- Si c’est encore une de tes blagues subtiles, dit Tungstene d’un ton réprobateur.
- Mais non, rassura Baliverne, en affichant un large sourire et semblant sûr de lui. On va tout simplement voler le coquillage aux pirates, dit-il fièrement.
- Quoi, s’écrièrent Hallucinogene et Tungstene d’une même voix.
- Mais on va se faire tuer ! Lança Tungstene
- Non ! Bondit Baliverne, si on se fait prendre, on souffle sur le coquillage et on disparaît ! Dit —il en lançant un clin d’œil à Tungstene.
Tungstene réfléchit un court instant, ce n’était pas sans risque bien sûr, mais ça paraissait réalisable, il est vrai qu’ils venaient tous les deux d’expérimenter cette technique, et qu’elle s’était avérée efficace. Puis sûr de lui, il se tourna vers Hallucinogene
- Faisable ! Mais il reste un problème !... Trouver les pirates ! Qu’en penses-tu Gennie ?
Hallucinogene hocha la tête en signe d’approbation, elle avait bien compris que ses amis venaient d’en faire l’expérience, mais par discrétion n’en demanda pas plus.
- C’est vrai que l’on ne craint pas grand-chose, quant à leur repère, j’essaierai d’en savoir plus à la garnison, je dois leur faire passer une visite médicale aujourd’hui, ajouta-elle.
- Ok je vais donc préparer mon bateau, dit Tungstene, on en aura besoin pour s’approcher le plus possible de leur île
- Je serai trop occupée toute la journée, mais si vous voulez, je vous emmène les renseignements ce soir sur le port et après on y va ? Proposa Hallucinogene.
- Oui, pour moi, vers dix heures ça devrait être bon, confirma Baliverne.
- Ok, rajouta Tungstene dont la perspective d’une nouvelle aventure partagée avec ses deux compagnons ravissait son esprit.
Tungstene le dévisagea en fronçant les sourcils.
- Si c’est encore une de tes blagues subtiles, dit Tungstene d’un ton réprobateur.
- Mais non, rassura Baliverne, en affichant un large sourire et semblant sûr de lui. On va tout simplement voler le coquillage aux pirates, dit-il fièrement.
- Quoi, s’écrièrent Hallucinogene et Tungstene d’une même voix.
- Mais on va se faire tuer ! Lança Tungstene
- Non ! Bondit Baliverne, si on se fait prendre, on souffle sur le coquillage et on disparaît ! Dit —il en lançant un clin d’œil à Tungstene.
Tungstene réfléchit un court instant, ce n’était pas sans risque bien sûr, mais ça paraissait réalisable, il est vrai qu’ils venaient tous les deux d’expérimenter cette technique, et qu’elle s’était avérée efficace. Puis sûr de lui, il se tourna vers Hallucinogene
- Faisable ! Mais il reste un problème !... Trouver les pirates ! Qu’en penses-tu Gennie ?
Hallucinogene hocha la tête en signe d’approbation, elle avait bien compris que ses amis venaient d’en faire l’expérience, mais par discrétion n’en demanda pas plus.
- C’est vrai que l’on ne craint pas grand-chose, quant à leur repère, j’essaierai d’en savoir plus à la garnison, je dois leur faire passer une visite médicale aujourd’hui, ajouta-elle.
- Ok je vais donc préparer mon bateau, dit Tungstene, on en aura besoin pour s’approcher le plus possible de leur île
- Je serai trop occupée toute la journée, mais si vous voulez, je vous emmène les renseignements ce soir sur le port et après on y va ? Proposa Hallucinogene.
- Oui, pour moi, vers dix heures ça devrait être bon, confirma Baliverne.
- Ok, rajouta Tungstene dont la perspective d’une nouvelle aventure partagée avec ses deux compagnons ravissait son esprit.
samedi 17 novembre 2007
Chapitre 7 En quête d'informations et sentiments flous
Assise sur une chaise, Hallucinogene finissait de lacer ses chaussures. La tête penchée en avant, ses cheveux pendaient devant ses yeux. Elle releva la tête et d’un hochement gracieux les remit en place.
Elle saisit sa serviette, c’était une petite mallette de cuir brun clair que lui avait offerte sa mère lors de sa première année d’étude de sage. Elle commençait à être usée, mais Hallucinogene ne pouvait se résoudre à s’en séparer, elle avait bien plus de valeur à ses yeux qu’un simple attaché-case banal. Elle y fourra quelques instruments et sortit de chez elle.
La rue était une fois de plus bruyante, deux livreurs avaient de la peine à se croiser et leurs conducteurs s’impatientaient. Les charretiers se hurlaient dessus les chevaux hennissait en se passant à côté et chacun y allait de son juron favori pensant toujours être le meilleur conducteur de char possible. Hallucinogene leva le bras bien haut et héla une chaise à porteur. Aussitôt deux hommes aux cheveux roux flamboyants s’arrêtèrent à sa hauteur. Leurs toges courtes canari et le liseré à damiers noir et blanc qui leur servait de ceinture permettaient de les distinguer immédiatement dans le flux de la circulation.
- Finalement rien ne remplacera ces fameux taxis jaunes, songea t-elle en montant dans l’étrange attelage. Bonjour, dit-elle en prenant place, à la caserne s’il vous plait.
Sans problème ma petite dame ! Dit celui de devant en abaissant le levier du compteur.
- A la caserne Georges ! Cria-t-il à son coéquipier.
- C’est parti Fred ! Répondit celui-ci et les deux porteurs tirèrent sur leurs bras et se mirent à trotter entre les chars arrêtés de la rue encombrée.
- Alors jeune fille, pas de problème avec la CRS j’espère, demanda le premier plus pour engager la conversation que pour autre chose.
Hallucinogene sourit :
- Non ne vous inquiétez pas merci, c’est pour le travail.
- Ben oui Fred, dit celui de derrière, tu vois bien que la demoiselle est sage ! Elle va soigner quelqu’un, n’est- ce -pas mademoiselle ?
Hallucinogene éclata de rire, l’indiscrétion de ses deux chauffeurs l’amusait beaucoup, mais elle ne leur en dit pas davantage sur ce qu’elle allait faire.
Puis réfléchissant un peu, elle leur demanda :
- Dites-moi, vous qui avez beaucoup de contacts avec les gens, je souhaite partir en croisière, sauriez -vous me dire quel est l’endroit que je dois éviter le plus pour ne pas tomber sur des pirates ?
Les deux hommes se regardèrent, mais aucun des deux ne semblait avoir de réponse.
- Vous savez, nous c’est plutôt sur terre notre métier, alors là ! Je ne saurais quoi vous dire, répondit Georges l’air dépité de ne pouvoir l’aider.
- On m’a dit qu’il valait mieux éviter le sud des îles noires, ajouta Fred, mais je ne sais trop s’il faut y croire.
A ces mots, ils arrivaient devant les grilles de la caserne. Hallucinogene les remercia, paya et se dirigea vers le poste de garde.
Une sentinelle était postée là, faisant office d’hôtesse d’accueil.
- Bonjour, je suis la sage Hallucinogene, je viens pour les visites médicales, se présenta-t-elle au soldat.
Le militaire compulsa rapidement son agenda et lui sourit.
- Bonjour mademoiselle, vous êtes bien inscrite, il n’y a pas de problème. Puis lui tendant un badge. Tenez accrocher cela de façon bien visible pour ne pas avoir d’ennui. Hallucinogene se saisit du bout de plastique, et lut marqué en grosses lettres noires « Visiteur Médical » Elle défit la petite épingle à nourrice collée à l’arrière et brocha l’étiquette sur sa poitrine.
- Vous n’aurez qu’à passer par la porte en bois là bas, puis au fond du couloir à droite, continua le militaire.
Hallucinogene traversa la grande place d’armes. Les pavés qui la recouvraient étaient encore moites de l’humidité nocturne et le blason peint d’Atlantide en son milieu luisait au soleil. Elle poussa le battant et pénétra dans l’imposant bâtiment. Ses murs en pierres de taille devaient bien faire un mètre cinquante d’épaisseur, et isolaient en bonne partie de la chaleur extérieure. Une odeur de salpêtre flottait dans l’air et l’on se serait cru dans une cave. La fraîcheur du couloir et son austérité firent frissonner Hallucinogene.
- Brrrrrrr…pas très accueillant comme endroit, songea-t-elle.
Les étroites fenêtres laissaient néanmoins passer le jour et Hallucinogene put voir des pancartes sommairement imprimées sur du simple papier, fléchant l’itinéraire pour se rendre aux visites médicales. Elle suivit donc les indications jusqu’au bout, et finit par déboucher sur une porte peinte en jaune.
Elle frappa poliment. Une petite voix lui répondit d’entrer.
Elle ouvrit et se retrouva face à une petite dame habillée en blanc. Elle devait avoir la soixantaine et son chignon de cheveux gris lui donnait un air de grand-mère gâteau. La petite vielle lui sourit au milieu de la salle. Gennie regarda machinalement autour d’elle, c’était une petite pièce très claire et son air accueillant contrastait véritablement avec le couloir. Sa décoration laissait supposer que c’était l’infirmerie.
- Bonjour ! Couina la petite femme, je suis Mathilda Berguene. C’est moi l’infirmière qui doit vous assister.
Hallucinogene lui rendit son sourire
- Enchanté, j’espère que nous passerons un bon moment ensemble.
- Hi, hi, hi, rit la dame, c’est à n’en pas douter, dit-elle en se dirigeant vers un plateau où des tasses remplies d’un café fumant et des petits biscuits les attendaient.
Hallucinogene la regarda attendrie, on aurait dit une petite souris.
Elles bavardèrent comme cela un court moment, puis les candidats commencèrent à arriver. Elles se mirent donc au travail.
Cela faisait maintenant trois heures qu’elles oeuvraient côte à côte, la complicité médicale s’étant nouée, Hallucinogene pensa qu’il était temps de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis son arrivée.
- Ben ils ont l’air en assez bonne forme tous vos petits gars, commença-t-elle pour amorcer le terrain.
- Ho ben ma foi oui, j’essaie bien de les suivre du mieux que je peux, répondit la vieille infirmière.
- C’est du bon boulot, et ça ne doit pas tous les jours être facile, ne serait — ce qu’avec toutes ces batailles contre les pirates, tenta Hallucinogene, observant du coin de l’œil la réaction de sa collègue.
Mais celle-ci ne broncha pas et continua comme si de rien n’était.
- Bof, ce n’est pas vraiment le plus difficile ça ! Dit - elle sur un air de mystère, puis continuant, ce n’est pas si souvent que ça.
- Ha Bon ? S’étonna Hallucinogene qui haussa le ton sans s’en apercevoir.
- Chuuuuttt ! Dit la petite souris à voix basse, puis elle rajouta, ils ne se battent quasiment jamais, je suppose même qu’ils évitent exprès de se trouver face à face, et quand c’est le cas, j’ai tout l’impression que c’est arrangé, des sortes de règlements de compte quoi !
Hallucinogene tendit l’oreille très intéressée.
- Vous voulez dire qu’ils sauraient où les trouver ? Demanda — t-elle en se rapprochant.
- Oui, souffla la vieille dame, et venez voir, je pense même que ça doit être ici, dit - elle en pointant du doigt une petite île sur le planisphère qui décorait le mur derrière son bureau. Mais…Motus et bouche cousue, ajouta —t- elle en faisant comme si elle fermait une fermeture éclair sur sa bouche, je ne vous ai rien dit, c’est top secret.
- Top secret, répéta Hallucinogene en refaisant le même geste.
Le cœur d’Hallucinogene s’emballait, à en croire cette vieille infirmière, ils ne leur restaient plus qu’à se rendre sur cette île et ils trouveraient les pirates.
Elles avaient passé le reste de la journée à ausculter les militaires, mais n’avaient plus reparlé des pirates, Hallucinogene ne voulait pas éveiller inutilement des soupçons. Et c’est vannée, les jambes lourdes, qu’elle repassa le soir devant la sentinelle de l’entrée. Elle lui tendit le badge, la salua et prit congé.
- Ouf, finalement ç’ était plus facile que je ne pensais, songea-t-elle en entrant chez elle. Elle jeta sa mallette dans un coin, regarda sa montre, elle rêvait de prendre une douche, mais l’heure tournait vite.
- J’ai juste le temps de manger un bout, pensa —t- elle en se dirigeant vers la cuisine. Elle ouvrit le frigo se fit un gros sandwich au poulet ketchup mayonnaise, recouvert d’une feuille de salade, son préféré. Dégustant son frugal repas, elle passa par sa bibliothèque et prit un tube de carton.
- Maintenant, il me faut ça, dit - elle en le prenant.
Chapitre 4
Sur la piste des pirates
La nuit était tombée sur le port d’Atlantis, et la mer tranquille laissait entendre le doux clapotis des vagues venant bercer les bateaux. Tungstene et Baliverne attendaient sur le pont d’un petit navire de plaisance. Tungstene l’avait acheté d’occasion quelques années auparavant à un pêcheur qui partait à la retraite. Il l’avait transformé quelque peu pour le rendre plus agréable, mais son côté rustique et outil de travail ressortait tout de même.
- Ha voilà Hallucinogene, s’exclama Tungstene en voyant accourir son amie à leur rencontre.
- Ça y est, j’ai ce qu’il faut pour les localiser, dit-elle en brandissant fièrement un rouleau de papier d’environ cinquante centimètres.
Tungstene lui tendit la main, et elle se hissa sur le pont. Ils entrèrent dans la cabine de pilotage afin de soustraire leur conversation aux éventuelles oreilles indiscrètes des promeneurs nocturnes qui traîneraient sur les quais. Hallucinogene leur raconta brièvement sa conversation avec l’infirmière et déroula le parchemin sur la frêle table en bois qui trônait au milieu de la petite pièce. Il laissa apparaître une carte marine représentant quelques îles aux alentours d’Atlantide.
- La principale île des pirates est ici, dit - elle en pointant du doigt une parcelle de terre dessinée sur fond bleu.
- L’île d’Heulamor ! S’exclama Tungstene, On y va ! Tu as largué les amarres Baliverne ? Demanda-t-il se ruant déjà sur les commandes du bateau.
- Oui, c’est fait !
- Alors en avant toute, s’écria Tungstene en poussant la manette des gaz.
Le petit bateau s’éloigna aussitôt de l’embarcadère, laissant derrière lui les lumières du port pour s’enfoncer dans la nuit bleutée, parsemée d’étoiles, à la recherche du repaire de dangereux pirates.
Ils naviguèrent tranquillement puis, la mer enfla légèrement.
- Bal, prends les commandes ! Je vais aller attacher quelques caisses de matériel de plongée qui traînent à l’arrière, je ne voudrais pas qu’elles tombent avec la houle, dit Tungstene.
-Je viens avec toi ! Lança Hallucinogene en le suivant.
Ils sortirent de la cabine de pilotage, l’air frais de la nuit battait leurs joues. Tungstene se pencha sur les bouteilles d’oxygène et les mit dans un coffre en bois. Hallucinogene le regarda faire, elle avait toujours admiré chez son ami la délicatesse de ses gestes. Même pour les taches les plus communes, il savait toujours trouver la juste mesure de sa force et la précision de ses mouvements. Son cœur se mit à battre plus rapidement, une douce chaleur l’envahit. Machinalement son regard parcourut la silhouette de Tungstene
- Houa ! Quel bel homme il est devenu, pensa t-elle toujours plus charmée.
Tungstene se retourna son regard croisa le sien, il lui sourit,
- REHOUUUAAAA ! Hallucinogene eut l’impression que ses pieds venaient de décoller. Une sensation de bien -être la remplit. Rien n’avait plus d’importance qu’elle et Tungstene, ici l’un à côté de l’autre.
- Dis-moi, pourquoi l’armée ne fait-elle rien, alors qu’elle sait où se trouvent les pirates ? Demanda Tungstene.
Hallucinogene entendit à peine la question, elle baignait dans les yeux de Tungstene et lui répondit machinalement
- Bah ! …C’est sûrement politique ! Elle s’adossa au bastingage et levant la tête rajouta, il fait beau ce soir…
Tungstene regarda Hallucinogene, leurs regards se croisèrent à nouveau, d’un coup son estomac se mit à bondir comme jamais.
Il s’approcha d’elle, et leva à son tour les yeux vers cette nuit étoilée et sembla gagné par le charme de la situation.
- Oui c’est une nuit magnifique.
Il était là face à elle, il se rapprocha un peu plus. Comme poussée par un besoin instinctif, Hallucinogene lui tendit les mains. Se voyant faire le geste, elle paniqua légèrement,
- Mon dieu ! Qu’est -ce que je fais??? C’est Tungstene ! Mon ami d’enfance ! Je ne peux pas…Elle n’eut pas le temps de finir sa pensée qu’il les avait prises dans les siennes, et tout s’était évanoui, plus aucune question ne venait troubler son esprit, elle ne pensait plus à rien et laissa une douce sensation de bonheur l’envahir complètement. Hallucinogene fit un pas en avant, Tungstene un autre. Les mains tremblantes d’émotion elle passa ses bras autour de lui, il la prit par la taille la rapprochant encore plus prés de lui. Leurs corps se touchaient à présent complètement. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Hallucinogene sentit le souffle de Tungstene frôlait ses lèvres légèrement entrouvertes, son cœur battait à tout rompre. Tungstene avança ses lèvres, Hallucinogene ferma les yeux attendant leur contact contre les siennes.
- WON WON WON WUUUUUUUUUUUUUU !
Un son strident les ramena immédiatement à la réalité. Tungstene et Hallucinogene se tournèrent étonnés vers la porte de la cabine restée ouverte.
Ils se regardèrent un peu gênés puis Tungstene se précipita vers l’étrange bruit.
Hallucinogene resta un moment décontenancée par ce qui venait de se passer. En un quart de seconde son cœur avait retrouvé son rythme normal, et la sensation de bonheur qui l’habitait juste avant l’avait quittée, laissant place à une désagréable impression de douche froide. Elle aurait pris une gifle qu’elle ne se serait pas sentie plus mal.
Puis reprenant le dessus, elle partit à la suite de Tungstene qui regagnait la cabine de pilotage.
- Mais que se passe t —il ? D’où vient ce bruit ??? Demanda- t-il à la fois étonné et contrarié.
- C’n’est pas moi ! Dit Baliverne qui se sentit penaud il n’aurait su dire pourquoi, mais il avait la très nette impression d’être à l’origine d’un grave incident diplomatique qu’on lui reprochait.
Alors montrant la coquille restait à côté de lui, il bredouilla gêné.
- C’est le coquillage ! Il s’est mis à siffler et à s’éclairer !
Cet événement étrange interpella immédiatement Hallucinogene. Ses deux compagnons se tournèrent vers elle, le regard interrogatif.
- Oh ! Ce n’est rien, c’est sûrement les sirènes qui recherchent leur coquillage, dit - elle d’un air détaché.
- Et si elles viennent le chercher ? Demanda Tungstene un peu plus inquiet
- Il y a peu de chances, nous ne restons pas assez longtemps dans leur champ pour être localisés, affirma-t-elle.
Cela parut suffire à apaiser les doutes de Tungstene qui en profita pour consulter le système de navigation.
- Tu as raison d’ailleurs il s’est arrêté. Bon bien si j’en crois la carte, on est plus très loin ! ajouta-t- il.
Hallucinogene ne l’écoutait que d’une oreille, espérant que ses suppositions soient effectivement bien bonnes. Elle n’aurait pas aimé se retrouver face à face avec ces êtres de la mer.
- Des créatures qui mettent autant d’énergie à cacher leur présence ne doivent sûrement pas apprécier d’être en présence d’humains, pensa- t-elle.
Peu de temps après, Baliverne qui était toujours à la barre s’écria :
- Ca y est, l’île est en vue !
- Ok arrête-toi ! Ordonna Tungstene en se précipitant vers une grande malle contenant des vêtements noirs. Il avait pensé l’après midi à les prendre, et trouvait que cela ferait un bon camouflage.
Je me change vite fait et j’y vais ! Mais il n’eut pas tôt fait de l’ouvrir qu’Hallucinogene le coupa dans son élan.
- Je vais avec toi ! Déclara-t-elle sans sourciller et en se saisissant du coquillage. Elle venait de louper un baiser qui prévoyait d’être passionné, et ne voulait pas se faire souffler une fois de plus un moment où elle pourrait se retrouver seule avec Tungstene.
- Baliverne restera ici pour surveiller le bateau ! Inutile de se changer ! Aller PFFFFFFFF….. et tout en disant ces mots elle posa sa main sur l’épaule de Tungstene qui n’eut que le temps de prononcer :
- Hé ! …Mais…
Avant de disparaître avec elle dans la volute de fumée habituelle.
Poufff, ils venaient de réapparaître sur la plage déserte de l’île. Tungstene regarda Hallucinogene un peu réprobateur :
Elle saisit sa serviette, c’était une petite mallette de cuir brun clair que lui avait offerte sa mère lors de sa première année d’étude de sage. Elle commençait à être usée, mais Hallucinogene ne pouvait se résoudre à s’en séparer, elle avait bien plus de valeur à ses yeux qu’un simple attaché-case banal. Elle y fourra quelques instruments et sortit de chez elle.
La rue était une fois de plus bruyante, deux livreurs avaient de la peine à se croiser et leurs conducteurs s’impatientaient. Les charretiers se hurlaient dessus les chevaux hennissait en se passant à côté et chacun y allait de son juron favori pensant toujours être le meilleur conducteur de char possible. Hallucinogene leva le bras bien haut et héla une chaise à porteur. Aussitôt deux hommes aux cheveux roux flamboyants s’arrêtèrent à sa hauteur. Leurs toges courtes canari et le liseré à damiers noir et blanc qui leur servait de ceinture permettaient de les distinguer immédiatement dans le flux de la circulation.
- Finalement rien ne remplacera ces fameux taxis jaunes, songea t-elle en montant dans l’étrange attelage. Bonjour, dit-elle en prenant place, à la caserne s’il vous plait.
Sans problème ma petite dame ! Dit celui de devant en abaissant le levier du compteur.
- A la caserne Georges ! Cria-t-il à son coéquipier.
- C’est parti Fred ! Répondit celui-ci et les deux porteurs tirèrent sur leurs bras et se mirent à trotter entre les chars arrêtés de la rue encombrée.
- Alors jeune fille, pas de problème avec la CRS j’espère, demanda le premier plus pour engager la conversation que pour autre chose.
Hallucinogene sourit :
- Non ne vous inquiétez pas merci, c’est pour le travail.
- Ben oui Fred, dit celui de derrière, tu vois bien que la demoiselle est sage ! Elle va soigner quelqu’un, n’est- ce -pas mademoiselle ?
Hallucinogene éclata de rire, l’indiscrétion de ses deux chauffeurs l’amusait beaucoup, mais elle ne leur en dit pas davantage sur ce qu’elle allait faire.
Puis réfléchissant un peu, elle leur demanda :
- Dites-moi, vous qui avez beaucoup de contacts avec les gens, je souhaite partir en croisière, sauriez -vous me dire quel est l’endroit que je dois éviter le plus pour ne pas tomber sur des pirates ?
Les deux hommes se regardèrent, mais aucun des deux ne semblait avoir de réponse.
- Vous savez, nous c’est plutôt sur terre notre métier, alors là ! Je ne saurais quoi vous dire, répondit Georges l’air dépité de ne pouvoir l’aider.
- On m’a dit qu’il valait mieux éviter le sud des îles noires, ajouta Fred, mais je ne sais trop s’il faut y croire.
A ces mots, ils arrivaient devant les grilles de la caserne. Hallucinogene les remercia, paya et se dirigea vers le poste de garde.
Une sentinelle était postée là, faisant office d’hôtesse d’accueil.
- Bonjour, je suis la sage Hallucinogene, je viens pour les visites médicales, se présenta-t-elle au soldat.
Le militaire compulsa rapidement son agenda et lui sourit.
- Bonjour mademoiselle, vous êtes bien inscrite, il n’y a pas de problème. Puis lui tendant un badge. Tenez accrocher cela de façon bien visible pour ne pas avoir d’ennui. Hallucinogene se saisit du bout de plastique, et lut marqué en grosses lettres noires « Visiteur Médical » Elle défit la petite épingle à nourrice collée à l’arrière et brocha l’étiquette sur sa poitrine.
- Vous n’aurez qu’à passer par la porte en bois là bas, puis au fond du couloir à droite, continua le militaire.
Hallucinogene traversa la grande place d’armes. Les pavés qui la recouvraient étaient encore moites de l’humidité nocturne et le blason peint d’Atlantide en son milieu luisait au soleil. Elle poussa le battant et pénétra dans l’imposant bâtiment. Ses murs en pierres de taille devaient bien faire un mètre cinquante d’épaisseur, et isolaient en bonne partie de la chaleur extérieure. Une odeur de salpêtre flottait dans l’air et l’on se serait cru dans une cave. La fraîcheur du couloir et son austérité firent frissonner Hallucinogene.
- Brrrrrrr…pas très accueillant comme endroit, songea-t-elle.
Les étroites fenêtres laissaient néanmoins passer le jour et Hallucinogene put voir des pancartes sommairement imprimées sur du simple papier, fléchant l’itinéraire pour se rendre aux visites médicales. Elle suivit donc les indications jusqu’au bout, et finit par déboucher sur une porte peinte en jaune.
Elle frappa poliment. Une petite voix lui répondit d’entrer.
Elle ouvrit et se retrouva face à une petite dame habillée en blanc. Elle devait avoir la soixantaine et son chignon de cheveux gris lui donnait un air de grand-mère gâteau. La petite vielle lui sourit au milieu de la salle. Gennie regarda machinalement autour d’elle, c’était une petite pièce très claire et son air accueillant contrastait véritablement avec le couloir. Sa décoration laissait supposer que c’était l’infirmerie.
- Bonjour ! Couina la petite femme, je suis Mathilda Berguene. C’est moi l’infirmière qui doit vous assister.
Hallucinogene lui rendit son sourire
- Enchanté, j’espère que nous passerons un bon moment ensemble.
- Hi, hi, hi, rit la dame, c’est à n’en pas douter, dit-elle en se dirigeant vers un plateau où des tasses remplies d’un café fumant et des petits biscuits les attendaient.
Hallucinogene la regarda attendrie, on aurait dit une petite souris.
Elles bavardèrent comme cela un court moment, puis les candidats commencèrent à arriver. Elles se mirent donc au travail.
Cela faisait maintenant trois heures qu’elles oeuvraient côte à côte, la complicité médicale s’étant nouée, Hallucinogene pensa qu’il était temps de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis son arrivée.
- Ben ils ont l’air en assez bonne forme tous vos petits gars, commença-t-elle pour amorcer le terrain.
- Ho ben ma foi oui, j’essaie bien de les suivre du mieux que je peux, répondit la vieille infirmière.
- C’est du bon boulot, et ça ne doit pas tous les jours être facile, ne serait — ce qu’avec toutes ces batailles contre les pirates, tenta Hallucinogene, observant du coin de l’œil la réaction de sa collègue.
Mais celle-ci ne broncha pas et continua comme si de rien n’était.
- Bof, ce n’est pas vraiment le plus difficile ça ! Dit - elle sur un air de mystère, puis continuant, ce n’est pas si souvent que ça.
- Ha Bon ? S’étonna Hallucinogene qui haussa le ton sans s’en apercevoir.
- Chuuuuttt ! Dit la petite souris à voix basse, puis elle rajouta, ils ne se battent quasiment jamais, je suppose même qu’ils évitent exprès de se trouver face à face, et quand c’est le cas, j’ai tout l’impression que c’est arrangé, des sortes de règlements de compte quoi !
Hallucinogene tendit l’oreille très intéressée.
- Vous voulez dire qu’ils sauraient où les trouver ? Demanda — t-elle en se rapprochant.
- Oui, souffla la vieille dame, et venez voir, je pense même que ça doit être ici, dit - elle en pointant du doigt une petite île sur le planisphère qui décorait le mur derrière son bureau. Mais…Motus et bouche cousue, ajouta —t- elle en faisant comme si elle fermait une fermeture éclair sur sa bouche, je ne vous ai rien dit, c’est top secret.
- Top secret, répéta Hallucinogene en refaisant le même geste.
Le cœur d’Hallucinogene s’emballait, à en croire cette vieille infirmière, ils ne leur restaient plus qu’à se rendre sur cette île et ils trouveraient les pirates.
Elles avaient passé le reste de la journée à ausculter les militaires, mais n’avaient plus reparlé des pirates, Hallucinogene ne voulait pas éveiller inutilement des soupçons. Et c’est vannée, les jambes lourdes, qu’elle repassa le soir devant la sentinelle de l’entrée. Elle lui tendit le badge, la salua et prit congé.
- Ouf, finalement ç’ était plus facile que je ne pensais, songea-t-elle en entrant chez elle. Elle jeta sa mallette dans un coin, regarda sa montre, elle rêvait de prendre une douche, mais l’heure tournait vite.
- J’ai juste le temps de manger un bout, pensa —t- elle en se dirigeant vers la cuisine. Elle ouvrit le frigo se fit un gros sandwich au poulet ketchup mayonnaise, recouvert d’une feuille de salade, son préféré. Dégustant son frugal repas, elle passa par sa bibliothèque et prit un tube de carton.
- Maintenant, il me faut ça, dit - elle en le prenant.
Chapitre 4
Sur la piste des pirates
La nuit était tombée sur le port d’Atlantis, et la mer tranquille laissait entendre le doux clapotis des vagues venant bercer les bateaux. Tungstene et Baliverne attendaient sur le pont d’un petit navire de plaisance. Tungstene l’avait acheté d’occasion quelques années auparavant à un pêcheur qui partait à la retraite. Il l’avait transformé quelque peu pour le rendre plus agréable, mais son côté rustique et outil de travail ressortait tout de même.
- Ha voilà Hallucinogene, s’exclama Tungstene en voyant accourir son amie à leur rencontre.
- Ça y est, j’ai ce qu’il faut pour les localiser, dit-elle en brandissant fièrement un rouleau de papier d’environ cinquante centimètres.
Tungstene lui tendit la main, et elle se hissa sur le pont. Ils entrèrent dans la cabine de pilotage afin de soustraire leur conversation aux éventuelles oreilles indiscrètes des promeneurs nocturnes qui traîneraient sur les quais. Hallucinogene leur raconta brièvement sa conversation avec l’infirmière et déroula le parchemin sur la frêle table en bois qui trônait au milieu de la petite pièce. Il laissa apparaître une carte marine représentant quelques îles aux alentours d’Atlantide.
- La principale île des pirates est ici, dit - elle en pointant du doigt une parcelle de terre dessinée sur fond bleu.
- L’île d’Heulamor ! S’exclama Tungstene, On y va ! Tu as largué les amarres Baliverne ? Demanda-t-il se ruant déjà sur les commandes du bateau.
- Oui, c’est fait !
- Alors en avant toute, s’écria Tungstene en poussant la manette des gaz.
Le petit bateau s’éloigna aussitôt de l’embarcadère, laissant derrière lui les lumières du port pour s’enfoncer dans la nuit bleutée, parsemée d’étoiles, à la recherche du repaire de dangereux pirates.
Ils naviguèrent tranquillement puis, la mer enfla légèrement.
- Bal, prends les commandes ! Je vais aller attacher quelques caisses de matériel de plongée qui traînent à l’arrière, je ne voudrais pas qu’elles tombent avec la houle, dit Tungstene.
-Je viens avec toi ! Lança Hallucinogene en le suivant.
Ils sortirent de la cabine de pilotage, l’air frais de la nuit battait leurs joues. Tungstene se pencha sur les bouteilles d’oxygène et les mit dans un coffre en bois. Hallucinogene le regarda faire, elle avait toujours admiré chez son ami la délicatesse de ses gestes. Même pour les taches les plus communes, il savait toujours trouver la juste mesure de sa force et la précision de ses mouvements. Son cœur se mit à battre plus rapidement, une douce chaleur l’envahit. Machinalement son regard parcourut la silhouette de Tungstene
- Houa ! Quel bel homme il est devenu, pensa t-elle toujours plus charmée.
Tungstene se retourna son regard croisa le sien, il lui sourit,
- REHOUUUAAAA ! Hallucinogene eut l’impression que ses pieds venaient de décoller. Une sensation de bien -être la remplit. Rien n’avait plus d’importance qu’elle et Tungstene, ici l’un à côté de l’autre.
- Dis-moi, pourquoi l’armée ne fait-elle rien, alors qu’elle sait où se trouvent les pirates ? Demanda Tungstene.
Hallucinogene entendit à peine la question, elle baignait dans les yeux de Tungstene et lui répondit machinalement
- Bah ! …C’est sûrement politique ! Elle s’adossa au bastingage et levant la tête rajouta, il fait beau ce soir…
Tungstene regarda Hallucinogene, leurs regards se croisèrent à nouveau, d’un coup son estomac se mit à bondir comme jamais.
Il s’approcha d’elle, et leva à son tour les yeux vers cette nuit étoilée et sembla gagné par le charme de la situation.
- Oui c’est une nuit magnifique.
Il était là face à elle, il se rapprocha un peu plus. Comme poussée par un besoin instinctif, Hallucinogene lui tendit les mains. Se voyant faire le geste, elle paniqua légèrement,
- Mon dieu ! Qu’est -ce que je fais??? C’est Tungstene ! Mon ami d’enfance ! Je ne peux pas…Elle n’eut pas le temps de finir sa pensée qu’il les avait prises dans les siennes, et tout s’était évanoui, plus aucune question ne venait troubler son esprit, elle ne pensait plus à rien et laissa une douce sensation de bonheur l’envahir complètement. Hallucinogene fit un pas en avant, Tungstene un autre. Les mains tremblantes d’émotion elle passa ses bras autour de lui, il la prit par la taille la rapprochant encore plus prés de lui. Leurs corps se touchaient à présent complètement. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Hallucinogene sentit le souffle de Tungstene frôlait ses lèvres légèrement entrouvertes, son cœur battait à tout rompre. Tungstene avança ses lèvres, Hallucinogene ferma les yeux attendant leur contact contre les siennes.
- WON WON WON WUUUUUUUUUUUUUU !
Un son strident les ramena immédiatement à la réalité. Tungstene et Hallucinogene se tournèrent étonnés vers la porte de la cabine restée ouverte.
Ils se regardèrent un peu gênés puis Tungstene se précipita vers l’étrange bruit.
Hallucinogene resta un moment décontenancée par ce qui venait de se passer. En un quart de seconde son cœur avait retrouvé son rythme normal, et la sensation de bonheur qui l’habitait juste avant l’avait quittée, laissant place à une désagréable impression de douche froide. Elle aurait pris une gifle qu’elle ne se serait pas sentie plus mal.
Puis reprenant le dessus, elle partit à la suite de Tungstene qui regagnait la cabine de pilotage.
- Mais que se passe t —il ? D’où vient ce bruit ??? Demanda- t-il à la fois étonné et contrarié.
- C’n’est pas moi ! Dit Baliverne qui se sentit penaud il n’aurait su dire pourquoi, mais il avait la très nette impression d’être à l’origine d’un grave incident diplomatique qu’on lui reprochait.
Alors montrant la coquille restait à côté de lui, il bredouilla gêné.
- C’est le coquillage ! Il s’est mis à siffler et à s’éclairer !
Cet événement étrange interpella immédiatement Hallucinogene. Ses deux compagnons se tournèrent vers elle, le regard interrogatif.
- Oh ! Ce n’est rien, c’est sûrement les sirènes qui recherchent leur coquillage, dit - elle d’un air détaché.
- Et si elles viennent le chercher ? Demanda Tungstene un peu plus inquiet
- Il y a peu de chances, nous ne restons pas assez longtemps dans leur champ pour être localisés, affirma-t-elle.
Cela parut suffire à apaiser les doutes de Tungstene qui en profita pour consulter le système de navigation.
- Tu as raison d’ailleurs il s’est arrêté. Bon bien si j’en crois la carte, on est plus très loin ! ajouta-t- il.
Hallucinogene ne l’écoutait que d’une oreille, espérant que ses suppositions soient effectivement bien bonnes. Elle n’aurait pas aimé se retrouver face à face avec ces êtres de la mer.
- Des créatures qui mettent autant d’énergie à cacher leur présence ne doivent sûrement pas apprécier d’être en présence d’humains, pensa- t-elle.
Peu de temps après, Baliverne qui était toujours à la barre s’écria :
- Ca y est, l’île est en vue !
- Ok arrête-toi ! Ordonna Tungstene en se précipitant vers une grande malle contenant des vêtements noirs. Il avait pensé l’après midi à les prendre, et trouvait que cela ferait un bon camouflage.
Je me change vite fait et j’y vais ! Mais il n’eut pas tôt fait de l’ouvrir qu’Hallucinogene le coupa dans son élan.
- Je vais avec toi ! Déclara-t-elle sans sourciller et en se saisissant du coquillage. Elle venait de louper un baiser qui prévoyait d’être passionné, et ne voulait pas se faire souffler une fois de plus un moment où elle pourrait se retrouver seule avec Tungstene.
- Baliverne restera ici pour surveiller le bateau ! Inutile de se changer ! Aller PFFFFFFFF….. et tout en disant ces mots elle posa sa main sur l’épaule de Tungstene qui n’eut que le temps de prononcer :
- Hé ! …Mais…
Avant de disparaître avec elle dans la volute de fumée habituelle.
Poufff, ils venaient de réapparaître sur la plage déserte de l’île. Tungstene regarda Hallucinogene un peu réprobateur :
vendredi 16 novembre 2007
Chaipitre 8 émotions
- Dis ! Tu …
Hallucinogene ne le laissa pas finir, elle lui sourit avec cette façon si coquine et tendre qui le faisait craquer à chaque fois et depuis toujours.
Une fois de plus il ne put lui résister et lui sourit à son tour, conquis!
- Quelle sacrée fille tout de même ! Pensa-t-il.
- Chut viens vite, lui dit- elle à voix basse, ne restons pas sur la plage ! Et elle prit sa main l’entraînant vers la forêt qui bordait la bande de sable.
Ils pénétrèrent dans l’épaisse jungle. Essayant de se frayer un passage au milieu de l’inextricable végétation.
- Bon sang, je comprends pourquoi personne n’habite ici, râla Tungstene qui venait de se prendre dans la figure une branche qu’Hallucinogene avait relâché brusquement.
- Houps excuse -moi, dit- elle amusée.
Tungstene fit la moue et se remit à marcher. Ils avancèrent plus profond encore dans la forêt lorsque soudain Hallucinogene se figea. Tungstene qui baissait la tête pour regarder où il posait les pieds la percuta. Il allait s’excuser, mais il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle posa un doigt sur ses lèvres.
- Chut…Lui intima-t- elle de se taire, et dans un souffle lui dit, écoute !
Tungstene se raidit et tendit l’oreille. Des voix sortaient de derrière les fourrés. Mais la distance qui les séparait les empêchait de pouvoir être compréhensibles.
- Rapprochons-nous, proposa Tungstene à voix basse.
Il passa devant Hallucinogene, s’accroupit et rampa sous de grandes feuilles.
Hallucinogene le regarda un moment, admirative, elle avait toujours apprécié le côté aventurier de son ami qui savait si bien prendre les bonnes initiatives dans les moments les plus délicats. Puis son goût de l’action reprit le dessus et elle se jeta à ses côtés. Atterrissant dans une flaque de boue, elle éclaboussa Tungstene, et se retrouvèrent tous les deux en tenue de camouflage bien sans le vouloir. Ils pouffèrent de rire de se voir ainsi. Mais les voix se rapprochaient leur rappelant qu’ils devaient rester discrets. Par précaution Tungstene sortit le coquillage magique de sa poche, prêt à souffler dessus s’ils se retrouvaient découverts par les pirates. Il prit la main d’Hallucinogene dans la sienne pour être sûr qu’elle ferait bien partie du voyage s’il devait avoir lieu. En sentant la douce chaleur de sa peau contre la sienne, Hallucinogene se retourna vers lui, il la regarda de ses charmants yeux marrons, son cœur palpita de plus belle, elle avait une irrésistible envie de l’embrasser, mais une fois de plus le moment ne s’y prêtait pas. Ils rampèrent encore quelques mètres pour se rapprocher un peu plus.
- Ho regarde ça ! S’exclama Tungstene dans un souffle. Appuyé contre un gros rocher un vieux pirate à l’air patibulaire fumait tranquillement une longue pipe marine. Sa barbe hirsute cramoisie par la chaleur de son brûle-gueule, découvrait de temps à autre quelques vilaines dents noircies par le tabac. Son compère plus jeune, avec qui il discutait, trépignait. Sa longue queue de cheval faisait des bonds de droite à gauche sur sa large chemise violette. Son col bordé de grossières dentelles, grand ouvert, laissait apparaître l’épaisse toison de son torse. Il semblait agité et tripoté nerveusement le bandeau noir qui recouvrait son œil.
- Ah peste, je me demande bien qui sont ces pirates qui agissent sans l’ordre du Chef, siffla-t-il. La cicatrice qui traversait sa joue tressautait de mouvements convulsifs à chaque parole qu’il prononçait.
- Y sont sûrement pas de chez nous en tous cas, répondit calmement le vieux pirate, et va savoir, avec le nombre de clans que nous sommes !
- Les maudits traîtres ! Grogna-t-il dans un raclement de gorge peu encourageant.
Tungstene se retourna vers Gennie
- Ça alors ! Nos pirates ne peuvent donc pas être là !
- Oui ! Dit-elle dans un souffle qui laissait transparaître l’inquiétude qui l’envahissait, partons avant de nous faire repérer, je ne voudrais pas tomber entre les mains de ce type ! Tout en disant cela, elle serrait machinalement plus fortement la main de Tungstene. Il la regarda tendrement, lui sourit, son cœur se mit à battre plus vite, Hallucinogene se sentit rassurée.
Tungstene souffla sur la coquille magique, et POUUUFFFF ils s’évaporèrent.
Entendant le bruit, le plus jeune des pirates se retourna, tira rapidement son sabre du Fourreau,
- Tu as entendu ? Qu’est-ce que c’était ? Grinça —t-il,
mais Tungstene et Hallucinogene réapparaissaient déjà dans la cabine de pilotage du bateau.
- Mets les gaz Baliverne, on rentre !
Baliverne voyant à la tête de ces amis qu’il n’était pas temps de discuter, exécuta la demande.
- C’est parti !
Le petit bateau prit un virage serré en direction d’Atlantis et s’enfonça dans la nuit noire.
- Bon maintenant que nous sommes éloignés, racontez- moi un peu ce qui s’est passé ! demanda Baliverne.
Tungstene et Hallucinogene s’empressèrent donc de lui relater le contenu de la conversation qu’ils venaient de surprendre entre les pirates.
Baliverne fit la grimace.
- Qu’allons- nous faire alors ? Laisser tomber ?
- Non ! Dit Tungstene d’un air mystérieux, je pense avoir une idée. Ses deux amis le regardèrent plein de curiosité.
Peu de temps après, ils accostaient au port. Tungstene attacha le bateau à la bite d’amarrage.
- Puisque nous ne pouvons pas trouver les pirates, il n’y a qu’une solution ! Aller trouver mon beau- frère et lui parler de notre plan.
Hallucinogene souffla, elle était fatiguée, et l’idée d’aller parlementer avec le sous Magistrat ne l’emballait pas trop, d’autant qu’il n’était pas son personnage politique préféré. Elle lui trouvait un côté carriériste un peu trop prononcé pour être honnête. Et puis l’abondance des sensations de la soirée l’avait vidée, et elle ne savait plus trop quoi penser sur la tournure des relations qu’elle devrait entretenir avec Tungstene. Il s’était passé entre eux depuis quelques jours et surtout ces dernières heures, une attirance bien plus forte que de l’amitié, et cela lui faisait désormais peur. Qu’adviendrait-il de leur amitié si jamais ils vivaient une histoire d’amour qui finisse mal ? Elle se refusait pour l’instant de prendre une décision, et espérer comme le disait le vieil adage, que la nuit lui porterait conseil.
- Moi je rentre, demain, je dois me lever tôt, leur dit elle.
Alors lasse, la tête bien loin du souci des pirates elle embrassa Tungstene et Baliverne sur la joue et leur souhaita une bonne nuit.
Elle s’éloigna, Tungstene la regarda partir, et ressentit comme un courant d’air froid qui lui coulait le long du dos. Un poids pesant se fit sentir dans son ventre. Il fit la grimace, cette sensation de plomb dans les entrailles, il l’avait déjà ressenti ces jours-ci, à chaque fois qu’il devait se séparer d’Hallucinogene. Et il avait beau essayé de se raisonner, il ne parvenait pas à la chasser.
Hallucinogene ne le laissa pas finir, elle lui sourit avec cette façon si coquine et tendre qui le faisait craquer à chaque fois et depuis toujours.
Une fois de plus il ne put lui résister et lui sourit à son tour, conquis!
- Quelle sacrée fille tout de même ! Pensa-t-il.
- Chut viens vite, lui dit- elle à voix basse, ne restons pas sur la plage ! Et elle prit sa main l’entraînant vers la forêt qui bordait la bande de sable.
Ils pénétrèrent dans l’épaisse jungle. Essayant de se frayer un passage au milieu de l’inextricable végétation.
- Bon sang, je comprends pourquoi personne n’habite ici, râla Tungstene qui venait de se prendre dans la figure une branche qu’Hallucinogene avait relâché brusquement.
- Houps excuse -moi, dit- elle amusée.
Tungstene fit la moue et se remit à marcher. Ils avancèrent plus profond encore dans la forêt lorsque soudain Hallucinogene se figea. Tungstene qui baissait la tête pour regarder où il posait les pieds la percuta. Il allait s’excuser, mais il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle posa un doigt sur ses lèvres.
- Chut…Lui intima-t- elle de se taire, et dans un souffle lui dit, écoute !
Tungstene se raidit et tendit l’oreille. Des voix sortaient de derrière les fourrés. Mais la distance qui les séparait les empêchait de pouvoir être compréhensibles.
- Rapprochons-nous, proposa Tungstene à voix basse.
Il passa devant Hallucinogene, s’accroupit et rampa sous de grandes feuilles.
Hallucinogene le regarda un moment, admirative, elle avait toujours apprécié le côté aventurier de son ami qui savait si bien prendre les bonnes initiatives dans les moments les plus délicats. Puis son goût de l’action reprit le dessus et elle se jeta à ses côtés. Atterrissant dans une flaque de boue, elle éclaboussa Tungstene, et se retrouvèrent tous les deux en tenue de camouflage bien sans le vouloir. Ils pouffèrent de rire de se voir ainsi. Mais les voix se rapprochaient leur rappelant qu’ils devaient rester discrets. Par précaution Tungstene sortit le coquillage magique de sa poche, prêt à souffler dessus s’ils se retrouvaient découverts par les pirates. Il prit la main d’Hallucinogene dans la sienne pour être sûr qu’elle ferait bien partie du voyage s’il devait avoir lieu. En sentant la douce chaleur de sa peau contre la sienne, Hallucinogene se retourna vers lui, il la regarda de ses charmants yeux marrons, son cœur palpita de plus belle, elle avait une irrésistible envie de l’embrasser, mais une fois de plus le moment ne s’y prêtait pas. Ils rampèrent encore quelques mètres pour se rapprocher un peu plus.
- Ho regarde ça ! S’exclama Tungstene dans un souffle. Appuyé contre un gros rocher un vieux pirate à l’air patibulaire fumait tranquillement une longue pipe marine. Sa barbe hirsute cramoisie par la chaleur de son brûle-gueule, découvrait de temps à autre quelques vilaines dents noircies par le tabac. Son compère plus jeune, avec qui il discutait, trépignait. Sa longue queue de cheval faisait des bonds de droite à gauche sur sa large chemise violette. Son col bordé de grossières dentelles, grand ouvert, laissait apparaître l’épaisse toison de son torse. Il semblait agité et tripoté nerveusement le bandeau noir qui recouvrait son œil.
- Ah peste, je me demande bien qui sont ces pirates qui agissent sans l’ordre du Chef, siffla-t-il. La cicatrice qui traversait sa joue tressautait de mouvements convulsifs à chaque parole qu’il prononçait.
- Y sont sûrement pas de chez nous en tous cas, répondit calmement le vieux pirate, et va savoir, avec le nombre de clans que nous sommes !
- Les maudits traîtres ! Grogna-t-il dans un raclement de gorge peu encourageant.
Tungstene se retourna vers Gennie
- Ça alors ! Nos pirates ne peuvent donc pas être là !
- Oui ! Dit-elle dans un souffle qui laissait transparaître l’inquiétude qui l’envahissait, partons avant de nous faire repérer, je ne voudrais pas tomber entre les mains de ce type ! Tout en disant cela, elle serrait machinalement plus fortement la main de Tungstene. Il la regarda tendrement, lui sourit, son cœur se mit à battre plus vite, Hallucinogene se sentit rassurée.
Tungstene souffla sur la coquille magique, et POUUUFFFF ils s’évaporèrent.
Entendant le bruit, le plus jeune des pirates se retourna, tira rapidement son sabre du Fourreau,
- Tu as entendu ? Qu’est-ce que c’était ? Grinça —t-il,
mais Tungstene et Hallucinogene réapparaissaient déjà dans la cabine de pilotage du bateau.
- Mets les gaz Baliverne, on rentre !
Baliverne voyant à la tête de ces amis qu’il n’était pas temps de discuter, exécuta la demande.
- C’est parti !
Le petit bateau prit un virage serré en direction d’Atlantis et s’enfonça dans la nuit noire.
- Bon maintenant que nous sommes éloignés, racontez- moi un peu ce qui s’est passé ! demanda Baliverne.
Tungstene et Hallucinogene s’empressèrent donc de lui relater le contenu de la conversation qu’ils venaient de surprendre entre les pirates.
Baliverne fit la grimace.
- Qu’allons- nous faire alors ? Laisser tomber ?
- Non ! Dit Tungstene d’un air mystérieux, je pense avoir une idée. Ses deux amis le regardèrent plein de curiosité.
Peu de temps après, ils accostaient au port. Tungstene attacha le bateau à la bite d’amarrage.
- Puisque nous ne pouvons pas trouver les pirates, il n’y a qu’une solution ! Aller trouver mon beau- frère et lui parler de notre plan.
Hallucinogene souffla, elle était fatiguée, et l’idée d’aller parlementer avec le sous Magistrat ne l’emballait pas trop, d’autant qu’il n’était pas son personnage politique préféré. Elle lui trouvait un côté carriériste un peu trop prononcé pour être honnête. Et puis l’abondance des sensations de la soirée l’avait vidée, et elle ne savait plus trop quoi penser sur la tournure des relations qu’elle devrait entretenir avec Tungstene. Il s’était passé entre eux depuis quelques jours et surtout ces dernières heures, une attirance bien plus forte que de l’amitié, et cela lui faisait désormais peur. Qu’adviendrait-il de leur amitié si jamais ils vivaient une histoire d’amour qui finisse mal ? Elle se refusait pour l’instant de prendre une décision, et espérer comme le disait le vieil adage, que la nuit lui porterait conseil.
- Moi je rentre, demain, je dois me lever tôt, leur dit elle.
Alors lasse, la tête bien loin du souci des pirates elle embrassa Tungstene et Baliverne sur la joue et leur souhaita une bonne nuit.
Elle s’éloigna, Tungstene la regarda partir, et ressentit comme un courant d’air froid qui lui coulait le long du dos. Un poids pesant se fit sentir dans son ventre. Il fit la grimace, cette sensation de plomb dans les entrailles, il l’avait déjà ressenti ces jours-ci, à chaque fois qu’il devait se séparer d’Hallucinogene. Et il avait beau essayé de se raisonner, il ne parvenait pas à la chasser.
jeudi 15 novembre 2007
Chapitre 9 un plan d'attaque
Baliverne et Tungstene grimpèrent la longue rue qui menait à la vieille ville. C’était en haut, juste un peu avant sa terminaison sur le palais du Magistrat, que vivaient son beau- frère et sa sœur. La montée était raide, et les pavés légèrement humides de rosée reflétaient les torches allumées des lampadaires de la ville.
- Dommage qu’Hallucinogene n’ait pas pu venir ! Finit par lâcher Tungstene presque involontairement.
Baliverne le regarda, il avait compris que les choses évoluaient entre son ami et Hallucinogene, et que cette réflexion était plus une pensée à voix haute de Tungstene qu’une véritable envie de conversation sur le sujet. Par discrétion il s’abstint donc de répondre.
Tungstene leva la tête. Au dessus de la porte, supportée par deux colonnes, une lourde plaque de bronze était gravée. On pouvait y lire « Pathogène, sous Magistrat d’Atlantis et son épouse » Tungstene avait toujours trouvé cela ridicule d’afficher ainsi son nom ! Mais c’était devenu une mode chez les hauts dignitaires et Pathogène qui occupait une des plus hautes places au gouvernement de l’île, n’allait pas se refuser une occasion pareille de se pavaner un peu plus.
- Pong! Pong! Pong! Pong! Pong! Tungstene avait manœuvré le lourd heurtoir en laiton de la grosse porte de chêne vernie.
Un petit moment s’écoula, avant que Tungstene n’entendit de l’agitation à l’intérieur. Pathogène ouvrit enfin la porte, laissant apparaître sa tête fatiguée par l’entrebâillement. Il était vêtu d’un pyjama rayé gris et blanc, une cape rouge jetée rapidement sur ses épaules. Son crâne chauve sur le dessus luisait dans la raie de lumière, lui donnant un petit air comique.
- Tungstene ????! Mais que viens tu faire ici à une heure pareille ?
En effet, il ne lui rendait pas souvent visite. Ce n’était pas qu’il ne s’entendait pas avec son beau-frère, mais Tungstene avait du mal à supporter trop longtemps son côté politicien, changeant d’avis suivant les circonstances. Mais voilà, c’était le mari de sa sœur Hyfigénie ! Et l’on ne choisit pas sa famille. Il lui fallait donc bien supporter cela, ne serait-ce que pour ne pas la blesser. Et puis Pathogène pouvait aussi être un bon compagnon tant qu’il n’ouvrait pas la bouche pour parler politique, ce qui était bien rare malheureusement.
Tungstene et Baliverne entrèrent donc dans la luxueuse villa. Des tentures aux armoiries d’Atlantis couvraient les murs, et quelques bustes en marbre de Pathogène et d’Hyfigénie trônaient sur leurs colonnes au milieu du salon. Ils s’installèrent tous les trois autour de la grande table de la salle à manger.
Comme à chaque rare occasion où il avait mis les pieds dans cette demeure, Baliverne regardait autour de lui, impressionné par tant de luxe tape à l’œil et amusé par l’ambiguïté de ce mélange de décoration où l’on sentait la pointe plus raisonnable d’Hyfigénie. Bien qu’ami de Tungstene depuis toujours, il ne lui arrivait pas souvent de venir ici. Pathogène n’aimait pas trop Baliverne, et évitait soigneusement de l’inviter lorsqu’il le pouvait. En effet, Hyfigénie et Baliverne avaient aussi grandi ensemble et avaient même été à une époque bien plus que des amis. Ils avaient malgré leur séparation toujours gardé de très bons rapports, et au goût de Pathogène ces rapports étaient bien trop proches, les soupçonnant même plusieurs fois d’être amants. Sa jalousie avait d’ailleurs plusieurs fois bien failli lui coûter une rupture ! La sœur de Tungstene avait en effet un sacré caractère, et n’était pas fille à se laisser faire, il était même de notoriété que seule Baliverne était arrivé à la dompter. Baliverne regardant les portraits d’elle autour de lui, restait songeur. Il se rappelait d’elle, avec ces petites nattes de chaque côté, Il n’avait jamais vraiment compris pourquoi elle s’était mariée avec ce type. Hyfigénie ne collait absolument pas au tableau superficiel du sous Magistrat, c’était une fille simple, assez jolie, de constitution robuste et était routière de métier. Elle n’avait aucune attirance pour l’apparat de la haute société. Baliverne jeta un coup d’œil sur Pathogène et ne put s’empêcher de penser :
- Mais bon sang qu’est- ce qu’elle lui trouve de si bien ? Il n’est même pas beau !
C’est alors que la voix de Tungstene vint le tirer de ses rêves
- Qu’en penses- tu Baliverne ?
- Hein ?...Heu oui bien sûr ! Répondit- il sans même savoir de quoi il était question.
- Bon, tu promets de n’en parler à personne ! Insista Tungstene auprès de son beau- frère.
- Je te jure, je ne dirai rien, quant au reste je m’en occupe.
Tungstene et Baliverne se levèrent :
- Bon on va te laisser dormir, il se fait vraiment tard maintenant, embrasse ma sœur pour moi !
- C’est ça, dit Baliverne, fais-lui mes amitiés !
- Oui, je n’y manquerai pas, répondit le sous Magistrat en grinçant des dents, et dont le visage laissait apparaître qu’il n’en ferait rien.
Tungstene et Baliverne sortirent.
- Il est toujours jaloux de toi ? Demanda Tungstene amusé.
- Ho oui ! En plus cette semaine je suis resté plus d’une heure au téléphone avec Hyfi, ce qui a fini par lui coûter une belle engueulade quand il le lui a reproché, répondit Baliverne en riant de plus belle.
- Mais…Heu … Toi et ma sœur vous ... ?
Baliverne regarda Tungstene, et lui sourit :
- Tu sais bien que ta sœur et moi ça a toujours été spécial, dit- il en laissant planer le doute.
Tungstene se résigna, il connaissait bien son ami, et savait qu’il n’aurait pas la réponse ce soir.
- Dommage qu’Hallucinogene n’ait pas pu venir ! Finit par lâcher Tungstene presque involontairement.
Baliverne le regarda, il avait compris que les choses évoluaient entre son ami et Hallucinogene, et que cette réflexion était plus une pensée à voix haute de Tungstene qu’une véritable envie de conversation sur le sujet. Par discrétion il s’abstint donc de répondre.
Tungstene leva la tête. Au dessus de la porte, supportée par deux colonnes, une lourde plaque de bronze était gravée. On pouvait y lire « Pathogène, sous Magistrat d’Atlantis et son épouse » Tungstene avait toujours trouvé cela ridicule d’afficher ainsi son nom ! Mais c’était devenu une mode chez les hauts dignitaires et Pathogène qui occupait une des plus hautes places au gouvernement de l’île, n’allait pas se refuser une occasion pareille de se pavaner un peu plus.
- Pong! Pong! Pong! Pong! Pong! Tungstene avait manœuvré le lourd heurtoir en laiton de la grosse porte de chêne vernie.
Un petit moment s’écoula, avant que Tungstene n’entendit de l’agitation à l’intérieur. Pathogène ouvrit enfin la porte, laissant apparaître sa tête fatiguée par l’entrebâillement. Il était vêtu d’un pyjama rayé gris et blanc, une cape rouge jetée rapidement sur ses épaules. Son crâne chauve sur le dessus luisait dans la raie de lumière, lui donnant un petit air comique.
- Tungstene ????! Mais que viens tu faire ici à une heure pareille ?
En effet, il ne lui rendait pas souvent visite. Ce n’était pas qu’il ne s’entendait pas avec son beau-frère, mais Tungstene avait du mal à supporter trop longtemps son côté politicien, changeant d’avis suivant les circonstances. Mais voilà, c’était le mari de sa sœur Hyfigénie ! Et l’on ne choisit pas sa famille. Il lui fallait donc bien supporter cela, ne serait-ce que pour ne pas la blesser. Et puis Pathogène pouvait aussi être un bon compagnon tant qu’il n’ouvrait pas la bouche pour parler politique, ce qui était bien rare malheureusement.
Tungstene et Baliverne entrèrent donc dans la luxueuse villa. Des tentures aux armoiries d’Atlantis couvraient les murs, et quelques bustes en marbre de Pathogène et d’Hyfigénie trônaient sur leurs colonnes au milieu du salon. Ils s’installèrent tous les trois autour de la grande table de la salle à manger.
Comme à chaque rare occasion où il avait mis les pieds dans cette demeure, Baliverne regardait autour de lui, impressionné par tant de luxe tape à l’œil et amusé par l’ambiguïté de ce mélange de décoration où l’on sentait la pointe plus raisonnable d’Hyfigénie. Bien qu’ami de Tungstene depuis toujours, il ne lui arrivait pas souvent de venir ici. Pathogène n’aimait pas trop Baliverne, et évitait soigneusement de l’inviter lorsqu’il le pouvait. En effet, Hyfigénie et Baliverne avaient aussi grandi ensemble et avaient même été à une époque bien plus que des amis. Ils avaient malgré leur séparation toujours gardé de très bons rapports, et au goût de Pathogène ces rapports étaient bien trop proches, les soupçonnant même plusieurs fois d’être amants. Sa jalousie avait d’ailleurs plusieurs fois bien failli lui coûter une rupture ! La sœur de Tungstene avait en effet un sacré caractère, et n’était pas fille à se laisser faire, il était même de notoriété que seule Baliverne était arrivé à la dompter. Baliverne regardant les portraits d’elle autour de lui, restait songeur. Il se rappelait d’elle, avec ces petites nattes de chaque côté, Il n’avait jamais vraiment compris pourquoi elle s’était mariée avec ce type. Hyfigénie ne collait absolument pas au tableau superficiel du sous Magistrat, c’était une fille simple, assez jolie, de constitution robuste et était routière de métier. Elle n’avait aucune attirance pour l’apparat de la haute société. Baliverne jeta un coup d’œil sur Pathogène et ne put s’empêcher de penser :
- Mais bon sang qu’est- ce qu’elle lui trouve de si bien ? Il n’est même pas beau !
C’est alors que la voix de Tungstene vint le tirer de ses rêves
- Qu’en penses- tu Baliverne ?
- Hein ?...Heu oui bien sûr ! Répondit- il sans même savoir de quoi il était question.
- Bon, tu promets de n’en parler à personne ! Insista Tungstene auprès de son beau- frère.
- Je te jure, je ne dirai rien, quant au reste je m’en occupe.
Tungstene et Baliverne se levèrent :
- Bon on va te laisser dormir, il se fait vraiment tard maintenant, embrasse ma sœur pour moi !
- C’est ça, dit Baliverne, fais-lui mes amitiés !
- Oui, je n’y manquerai pas, répondit le sous Magistrat en grinçant des dents, et dont le visage laissait apparaître qu’il n’en ferait rien.
Tungstene et Baliverne sortirent.
- Il est toujours jaloux de toi ? Demanda Tungstene amusé.
- Ho oui ! En plus cette semaine je suis resté plus d’une heure au téléphone avec Hyfi, ce qui a fini par lui coûter une belle engueulade quand il le lui a reproché, répondit Baliverne en riant de plus belle.
- Mais…Heu … Toi et ma sœur vous ... ?
Baliverne regarda Tungstene, et lui sourit :
- Tu sais bien que ta sœur et moi ça a toujours été spécial, dit- il en laissant planer le doute.
Tungstene se résigna, il connaissait bien son ami, et savait qu’il n’aurait pas la réponse ce soir.
mercredi 14 novembre 2007
Chapitre 10 retournement de situation
Le lendemain, Pathogène regagna son bureau au palais comme tous les matins. Le sourire aux lèvres, il se sentait d’une humeur de vainqueur, et rien ne lui semblait impossible.
- Bonjour, le Magistrat est —il arrivé ? Demanda-t-il à la secrétaire avec un grand sourire charmeur.
Elle le regarda un peu étonnée de le sentir si avenant.
- Oui, oui, il est là, répondit-elle
Et elle profita de l’occasion pour le lui rendre avec un air à l’invitation d’aller plus loin, tout en se penchant bien en avant, afin qu’il puisse lorgner sur son décolleté. Voila cinq ans qu’elle s’escrimait sans résultat à user de son charme pour attirer son attention avec l’idée de monter dans la hiérarchie par un biais ou par un autre. Mais Pathogène n’y prêta pas le moindre regard. Elle se rassit une fois de plus dépitée.
Pathogène entra sans renfort de courbette dans le bureau du Magistrat. C’était une pièce assez vaste aux murs blancs, sommairement meublée, rien de vraiment extraordinaire. Une table de granite soutenue par des pieds en marbre bleu servait de bureau au Magistrat. Les bustes en marbre de quelques hauts dignitaires d’Atlantide en évidence et une tenture portant le blason officiel était la principale décoration.
Pathogène salua de façon protocolaire.
- Salut à vous ô Magistrat !
- Salut à vous Pathogène mon sous Magistrat, répondit respectueusement celui-ci, mais en faisant bien sentir dans le ton de ses paroles, comme à son habitude sa supériorité hiérarchique.
Le Magistrat paraissait contrarié. Pathogène s’en aperçut, il savait même très bien pourquoi, et venait justement pour cette raison. Il en profita pour se pavaner un peu plus et prit un air supérieur, comptant bien profiter de la situation pour obtenir plus encore de pouvoir.
- Grande nouvelle, j’ai un plan pour mettre fin au hold-up des pirates !
Le Magistrat le sonda d’un seul regard, et sembla analyser la situation. Pathogène ne s’en aperçut même pas, tellement sûr de l’effet qu’il venait de produire sur son chef. Le Magistrat resta serein, pivota sur sa chaise.
- Expliquez —vous, lui ordonna t-il
Pathogène se sentit pousser des lauriers de victoire sur la tête :
- On va leur tendre un piège, commença-t-il, en espérant mettre un peu de suspens, on expose une grande collection de bijoux, on le fait savoir de partout, on surveille bien les joyaux et quand ils essaient de les voler…CLAC ! On les prend, s’écria t-il en faisant un bond imitant des policiers arrêtant des voleurs.
Le Magistrat ne répondit pas tout de suite, Pathogène était fier de lui, et se voyait déjà auréolé et décoré pour avoir mis fin aux agissements des dangereux malfaiteurs.
- Hum…et s’ils réussissent à voler les bijoux ? Demanda le Magistrat qui paraissait séduit par l’idée d’une arrestation qui ferait forcément rejaillir la gloire sur lui.
Pathogène se décontenança, il n’avait pas pensé à cela, et Tungstene ne lui avait pas non plus soumis cette hypothèse. Il se sentit s’enfoncer dans son fauteuil, toute son assurance venait de s’envoler avec cette réflexion.
- Aï ! Non, il ne faut pas que ça arrive, pensa t il, il ne faut pas !
Puis il se ressaisit, voilà la solution, il ne faut pas et il répondit mais cette fois sur un ton bien moins arrogant.
- Eh… bien…on prendra garde à ce que cela n’arrive pas !
Le Magistrat le regarda de son œil gris glacial. C’était un homme au faciès peu engageant. Il n’était pas moche, mais il respirait la sévérité. Il était habillé à l’image de son bureau, élégant mais sommaire, un costume noir, un T-shirt blanc au col rond. Son haut crâne chauve, son nez aquilin ses sourcils froncés et les rides d’expression autour de sa bouche en faisaient un visage dur.
- Je l’espère, sinon c’est VOUS qui en porterez l’entière responsabilité ! …Allez !…Au travail ! Ordonna le Magistrat d’un ton cinglant.
Pathogène se sentit pris à la gorge, mais maintenant que les dés étaient lancés, il ne pouvait plus faire marche arrière. Seul le sentiment de s’être fait entraîner dans une histoire qui risquait de mal tourner pour lui, lui restait au fond de la gorge.
Il sortit penaud du bureau du Magistrat, sans même jeter un coup d’œil à la secrétaire, qui une fois de plus, essayait de le séduire en ondulant sa forte poitrine sous son nez.
- Bonjour, le Magistrat est —il arrivé ? Demanda-t-il à la secrétaire avec un grand sourire charmeur.
Elle le regarda un peu étonnée de le sentir si avenant.
- Oui, oui, il est là, répondit-elle
Et elle profita de l’occasion pour le lui rendre avec un air à l’invitation d’aller plus loin, tout en se penchant bien en avant, afin qu’il puisse lorgner sur son décolleté. Voila cinq ans qu’elle s’escrimait sans résultat à user de son charme pour attirer son attention avec l’idée de monter dans la hiérarchie par un biais ou par un autre. Mais Pathogène n’y prêta pas le moindre regard. Elle se rassit une fois de plus dépitée.
Pathogène entra sans renfort de courbette dans le bureau du Magistrat. C’était une pièce assez vaste aux murs blancs, sommairement meublée, rien de vraiment extraordinaire. Une table de granite soutenue par des pieds en marbre bleu servait de bureau au Magistrat. Les bustes en marbre de quelques hauts dignitaires d’Atlantide en évidence et une tenture portant le blason officiel était la principale décoration.
Pathogène salua de façon protocolaire.
- Salut à vous ô Magistrat !
- Salut à vous Pathogène mon sous Magistrat, répondit respectueusement celui-ci, mais en faisant bien sentir dans le ton de ses paroles, comme à son habitude sa supériorité hiérarchique.
Le Magistrat paraissait contrarié. Pathogène s’en aperçut, il savait même très bien pourquoi, et venait justement pour cette raison. Il en profita pour se pavaner un peu plus et prit un air supérieur, comptant bien profiter de la situation pour obtenir plus encore de pouvoir.
- Grande nouvelle, j’ai un plan pour mettre fin au hold-up des pirates !
Le Magistrat le sonda d’un seul regard, et sembla analyser la situation. Pathogène ne s’en aperçut même pas, tellement sûr de l’effet qu’il venait de produire sur son chef. Le Magistrat resta serein, pivota sur sa chaise.
- Expliquez —vous, lui ordonna t-il
Pathogène se sentit pousser des lauriers de victoire sur la tête :
- On va leur tendre un piège, commença-t-il, en espérant mettre un peu de suspens, on expose une grande collection de bijoux, on le fait savoir de partout, on surveille bien les joyaux et quand ils essaient de les voler…CLAC ! On les prend, s’écria t-il en faisant un bond imitant des policiers arrêtant des voleurs.
Le Magistrat ne répondit pas tout de suite, Pathogène était fier de lui, et se voyait déjà auréolé et décoré pour avoir mis fin aux agissements des dangereux malfaiteurs.
- Hum…et s’ils réussissent à voler les bijoux ? Demanda le Magistrat qui paraissait séduit par l’idée d’une arrestation qui ferait forcément rejaillir la gloire sur lui.
Pathogène se décontenança, il n’avait pas pensé à cela, et Tungstene ne lui avait pas non plus soumis cette hypothèse. Il se sentit s’enfoncer dans son fauteuil, toute son assurance venait de s’envoler avec cette réflexion.
- Aï ! Non, il ne faut pas que ça arrive, pensa t il, il ne faut pas !
Puis il se ressaisit, voilà la solution, il ne faut pas et il répondit mais cette fois sur un ton bien moins arrogant.
- Eh… bien…on prendra garde à ce que cela n’arrive pas !
Le Magistrat le regarda de son œil gris glacial. C’était un homme au faciès peu engageant. Il n’était pas moche, mais il respirait la sévérité. Il était habillé à l’image de son bureau, élégant mais sommaire, un costume noir, un T-shirt blanc au col rond. Son haut crâne chauve, son nez aquilin ses sourcils froncés et les rides d’expression autour de sa bouche en faisaient un visage dur.
- Je l’espère, sinon c’est VOUS qui en porterez l’entière responsabilité ! …Allez !…Au travail ! Ordonna le Magistrat d’un ton cinglant.
Pathogène se sentit pris à la gorge, mais maintenant que les dés étaient lancés, il ne pouvait plus faire marche arrière. Seul le sentiment de s’être fait entraîner dans une histoire qui risquait de mal tourner pour lui, lui restait au fond de la gorge.
Il sortit penaud du bureau du Magistrat, sans même jeter un coup d’œil à la secrétaire, qui une fois de plus, essayait de le séduire en ondulant sa forte poitrine sous son nez.
mardi 13 novembre 2007
Chapitre 11 mise en place
Quelques jours plus tard, une porte s’ouvrit sur un soldat bedonnant. Un uniforme kaki, un pantalon bleu, des bottes en cuir noir montant jusqu’aux cuisses que battait l’épée accrochée à sa ceinture. Une cape rouge écarlate jetée sur ses épaules, il franchissait l’entrée de cette taverne mal famée, comme s’il était chez lui : en sifflotant. L’atmosphère brumeuse des marins qui fumaient la pipe et le sentiment de dangerosité qui semblait transpirer par tous les clients ne paraissaient pas l’inquiéter le moins du monde. Il regarda autour de lui comme s’il cherchait quelque chose, puis se dirigea droit vers le centre de la pièce. Les regards s’étaient tournés vers lui. Le silence se fit, tous semblaient attendre ce qui allait se passer. Il dégaina d’un geste rapide et précis son outil. Personne n’eut le temps de voir d’où il l’avait sorti mais déjà, il l’abattait avec violence. Heurtant sans ménagement la tête, il enfonçait sans le moindre effort un gros clou dans le pilier central qui soutenait le plafond. Il planta un deuxième clou plus bas afin d’empêcher l’affiche qu’il venait de poser de s’enrouler sur elle-même. Son travail était fini, il ramassa les quelques rouleaux qui restaient encore à poser et sortit. Aussitôt, la clientèle se rapprocha de l’affiche afin de lire ce qui y était inscrit. Un grand barbu lut à haute voix
- Une exposition de bijoux ! Mais qu’est- ce qu’on s’en fiche nous ! S’exclama t il.
La majorité de la petite assemblée renchérit dans son sens, en profitant même pour critiquer un peu le gouvernement de l’île voire même celui d’Atlantide puisque tout dépendait d’elle. Il faut dire que la vie de marin n’était pas facile, et ces derniers temps le cours du poisson avait baissé, rajoutant à la dureté financière habituelle. Cet étalage de richesse ne pouvait donc susciter que du dégoût.
Mais un petit bonhomme malingre à l’air un peu louche, lui, ne sembla pas s’insurger. L’affiche avait même l’air de l’intéresser au plus haut point. Il la scruta dans ses moindres détails et sortit du bar des marins en courant. Il claqua la porte et se précipita vers un petit esquif attaché à l’embarcadère. Sans plus attendre, il en mit le moteur en route et s’éloigna à tout berzingue sur les vagues de l’océan.
Il ne tarda pas à rejoindre une plage de sable blanc avec cocotiers et jungle environnante à faire pâlir d’envie plus d’un club de vacances. A peine son bateau eut touché le sol qu’il hurla à l’encontre d’un homme qui venait à sa rencontre.
- Allez prévenir Œil Rouge notre chef, j’ai une révélation importante à lui faire.
- Une exposition de bijoux ! Mais qu’est- ce qu’on s’en fiche nous ! S’exclama t il.
La majorité de la petite assemblée renchérit dans son sens, en profitant même pour critiquer un peu le gouvernement de l’île voire même celui d’Atlantide puisque tout dépendait d’elle. Il faut dire que la vie de marin n’était pas facile, et ces derniers temps le cours du poisson avait baissé, rajoutant à la dureté financière habituelle. Cet étalage de richesse ne pouvait donc susciter que du dégoût.
Mais un petit bonhomme malingre à l’air un peu louche, lui, ne sembla pas s’insurger. L’affiche avait même l’air de l’intéresser au plus haut point. Il la scruta dans ses moindres détails et sortit du bar des marins en courant. Il claqua la porte et se précipita vers un petit esquif attaché à l’embarcadère. Sans plus attendre, il en mit le moteur en route et s’éloigna à tout berzingue sur les vagues de l’océan.
Il ne tarda pas à rejoindre une plage de sable blanc avec cocotiers et jungle environnante à faire pâlir d’envie plus d’un club de vacances. A peine son bateau eut touché le sol qu’il hurla à l’encontre d’un homme qui venait à sa rencontre.
- Allez prévenir Œil Rouge notre chef, j’ai une révélation importante à lui faire.
lundi 12 novembre 2007
Chapitre 12 organisation pirate
L’homme fit un demi-tour aussi sec, son pantalon noir balaya le sable dans une petite spirale, décollant un nuage de poussière et courut en direction de la forêt en criant :
- UN MESSAGE POUR LE CHEF ! UN MESSAGE POUR LE CHEF !
Il pénétra dans une grotte aménagée.
Œil rouge était là en train de rire, une fille sur chaque genou. Assis sur son large fauteuil en bois massif, il trônait sur toute la pièce. Œil rouge était plutôt bel homme. Assez jeune vêtu d’un élégant pantalon blanc et d’une légère veste verte par laquelle, son col de chemise brodé dépassait. Il donnait un air sympathique, malgré le bandeau noir sur son œil qui laissait présager de dures batailles passées. Son air classe contrastait avec celui plus vulgaire des deux demoiselles qui se pressaient sur lui si légèrement habillées.
Les filles se retournèrent sur le pirate qui venait de faire irruption dans la grotte. Elles étaient encore sous le charme de ce magnifique séducteur, chef des pirates et gardaient encore le sourire aux lèvres.
- Un messager vient d’arriver avec des révélations importantes, annonça respectueusement le pirate.
- Fais-le entrer, répondit Œil rouge, allez m’attendre là-bas les filles, ordonna —t- il gentiment en montrant un rideau bleu fermant la porte d’une autre grotte. Les deux filles s’exécutèrent, secouant leur chevelure dans un mouvement sexy, l’une blonde, l’autre châtain.
Ce n’est pas qu’elles étaient pour la polygamie, mais amoureuses toutes les deux d’Œil rouge, et lui ne pouvant se résoudre à faire un choix, elles avaient finalement accepté de le partager plutôt que de se battre pour en avoir l’exclusivité.
Le petit pirate du bar fit son entrée, il posa un genou par terre en signe de respect.
- Alors qu’as-tu à me dire ? Demanda Œil rouge dont le ton si mielleux avec ses femmes avait subitement disparu, laissant place à celui ferme et dur du chef des pirates.
- Je crois avoir flairé une bonne piste mon capitaine !
Œil rouge claqua des doigts, et aussitôt un majordome apporta un tabouret pour faire asseoir le pirate annonciateur de message. Avec son costume rayé jaune et noir et son pantalon à pinces impeccablement repassé, on l’aurait cru plutôt volontiers, sorti tout droit d’un manoir de l’aristocratie anglaise et son allure tranchait visiblement au milieu de cette grotte, qui bien qu’aménagée, restait somme tout un peu brute. Assez grand, chauve, un nez aquilin et des petits yeux d’un gris glacial, il ressemblait étrangement au Magistrat, et quelqu’un qui ne le connaissait pas, pouvait aisément se tromper, si ce n’était par l’étrangeté de le trouver dans ce lieu. Le majordome se retira, discrètement.
- Vas- y, raconte- moi ! Ordonna Œil rouge.
- Hé bien voilà…Commença le petit homme.
Et il lui raconta ce qu’il venait d’apprendre dans la taverne de marins.
Œil rouge fronça les sourcils, puis se leva.
- Je te félicite compagnon, viens donc chercher ta prime, tu l’as bien méritée !
Et tout en lui disant cela, il l’entraîna vers le fond de la grotte. Là, s’ouvrait l’entrée d’une autre salle.
Le pirate avala sa salive, l’endroit semblait inquiétant, et il se demanda si finalement il avait bien fait de venir. N’allait- on pas plutôt l’occire en guise de récompense afin de ne pas partager le butin ? Ils passèrent entre deux stalagmites, et arrivèrent devant un homme à petites lunettes rondes penchait sur des rouleaux de parchemin.
- Trésorier ! Donne - lui une récompense, ordonna Œil rouge en s’adressant à celui ci.
- Bien capitaine, répondit —il d’un air machinal.
Il semblait habitué à ce genre de procédure.
Le petit rapporteur de nouvelles retrouva le sourire, et fut soulagé de voir le trésorier tirer d’une pile, un sac rempli de pièces d’or.
Œil rouge ne resta pas une minute de plus avec eux, et rejoignit aussitôt la pièce aux rideaux bleus où s’étaient dirigées ses deux compagnes quelques bonnes minutes plutôt.
Elles l’attendaient lascivement étendues sur un immense lit à baldaquins. Les draps couleur pêche et les coussins aux reflets chatoyants donnaient à la grotte un air très accueillant et confortable. Les chandeliers en or posés sur des meubles en bois finement travaillés, éclairaient la salle d’une douce lumière et la richesse du lieu étalait le butin de multiples larcins. Œil rouge ne se lassait pas de ce spectacle, et semblait captivé par ses créatures.
- Vous allez bientôt avoir de nouveaux bijoux mes colombes, dit- il avec un sourire qui laissait voir qu’il ne pouvait rien leur refuser.
- Merci mon Oeilinou, répondirent — elles en cœur.
Il s’assit sur le lit en compagnie de ces charmantes demoiselles, et tira sur un cordon qui pendait sur le côté du baldaquin.
Aussitôt le majordome passa la tête par le rideau
- Monsieur a appelé ?
- Oui, fais venir le capitaine de la garde, il faut que je lui parle.
- Bien monsieur, répondit celui-ci dont le flegme semblait inébranlable, et il tourna les talons.
- UN MESSAGE POUR LE CHEF ! UN MESSAGE POUR LE CHEF !
Il pénétra dans une grotte aménagée.
Œil rouge était là en train de rire, une fille sur chaque genou. Assis sur son large fauteuil en bois massif, il trônait sur toute la pièce. Œil rouge était plutôt bel homme. Assez jeune vêtu d’un élégant pantalon blanc et d’une légère veste verte par laquelle, son col de chemise brodé dépassait. Il donnait un air sympathique, malgré le bandeau noir sur son œil qui laissait présager de dures batailles passées. Son air classe contrastait avec celui plus vulgaire des deux demoiselles qui se pressaient sur lui si légèrement habillées.
Les filles se retournèrent sur le pirate qui venait de faire irruption dans la grotte. Elles étaient encore sous le charme de ce magnifique séducteur, chef des pirates et gardaient encore le sourire aux lèvres.
- Un messager vient d’arriver avec des révélations importantes, annonça respectueusement le pirate.
- Fais-le entrer, répondit Œil rouge, allez m’attendre là-bas les filles, ordonna —t- il gentiment en montrant un rideau bleu fermant la porte d’une autre grotte. Les deux filles s’exécutèrent, secouant leur chevelure dans un mouvement sexy, l’une blonde, l’autre châtain.
Ce n’est pas qu’elles étaient pour la polygamie, mais amoureuses toutes les deux d’Œil rouge, et lui ne pouvant se résoudre à faire un choix, elles avaient finalement accepté de le partager plutôt que de se battre pour en avoir l’exclusivité.
Le petit pirate du bar fit son entrée, il posa un genou par terre en signe de respect.
- Alors qu’as-tu à me dire ? Demanda Œil rouge dont le ton si mielleux avec ses femmes avait subitement disparu, laissant place à celui ferme et dur du chef des pirates.
- Je crois avoir flairé une bonne piste mon capitaine !
Œil rouge claqua des doigts, et aussitôt un majordome apporta un tabouret pour faire asseoir le pirate annonciateur de message. Avec son costume rayé jaune et noir et son pantalon à pinces impeccablement repassé, on l’aurait cru plutôt volontiers, sorti tout droit d’un manoir de l’aristocratie anglaise et son allure tranchait visiblement au milieu de cette grotte, qui bien qu’aménagée, restait somme tout un peu brute. Assez grand, chauve, un nez aquilin et des petits yeux d’un gris glacial, il ressemblait étrangement au Magistrat, et quelqu’un qui ne le connaissait pas, pouvait aisément se tromper, si ce n’était par l’étrangeté de le trouver dans ce lieu. Le majordome se retira, discrètement.
- Vas- y, raconte- moi ! Ordonna Œil rouge.
- Hé bien voilà…Commença le petit homme.
Et il lui raconta ce qu’il venait d’apprendre dans la taverne de marins.
Œil rouge fronça les sourcils, puis se leva.
- Je te félicite compagnon, viens donc chercher ta prime, tu l’as bien méritée !
Et tout en lui disant cela, il l’entraîna vers le fond de la grotte. Là, s’ouvrait l’entrée d’une autre salle.
Le pirate avala sa salive, l’endroit semblait inquiétant, et il se demanda si finalement il avait bien fait de venir. N’allait- on pas plutôt l’occire en guise de récompense afin de ne pas partager le butin ? Ils passèrent entre deux stalagmites, et arrivèrent devant un homme à petites lunettes rondes penchait sur des rouleaux de parchemin.
- Trésorier ! Donne - lui une récompense, ordonna Œil rouge en s’adressant à celui ci.
- Bien capitaine, répondit —il d’un air machinal.
Il semblait habitué à ce genre de procédure.
Le petit rapporteur de nouvelles retrouva le sourire, et fut soulagé de voir le trésorier tirer d’une pile, un sac rempli de pièces d’or.
Œil rouge ne resta pas une minute de plus avec eux, et rejoignit aussitôt la pièce aux rideaux bleus où s’étaient dirigées ses deux compagnes quelques bonnes minutes plutôt.
Elles l’attendaient lascivement étendues sur un immense lit à baldaquins. Les draps couleur pêche et les coussins aux reflets chatoyants donnaient à la grotte un air très accueillant et confortable. Les chandeliers en or posés sur des meubles en bois finement travaillés, éclairaient la salle d’une douce lumière et la richesse du lieu étalait le butin de multiples larcins. Œil rouge ne se lassait pas de ce spectacle, et semblait captivé par ses créatures.
- Vous allez bientôt avoir de nouveaux bijoux mes colombes, dit- il avec un sourire qui laissait voir qu’il ne pouvait rien leur refuser.
- Merci mon Oeilinou, répondirent — elles en cœur.
Il s’assit sur le lit en compagnie de ces charmantes demoiselles, et tira sur un cordon qui pendait sur le côté du baldaquin.
Aussitôt le majordome passa la tête par le rideau
- Monsieur a appelé ?
- Oui, fais venir le capitaine de la garde, il faut que je lui parle.
- Bien monsieur, répondit celui-ci dont le flegme semblait inébranlable, et il tourna les talons.
dimanche 11 novembre 2007
Chapitre 13 musé
C’était le matin, d’un pas décidé, l’allure fière, Tungstene, Baliverne et Pathogène se dirigeaient vers le musée d’Atlantis. Tungstene avait gardé son habituelle veste trois quarts rouge, Pathogène dans son costume bleu Atlante avait jeté une cape écarlate sur ses épaules, et Baliverne avait endossé l’uniforme kaki des soldats d’Atlantide.
- Jouez bien le jeu, soyez fermes, dit Pathogène l’air inquiet.
Baliverne sourit, la perspective de se faire passer officiellement pour un soldat lui plaisait. Il avait toujours gardé une âme d’enfant. Tungstene lui était plus tendu. Il avala sa salive dans un « gloups » pas très rassuré. A l’intérieur de sa tête plein d’idées se bousculaient, une lourde responsabilité pesait sur ses épaules. C’était en bonne partie son plan ! Et il savait que si cela tournait mal, ils risquaient tous les trois d’avoir de graves ennuis.
Les graviers de l’allée crissaient sous leurs pieds, plusieurs sentinelles postées sur les grandes marches qui menaient au parvis du musée, surveillaient l’entrée principale du bâtiment.
Ils arrivèrent devant un soldat de garde.
Pathogène le salua.
- Salut soldat ! Voici les spécialistes chargés de surveiller les bijoux.
- Salut, répondit-il simplement puis tourna nonchalamment la tête pour voir Tungstene et Baliverne.
- Pas très respectueux ce petit, pensa Baliverne on va lui donner une leçon. Il prit un air sévère et aboya.
- Salut ! Divisionnaire Baliverne, service spécial d’Atlantide !
Tungstene l’imita aussitôt.
- Salut Divisionnaire principal Tungstene ! J’espère une bonne collaboration de votre part ! Où est le chef de garde ? Demanda Tungstene sur le même ton autoritaire.
Le soldat un peu secoué par cette démonstration de force, s’empressa de faire le salut militaire qui convenait pour marquer le respect qu’il devait à ses deux supérieurs hiérarchiques.
- C’est moi ! Vous pouvez compter sur nous mon divisionnaire, répondit-il penaud.
- Très bien ! Allons voir le directeur du musée ! Tu viens Baliverne ! S’écria Tungstene à l’adresse de celui-ci qui était en train de bavarder gentiment avec une jeune et jolie soldate qui gardait aussi le bâtiment.
Baliverne se renfrogna, fit un clin d’œil à la jeune fille l’air de dire « on se reverra » puis suivit Tungstene et Pathogène qui entraient déjà dans le musée.
Un petit homme replet, portant une longue toge rose et une cape rouge les reçut immédiatement.
Il s’inclina respectueusement devant Pathogène :
- Monsieur le sous - Magistrat, Messieurs bonjour.
-Monsieur le directeur, Tungstene et Baliverne, divisionnaires au service spécial de la police d’Atlantide, présenta solennellement Pathogène.
- Enchanté, répondit — il en bombant le torse.
- En voilà un avec qui il va falloir la jouer fine, pensa Tungstene. Son air faux jeton transpire par tous les pores de sa peau. Bonjour ! …Ne perdons pas de temps, allons voir la salle d’exposition, répondit-il d’un ton sans appel.
Tungstene ne voulait surtout rien laisser paraître de la mascarade. Un peu secoué par cet accueil si froid, le directeur les conduisit dans une immense salle d’exposition. Les murs étaient tous bordés par de grandes vitrines et un cordon doré délimitait une zone de protection, au-delà de laquelle les visiteurs ne devaient plus s’approcher.
- Voilà, les bijoux seront exposés dans ces vitrines, déclara le directeur du musée toujours renfrogné du manque de savoir vivre et de courtoise que lui avaient témoigné Tungstene et Baliverne par leur rudesse toute militaire.
Baliverne s’empressa d’examiner les lieux, Tungstene fit mine de réfléchir. Puis montrant une très grande place sur le milieu de la pièce, il demanda :
- Dites, il y avait quoi là ?
Le directeur parut étonné.
- Ben…Une grosse statue ! Pourquoi ?
- Parce qu’il y en aura une autre, répondit Tungstene avec un large sourire, tout content de lui.
- Une autre ? Mais..., dit le directeur qui semblait sur le point de défaillir, puis se reprenant :
- Non, non, non, artistiquement, on ne mélange pas des statues et des bijoux !!!
Aussi se tourna-t-il vers Pathogène espérant trouver en ce personnage raffiné de la haute société, le soutien d’un homme de goût. Monsieur le sous Magistrat, faites quelque chose ! Implora-t-il presque.
Pathogène ne sachant quoi répondre se tourna vers son beau-frère d’un air interrogatif.
- Peu m’importe, continua Tungstene. Il y en aura une ! Une très grande ! Insista— il. Et dans laquelle on se cachera ! Finit- il d’un air triomphant.
Le directeur du musée fit la grimace, mais devant l’accord du sous Magistrat n’ajouta rien de plus.
- Jouez bien le jeu, soyez fermes, dit Pathogène l’air inquiet.
Baliverne sourit, la perspective de se faire passer officiellement pour un soldat lui plaisait. Il avait toujours gardé une âme d’enfant. Tungstene lui était plus tendu. Il avala sa salive dans un « gloups » pas très rassuré. A l’intérieur de sa tête plein d’idées se bousculaient, une lourde responsabilité pesait sur ses épaules. C’était en bonne partie son plan ! Et il savait que si cela tournait mal, ils risquaient tous les trois d’avoir de graves ennuis.
Les graviers de l’allée crissaient sous leurs pieds, plusieurs sentinelles postées sur les grandes marches qui menaient au parvis du musée, surveillaient l’entrée principale du bâtiment.
Ils arrivèrent devant un soldat de garde.
Pathogène le salua.
- Salut soldat ! Voici les spécialistes chargés de surveiller les bijoux.
- Salut, répondit-il simplement puis tourna nonchalamment la tête pour voir Tungstene et Baliverne.
- Pas très respectueux ce petit, pensa Baliverne on va lui donner une leçon. Il prit un air sévère et aboya.
- Salut ! Divisionnaire Baliverne, service spécial d’Atlantide !
Tungstene l’imita aussitôt.
- Salut Divisionnaire principal Tungstene ! J’espère une bonne collaboration de votre part ! Où est le chef de garde ? Demanda Tungstene sur le même ton autoritaire.
Le soldat un peu secoué par cette démonstration de force, s’empressa de faire le salut militaire qui convenait pour marquer le respect qu’il devait à ses deux supérieurs hiérarchiques.
- C’est moi ! Vous pouvez compter sur nous mon divisionnaire, répondit-il penaud.
- Très bien ! Allons voir le directeur du musée ! Tu viens Baliverne ! S’écria Tungstene à l’adresse de celui-ci qui était en train de bavarder gentiment avec une jeune et jolie soldate qui gardait aussi le bâtiment.
Baliverne se renfrogna, fit un clin d’œil à la jeune fille l’air de dire « on se reverra » puis suivit Tungstene et Pathogène qui entraient déjà dans le musée.
Un petit homme replet, portant une longue toge rose et une cape rouge les reçut immédiatement.
Il s’inclina respectueusement devant Pathogène :
- Monsieur le sous - Magistrat, Messieurs bonjour.
-Monsieur le directeur, Tungstene et Baliverne, divisionnaires au service spécial de la police d’Atlantide, présenta solennellement Pathogène.
- Enchanté, répondit — il en bombant le torse.
- En voilà un avec qui il va falloir la jouer fine, pensa Tungstene. Son air faux jeton transpire par tous les pores de sa peau. Bonjour ! …Ne perdons pas de temps, allons voir la salle d’exposition, répondit-il d’un ton sans appel.
Tungstene ne voulait surtout rien laisser paraître de la mascarade. Un peu secoué par cet accueil si froid, le directeur les conduisit dans une immense salle d’exposition. Les murs étaient tous bordés par de grandes vitrines et un cordon doré délimitait une zone de protection, au-delà de laquelle les visiteurs ne devaient plus s’approcher.
- Voilà, les bijoux seront exposés dans ces vitrines, déclara le directeur du musée toujours renfrogné du manque de savoir vivre et de courtoise que lui avaient témoigné Tungstene et Baliverne par leur rudesse toute militaire.
Baliverne s’empressa d’examiner les lieux, Tungstene fit mine de réfléchir. Puis montrant une très grande place sur le milieu de la pièce, il demanda :
- Dites, il y avait quoi là ?
Le directeur parut étonné.
- Ben…Une grosse statue ! Pourquoi ?
- Parce qu’il y en aura une autre, répondit Tungstene avec un large sourire, tout content de lui.
- Une autre ? Mais..., dit le directeur qui semblait sur le point de défaillir, puis se reprenant :
- Non, non, non, artistiquement, on ne mélange pas des statues et des bijoux !!!
Aussi se tourna-t-il vers Pathogène espérant trouver en ce personnage raffiné de la haute société, le soutien d’un homme de goût. Monsieur le sous Magistrat, faites quelque chose ! Implora-t-il presque.
Pathogène ne sachant quoi répondre se tourna vers son beau-frère d’un air interrogatif.
- Peu m’importe, continua Tungstene. Il y en aura une ! Une très grande ! Insista— il. Et dans laquelle on se cachera ! Finit- il d’un air triomphant.
Le directeur du musée fit la grimace, mais devant l’accord du sous Magistrat n’ajouta rien de plus.
samedi 10 novembre 2007
Chapitre 14 les bijoux arrivent
Tungstene était fier de lui, l’illusion était parfaite, tout le monde les prenait Baliverne et lui, pour des hauts militaires. Quand à la salle, elle avait la taille suffisante pour accueillir la statue qu’ils avaient projetée d’installer. Sept mètres de hauteur, le triple de largeur, il n’y avait aucun problème. Ce détail-là l’avait tout de même assez perturbé ces derniers jours. En effet, Leur plan reposait principalement sur ce fait, et l’impossibilité d’installer leur planque ici, aurait posé de graves soucis.
Quelques jours plus tard, les bijoux arrivaient au port par voie maritime. Un immense bateau en bois les transportait ainsi que l’escouade de militaire qui avait été dépêché par Atlantide pour assurer leur sécurité durant le voyage.
Une foule impressionnante dont Tungstene et Pathogène s’était amassée sur le quai pour assister à cet événement.
- Dis donc il est chouette ce navire, il est à voiles ? Demanda Tungstene admiratif.
- Oui, à voiles solaires et à moteur, répondit Pathogène d’un air hautain, empressé une fois de plus de se vanter, comme s’il en était le propriétaire. Sans parler de ses canons, un des plus sûrs vaisseaux d’Atlantide, rajouta-t- il.
Tungstene siffla d’admiration :
- Ils ont pris de sacrées précautions ! Puis apercevant son ami dans la foule en train de montrer patte blanche aux gardes de service : Tiens voilà Baliverne !
Pathogène n’avait même pas fini de l’écouter et se lançait dans des explications plus approfondies :
- Des précautions, tu parles ! C’est une des plus fabuleuses collections de bijoux !!! Si on la perd…
Mais Tungstene ne le laissa pas finir, il en avait déjà assez de son beau - frère.
- On fera attention ! Dit —il en souriant, et il serra la main de Baliverne.
- Venez voir ! La statue est finie d’installer, dit celui-ci.
- Elle est belle au moins ? Demanda Tungstene qui ne l’avait pas encore vue.
- Au poil ! Répondit Baliverne avec un air amusé qui ne rassura pas Tungstene.
Il redoutait le côté joueur, un peu particulier, que son ami avait parfois.
Quelques jours plus tard, les bijoux arrivaient au port par voie maritime. Un immense bateau en bois les transportait ainsi que l’escouade de militaire qui avait été dépêché par Atlantide pour assurer leur sécurité durant le voyage.
Une foule impressionnante dont Tungstene et Pathogène s’était amassée sur le quai pour assister à cet événement.
- Dis donc il est chouette ce navire, il est à voiles ? Demanda Tungstene admiratif.
- Oui, à voiles solaires et à moteur, répondit Pathogène d’un air hautain, empressé une fois de plus de se vanter, comme s’il en était le propriétaire. Sans parler de ses canons, un des plus sûrs vaisseaux d’Atlantide, rajouta-t- il.
Tungstene siffla d’admiration :
- Ils ont pris de sacrées précautions ! Puis apercevant son ami dans la foule en train de montrer patte blanche aux gardes de service : Tiens voilà Baliverne !
Pathogène n’avait même pas fini de l’écouter et se lançait dans des explications plus approfondies :
- Des précautions, tu parles ! C’est une des plus fabuleuses collections de bijoux !!! Si on la perd…
Mais Tungstene ne le laissa pas finir, il en avait déjà assez de son beau - frère.
- On fera attention ! Dit —il en souriant, et il serra la main de Baliverne.
- Venez voir ! La statue est finie d’installer, dit celui-ci.
- Elle est belle au moins ? Demanda Tungstene qui ne l’avait pas encore vue.
- Au poil ! Répondit Baliverne avec un air amusé qui ne rassura pas Tungstene.
Il redoutait le côté joueur, un peu particulier, que son ami avait parfois.
vendredi 9 novembre 2007
Chapitre 15 une statue aux poils
Les voilà qui déambulaient donc déjà dans les couloirs du musée. Malgré les merveilles exposées, Tungstene n’arrivait pas à en profiter, le sourire qu’arborait Baliverne le laissait toujours inquiet.
Baliverne ressentit les craintes de son ami et le rassura :
- Tu verras c’est de l’art moderne… Toute en bois !
- Une statue en bois ??? S’étonna Tungstene
- Oui, c’est très moderne.
Cela ne rassurait pas vraiment Tungstene, mais d’un autre côté, c’était Hallucinogene qui l’avait faite, et il savait qu’il pouvait compter sur elle. Hallucinogene était une fille sérieuse, et même si elle avait quelques fois un côté extravagant, elle n’aurait rien fait qui puisse compromettre leur plan à tous les trois. Il regrettait bien qu’elle n’eût pu venir mettre tout cela en place avec eux. En effet, sa charge de travail étant trop importante, elle n’avait pas pu se libérer.
Tiens ! Voilà que le fait de penser à elle ravigota Tungstene, son ventre se serra un peu tout de même, l’ambiguïté de leur sentiment étant toujours présente. De toute façon il n’allait pas tarder à savoir comment était cette fameuse statue puisqu’ils arrivaient devant les portes battantes de la salle d’exposition.
- Alors pas mal non ? Demanda Baliverne une fois qu’ils furent entrés.
Un immense cheval de bois trônait au milieu de la pièce. Quatre mètres de hauteur, cinq de large, et autant de long. Dans une position on ne peut plus inhabituelle pour ce genre d’équidé, puisqu’il était assis sur ses pattes postérieures, une antérieure repliée lui soutenant la tête, en penseur de Rodin. Tungstene resta sans voix, étonné par la taille et l’impression que dégageait ce colosse créé par son amie.
- Et puis viens voir, il est aménagé, continua Baliverne qui enjambait déjà le cordon de sécurité pour s’en approcher.
Il s’avança près du ventre du cheval.
- Regarde, tu appuies là, et hop ! Ca ouvre la porte, tout en disant cela, il pressa sur le noeud d’une planche.
Un petit clic se fit entendre. Baliverne poussa, et une ouverture suffisamment grande pour les laisser s’introduire dans le corps de la bête apparut devant les yeux étonnés de Tungstene.
- Alors tu viens ? Demanda- t-il alors qu’il était déjà à l’intérieur.
- Ha ben ouais !... Pas mal ! Finit par dire Tungstene qui passait sa tête par la porte.
- Tu vois, couchette, table, chaises, énumérait Baliverne en faisant la visite. Et passant par une autre porte :
- Petite douche, wc, le tout alimenté par une réserve d’eau là, haut dessus, dit- il en désignant le plafond.
- Et ça ? Demanda Tungstene en montrant une immense vitre sur le côté.
- Une invention du sage ! Des miroirs extérieurs cachés dans les yeux, qui envoient le reflet de la salle d’expo sur cet écran.
Une fois de plus Hallucinogene avait fait un boulot génial. Tungstene était conquis.
- Super, on pourra …Commença-t-il, avant d’être interrompu par un rugissement venant de l’extérieur.
- QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE HORREUR !!!!! S’écria le conservateur du musée, lâchant ensuite une flopée de jurons.
Il s’attaqua au cordon de sécurité, secouant sans précaution la corde dorée, et jetant à tout va les plots qui la maintenaient.
- VOUS ALLEZ ME VIRER CE TRUC DE MON MUSEE ET VITE !!!! Hurla —t-il.
Sur ce fait Pathogène arriva.
- Que se passe t —il ? Demanda t-il étonné.
Le directeur du musée le voyant baissa un peu le ton :
- Monsieur le sous - Magistrat, j’exige que…
Mais Pathogène ne le laissa pas continuer, ces mots avaient fait tilt ! Il était le numéro deux du gouvernement d’Atlantis et n’allait pas se laisser exiger quoi que ce soit ! Son orgueil en prenait un coup, et il fut piqué au vif.
- Il suffit, je vous ordonne de coopérer ! Siffla t-il les dents serrées de rage !
Le directeur ferma les points, ses phalanges blanchirent, sa paupière agitée de tics nerveux clignait rapidement. On sentait bouillir en lui une fureur contenue, mais il n’osa pas s’opposer au sous —Magistrat.
- Je me plaindrai au Magistrat, finit —il par lâcher dans un souffle, en tournant le dos et en s’éloignant, vert de colère.
Pathogène regarda partir le directeur, puis se tourna vers cet immense cheval dans sa posture si grotesque, et s’en voulut un peu de n’avoir pas su garder son calme.
- Alors là Tungstene, si ton idée ne marche pas, ma carrière est foutue ! Lui adressa t-il sur un air de reproche.
- Ben… Se contenta de répondre Tungstene qui comprenait sa réaction mais ne voulait pas critiquer le travail de sa chère Hallucinogene.
Baliverne ressentit les craintes de son ami et le rassura :
- Tu verras c’est de l’art moderne… Toute en bois !
- Une statue en bois ??? S’étonna Tungstene
- Oui, c’est très moderne.
Cela ne rassurait pas vraiment Tungstene, mais d’un autre côté, c’était Hallucinogene qui l’avait faite, et il savait qu’il pouvait compter sur elle. Hallucinogene était une fille sérieuse, et même si elle avait quelques fois un côté extravagant, elle n’aurait rien fait qui puisse compromettre leur plan à tous les trois. Il regrettait bien qu’elle n’eût pu venir mettre tout cela en place avec eux. En effet, sa charge de travail étant trop importante, elle n’avait pas pu se libérer.
Tiens ! Voilà que le fait de penser à elle ravigota Tungstene, son ventre se serra un peu tout de même, l’ambiguïté de leur sentiment étant toujours présente. De toute façon il n’allait pas tarder à savoir comment était cette fameuse statue puisqu’ils arrivaient devant les portes battantes de la salle d’exposition.
- Alors pas mal non ? Demanda Baliverne une fois qu’ils furent entrés.
Un immense cheval de bois trônait au milieu de la pièce. Quatre mètres de hauteur, cinq de large, et autant de long. Dans une position on ne peut plus inhabituelle pour ce genre d’équidé, puisqu’il était assis sur ses pattes postérieures, une antérieure repliée lui soutenant la tête, en penseur de Rodin. Tungstene resta sans voix, étonné par la taille et l’impression que dégageait ce colosse créé par son amie.
- Et puis viens voir, il est aménagé, continua Baliverne qui enjambait déjà le cordon de sécurité pour s’en approcher.
Il s’avança près du ventre du cheval.
- Regarde, tu appuies là, et hop ! Ca ouvre la porte, tout en disant cela, il pressa sur le noeud d’une planche.
Un petit clic se fit entendre. Baliverne poussa, et une ouverture suffisamment grande pour les laisser s’introduire dans le corps de la bête apparut devant les yeux étonnés de Tungstene.
- Alors tu viens ? Demanda- t-il alors qu’il était déjà à l’intérieur.
- Ha ben ouais !... Pas mal ! Finit par dire Tungstene qui passait sa tête par la porte.
- Tu vois, couchette, table, chaises, énumérait Baliverne en faisant la visite. Et passant par une autre porte :
- Petite douche, wc, le tout alimenté par une réserve d’eau là, haut dessus, dit- il en désignant le plafond.
- Et ça ? Demanda Tungstene en montrant une immense vitre sur le côté.
- Une invention du sage ! Des miroirs extérieurs cachés dans les yeux, qui envoient le reflet de la salle d’expo sur cet écran.
Une fois de plus Hallucinogene avait fait un boulot génial. Tungstene était conquis.
- Super, on pourra …Commença-t-il, avant d’être interrompu par un rugissement venant de l’extérieur.
- QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE HORREUR !!!!! S’écria le conservateur du musée, lâchant ensuite une flopée de jurons.
Il s’attaqua au cordon de sécurité, secouant sans précaution la corde dorée, et jetant à tout va les plots qui la maintenaient.
- VOUS ALLEZ ME VIRER CE TRUC DE MON MUSEE ET VITE !!!! Hurla —t-il.
Sur ce fait Pathogène arriva.
- Que se passe t —il ? Demanda t-il étonné.
Le directeur du musée le voyant baissa un peu le ton :
- Monsieur le sous - Magistrat, j’exige que…
Mais Pathogène ne le laissa pas continuer, ces mots avaient fait tilt ! Il était le numéro deux du gouvernement d’Atlantis et n’allait pas se laisser exiger quoi que ce soit ! Son orgueil en prenait un coup, et il fut piqué au vif.
- Il suffit, je vous ordonne de coopérer ! Siffla t-il les dents serrées de rage !
Le directeur ferma les points, ses phalanges blanchirent, sa paupière agitée de tics nerveux clignait rapidement. On sentait bouillir en lui une fureur contenue, mais il n’osa pas s’opposer au sous —Magistrat.
- Je me plaindrai au Magistrat, finit —il par lâcher dans un souffle, en tournant le dos et en s’éloignant, vert de colère.
Pathogène regarda partir le directeur, puis se tourna vers cet immense cheval dans sa posture si grotesque, et s’en voulut un peu de n’avoir pas su garder son calme.
- Alors là Tungstene, si ton idée ne marche pas, ma carrière est foutue ! Lui adressa t-il sur un air de reproche.
- Ben… Se contenta de répondre Tungstene qui comprenait sa réaction mais ne voulait pas critiquer le travail de sa chère Hallucinogene.
jeudi 8 novembre 2007
Chapitre 16 étrange comportement
Ainsi donc la cérémonie d’ouverture de l’exposition arriva.
- …Et je proclame donc cette exposition de bijoux…ouverte ! Déclarait Pathogène debout sur une estrade, posée au milieu de la salle d’exposition.
Une foule de journalistes et de personnalités était là à l’écouter. Le directeur du musée le regardait d’un mauvais oeil, mais affichait un sourire forcé de complaisance. Les flashs des appareils photos crépitèrent, et les bravos retentirent jusqu’au moment où ce que redoutait Pathogène se produisit. Un journaliste se leva et demanda :
- Pouvez - vous nous dire d’où vient cette statue de cheval ?
Pathogène fit mine de ne rien avoir entendu :
- Hé…bien les bijoux appartiennent à des collectionneurs…
- Oui mais la statue là, l’interrompit le journaliste.
Le cerveau politicien de Pathogène se mit à travailler à toute vitesse pour trouver une bonne explication :
- Heu… C’est une œuvre étrangère d’un style nouveau…Mais là n’est pas la …Dit- il sans finir sa phrase, étonné par ce qui se passait dans la salle.
Les journalistes s’étaient tous retournés pour photographier la statue, s’exclamant tous par des « bravo », des « génial », allant même à « fantastique, cet artiste a du génie ! »
Tungstene et Baliverne qui observaient la scène depuis l’intérieur du cheval étaient sidérés!
- Mais ils sont fous, qu’est- ce qu’ils lui trouvent ?
La cérémonie se poursuivit ainsi, jusqu’à l’heure de la fermeture au public, le gigantesque cheval semblant toujours provoquer une étrange fascination sur la foule.
Tungstene et Baliverne commençaient à trouver le temps long. Rester enfermés dans quelques mètres carrés, même bien aménagés, ne s’avérait pas très passionnant. Ils essayaient bien de tuer le temps en jouant aux cartes, mais l’envie n’était pas au rendez-vous.
- Voilà une journée de passée ! Dit Tungstene en abattant un roi sur le sept de Baliverne.
- J’espère que notre piège fonctionnera ! Répondit celui-ci, l’air morne.
- Oui qu’on ne soit pas obligés de rester trop longtemps là dedans ! Ajouta Tungstene. En tous cas, on aura intérêt à ouvrir l’œil !
Et comme si le destin les avait entendus, ce qu’ils semblaient attendre arriva.
- Hé mais qui sont ces deux-là ! S’écria Baliverne en pointant du doigt deux étranges individus sur l’écran.
Deux hommes s’approchaient des vitrines. L’un était brun barbu, l’autre blond avec les cheveux longs attachés en queue de cheval. Ils avaient une mine qui n’inspirait pas confiance. Ils enjambèrent le cordon de sécurité.
- Fais attention, c’est sûrement sous alarme, prévint le barbu.
A l’intérieur du cheval l’inquiétude grandissait, Tungstene se précipita vers le bouton d’alarme, prêt à appuyer pour alerter des renforts au cas où. Son cœur battait plus vite, tous ses sens étaient en éveil. Ses yeux scrutaient les poches de leurs habits, si ces hommes étaient bien les pirates qu’ils cherchaient, leur coquillage magique devait être sur eux.
- Ben je sais pas ! Répondit Tungstene interrogatif à la question de Baliverne. Attendons de voir ce qu’ils font.
Les deux gars étaient toujours près des vitrines, se penchant dessus.
- Hé y sont beaux ! Dit le blond qui semblait en admiration devant la collection de pierres précieuses.
- Allez viens, on a du boulot ! Répondit le barbu d’un air décidé.
Il semblait être le chef. Il enjamba à nouveau le cordon de sécurité.
- Et t’approche pas tu vas faire sonner ! Ajouta —il à l’encontre de son compagnon.
Mais tout en disant cela, son pied accrocha la corde dorée, il tira pour se dégager et perdit l’équilibre. Ses bras firent de grands moulinés. Il chercha désespérément à retrouver sa stabilité, mais il s’abattit de tout son long contre le sol. Il jura comme un charretier. Le blond éclata de rire. Il passa tranquillement sous le cordon, prit un balai brosse, un seau d’eau et dit en prenant un air supérieur :
- Quand tu seras debout on pourra peut être faire le ménage !!!! Et il éclata de rire une nouvelle fois.
Le barbu le fusilla du regard ! Il plia le bras pour se relever, et prit appui sur un des plots du cordon de sécurité qu’il avait fait tomber dans sa chute. Mais sous le poids le plot se mit à rouler et le barbu fit un vol plané de plus.
- Aï ! Là ! J’irai pas plus bas nom de… Souffla —t-il au milieu d’autres injures.
- Ha ! Ha ! Ha ! Ce sont juste les nettoyeurs ! Dit Tungstene soulagé, en riant de bon coeur.
Ils continuèrent encore un moment la surveillance, puis la fatigue de la journée se fit sentir.
- Bon ! Si on allait se coucher ? Proposa Baliverne en baillant.
- Oui, bonne idée ! Je n’en peux plus.
- …Et je proclame donc cette exposition de bijoux…ouverte ! Déclarait Pathogène debout sur une estrade, posée au milieu de la salle d’exposition.
Une foule de journalistes et de personnalités était là à l’écouter. Le directeur du musée le regardait d’un mauvais oeil, mais affichait un sourire forcé de complaisance. Les flashs des appareils photos crépitèrent, et les bravos retentirent jusqu’au moment où ce que redoutait Pathogène se produisit. Un journaliste se leva et demanda :
- Pouvez - vous nous dire d’où vient cette statue de cheval ?
Pathogène fit mine de ne rien avoir entendu :
- Hé…bien les bijoux appartiennent à des collectionneurs…
- Oui mais la statue là, l’interrompit le journaliste.
Le cerveau politicien de Pathogène se mit à travailler à toute vitesse pour trouver une bonne explication :
- Heu… C’est une œuvre étrangère d’un style nouveau…Mais là n’est pas la …Dit- il sans finir sa phrase, étonné par ce qui se passait dans la salle.
Les journalistes s’étaient tous retournés pour photographier la statue, s’exclamant tous par des « bravo », des « génial », allant même à « fantastique, cet artiste a du génie ! »
Tungstene et Baliverne qui observaient la scène depuis l’intérieur du cheval étaient sidérés!
- Mais ils sont fous, qu’est- ce qu’ils lui trouvent ?
La cérémonie se poursuivit ainsi, jusqu’à l’heure de la fermeture au public, le gigantesque cheval semblant toujours provoquer une étrange fascination sur la foule.
Tungstene et Baliverne commençaient à trouver le temps long. Rester enfermés dans quelques mètres carrés, même bien aménagés, ne s’avérait pas très passionnant. Ils essayaient bien de tuer le temps en jouant aux cartes, mais l’envie n’était pas au rendez-vous.
- Voilà une journée de passée ! Dit Tungstene en abattant un roi sur le sept de Baliverne.
- J’espère que notre piège fonctionnera ! Répondit celui-ci, l’air morne.
- Oui qu’on ne soit pas obligés de rester trop longtemps là dedans ! Ajouta Tungstene. En tous cas, on aura intérêt à ouvrir l’œil !
Et comme si le destin les avait entendus, ce qu’ils semblaient attendre arriva.
- Hé mais qui sont ces deux-là ! S’écria Baliverne en pointant du doigt deux étranges individus sur l’écran.
Deux hommes s’approchaient des vitrines. L’un était brun barbu, l’autre blond avec les cheveux longs attachés en queue de cheval. Ils avaient une mine qui n’inspirait pas confiance. Ils enjambèrent le cordon de sécurité.
- Fais attention, c’est sûrement sous alarme, prévint le barbu.
A l’intérieur du cheval l’inquiétude grandissait, Tungstene se précipita vers le bouton d’alarme, prêt à appuyer pour alerter des renforts au cas où. Son cœur battait plus vite, tous ses sens étaient en éveil. Ses yeux scrutaient les poches de leurs habits, si ces hommes étaient bien les pirates qu’ils cherchaient, leur coquillage magique devait être sur eux.
- Ben je sais pas ! Répondit Tungstene interrogatif à la question de Baliverne. Attendons de voir ce qu’ils font.
Les deux gars étaient toujours près des vitrines, se penchant dessus.
- Hé y sont beaux ! Dit le blond qui semblait en admiration devant la collection de pierres précieuses.
- Allez viens, on a du boulot ! Répondit le barbu d’un air décidé.
Il semblait être le chef. Il enjamba à nouveau le cordon de sécurité.
- Et t’approche pas tu vas faire sonner ! Ajouta —il à l’encontre de son compagnon.
Mais tout en disant cela, son pied accrocha la corde dorée, il tira pour se dégager et perdit l’équilibre. Ses bras firent de grands moulinés. Il chercha désespérément à retrouver sa stabilité, mais il s’abattit de tout son long contre le sol. Il jura comme un charretier. Le blond éclata de rire. Il passa tranquillement sous le cordon, prit un balai brosse, un seau d’eau et dit en prenant un air supérieur :
- Quand tu seras debout on pourra peut être faire le ménage !!!! Et il éclata de rire une nouvelle fois.
Le barbu le fusilla du regard ! Il plia le bras pour se relever, et prit appui sur un des plots du cordon de sécurité qu’il avait fait tomber dans sa chute. Mais sous le poids le plot se mit à rouler et le barbu fit un vol plané de plus.
- Aï ! Là ! J’irai pas plus bas nom de… Souffla —t-il au milieu d’autres injures.
- Ha ! Ha ! Ha ! Ce sont juste les nettoyeurs ! Dit Tungstene soulagé, en riant de bon coeur.
Ils continuèrent encore un moment la surveillance, puis la fatigue de la journée se fit sentir.
- Bon ! Si on allait se coucher ? Proposa Baliverne en baillant.
- Oui, bonne idée ! Je n’en peux plus.
mercredi 7 novembre 2007
Chapitre 17 tourment
La nuit peuplée de rêves où des pirates venaient se mêler aux discours politiques, céda vite sa place au petit matin.
- Dis donc, Gennie doit passer, non ? Demanda Baliverne de la pièce principale.
- Oui tout à l’heure, répondit Tungstene qui faisait sa toilette.
Baliverne passa la tête par la porte.
- Ho !... Je me disais aussi pour que tu te rases ! Rétorqua son ami avec un sourire en coin.
Tungstene sentit le rouge lui monter aux joues.
- Ça n’a aucun rapport…Je me rase c’est tout, dit- il d’un ton faussement assuré.
Mais sa gorge se serra, s’il ne pouvait pas cacher l’ambiguïté de son affection pour Hallucinogene à Baliverne, peut - être qu’elle aussi avait deviné.
- Ouais, ouais ! Hé hé hé … Répondit Baliverne en clignant de l’œil d’un air entendu. - Avoue qu’elle te plaît bien quand même !
Tungstene s’empourpra de plus belle.
- Elle est mignonne oui ! Mais c’est tout, dit- il en espérant sans trop y croire cacher ses sentiments à son copain de toujours.
- Mais oui !...Hé hé hé ! Rit Baliverne en quittant la salle de bain.
Tungstene s’inquiéta.
- Et quand elle sera là, je ne veux entendre aucune insinuation … Compris !
Le temps fila à toute allure. Il y avait peu de monde dans la salle d’exposition, et après s’être assurée que personne ne la regardait faire Hallucinogene frappa à la porte du cheval.
« TOC, TOC, TOC… »
Tungstene se précipita.
- Je vais ouvrir, dit- il d’une voix fleurie d’émotion.
Baliverne sourit à son ami.
- C’est ça vas-y…
Tungstene ouvrit la porte, Hallucinogene apparut par l’entrebâillement. Elle avait, elle aussi cherché à se rendre la plus belle possible. Et cela marchait très bien, elle était d’une beauté renversante.
- Bonjour Génnie, l’accueillit gentiment Tungstene.
Elle resta avec eux une bonne partie de la matinée. Elle leur apportait les nouvelles de l’extérieur, et leur tenait aussi compagnie, échangeant des sourires charmeurs et une complicité entendue avec Tungstene. Elle aurait aimé que cela dure plus longtemps. Elle était bien avec eux, mais en même temps, quelque chose la chiffonnait, sans savoir trop quoi. Elle n’arrivait pas à analyser cette retenue qu’elle avait envers son ami, et décelait en même temps chez lui un comportement identique. Ce n’était pas le premier garçon qui lui plaisait, et d’ordinaire elle allait sans problème droit au but avec eux. Hallucinogene était une fille décidée et volontaire qui savait que dans la vie, comme elle aimait à le répéter, « lorsqu’on veut quelque chose, il faut se bouger pour l’avoir, ça ne tombe pas tout cru dans l’assiette » Elle avait toujours cru en son proverbe, et malgré les échecs sentimentaux qui en avaient résulté parfois, elle ne regrettait rien.
Midi était arrivé, elle s’extirpa du cheval de la même façon qu’elle y était entrée et sortit du musée.
Ses propres paroles raisonnaient encore dans sa tête.
- Et si en fait, je ne le voulais pas vraiment alors ??? S’écria — t — elle au milieu de la rue.
Les passants se retournèrent, quelques-uns se mirent à rire en la voyant parler toute seule.
Hallucinogene s’en rendit compte. Elle rougit confuse de s’être laissée emporter à penser tout haut. Elle baissa la tête, un peu honteuse et accéléra le pas. Il ne lui fallut pas très longtemps pour arriver chez elle. Elle passa la porte.
- Zut ! Dit- elle, je suis trop conne !
Son cerveau était en ébullition. Elle savait maintenant pourquoi elle retenait autant ses sentiments. Elle avait peur ! Peur de perdre son ami d’enfance, peur de perdre leur amitié, peur de perdre leur trio. Si elle sortait avec Tungstene et que cela se passait mal, plus rien ne serait jamais comme avant. Et en même temps…son cœur lui disait « Vas-y aime-le ! » Ses mains qui devenaient moites, ses jambes qui trépignaient rien qu’à l’idée d’aller le voir, son cœur qui palpitait plus vite. Visiblement c’était plus que de l’amitié ! Alors que faire ?
Elle aurait aimé en parler à quelqu’un. Oui mais qui ? Toutes ses copines étaient restées sur Atlantide. Ici cela ne faisait que quelques semaines qu’elle y était revenue, et ses copines d’enfance même si elle ne s’était pas fâchée avec, la distance les avait séparées, et elle n’avait gardé que de vagues contacts avec elles. Pas suffisant en tous cas pour aller leur parler de ses problèmes de cœur.
Elle s’écroula dans son fauteuil. Elle avait l’impression d’être redevenue une ado qui n’arrivait pas à gérer ses histoires d’amour.
-Tant pis ! Pensa — t — elle, même si je suis ridicule.
Elle saisit le téléphone, composa le numéro. Elle attendit un court instant et une voix lui répondit :
- Allo !
C’était un homme, Hallucinogene ne s’y attendait pas, prise au dépourvu, elle bredouilla :
- Bonjour, je voudrais parler à Julia s’il vous plait.
- Elle est en consultation, puis — je faire quelque chose pour vous ? C’est pour un rendez-vous ? Demanda l’homme du téléphone.
Julia était sa meilleure amie à la fac de médecine, elles avaient à cette époque l’habitude de partager leurs expériences sentimentales et n’avaient pas de secret l’une pour l’autre. Le système éducatif Atlante était très préformant, aussi les études de sage se commençaient plus tôt et se faisaient dans un temps bien plus court que celui de nos médecins actuels. Mais elles avaient grandi depuis, et ses dix-sept ans lui semblaient bien loin.
- Madame ? C’est pour un rendez — vous ? Répéta l’homme qui commençait à s’impatienter.
- Non je suis une amie,… merci,… je rappellerai plus tard ! Dit- elle d’un air attristé. Au revoir.
Hallucinogene allait raccrocher lorsque l’homme s’écria par le combiné :
- Attendez, elle sort du cabinet, je vous la passe !
Hallucinogene se redressa d’un bon, un grand sourire aux lèvres.
- Allo ? Demanda une douce voix féminine.
- Julia ? Demanda Hallucinogene émue et soulagée d’entendre la voix de son amie. Une larme perla au coin de ses yeux. - J’ai besoin de toi …Ajouta — t — elle.
- Dis donc, Gennie doit passer, non ? Demanda Baliverne de la pièce principale.
- Oui tout à l’heure, répondit Tungstene qui faisait sa toilette.
Baliverne passa la tête par la porte.
- Ho !... Je me disais aussi pour que tu te rases ! Rétorqua son ami avec un sourire en coin.
Tungstene sentit le rouge lui monter aux joues.
- Ça n’a aucun rapport…Je me rase c’est tout, dit- il d’un ton faussement assuré.
Mais sa gorge se serra, s’il ne pouvait pas cacher l’ambiguïté de son affection pour Hallucinogene à Baliverne, peut - être qu’elle aussi avait deviné.
- Ouais, ouais ! Hé hé hé … Répondit Baliverne en clignant de l’œil d’un air entendu. - Avoue qu’elle te plaît bien quand même !
Tungstene s’empourpra de plus belle.
- Elle est mignonne oui ! Mais c’est tout, dit- il en espérant sans trop y croire cacher ses sentiments à son copain de toujours.
- Mais oui !...Hé hé hé ! Rit Baliverne en quittant la salle de bain.
Tungstene s’inquiéta.
- Et quand elle sera là, je ne veux entendre aucune insinuation … Compris !
Le temps fila à toute allure. Il y avait peu de monde dans la salle d’exposition, et après s’être assurée que personne ne la regardait faire Hallucinogene frappa à la porte du cheval.
« TOC, TOC, TOC… »
Tungstene se précipita.
- Je vais ouvrir, dit- il d’une voix fleurie d’émotion.
Baliverne sourit à son ami.
- C’est ça vas-y…
Tungstene ouvrit la porte, Hallucinogene apparut par l’entrebâillement. Elle avait, elle aussi cherché à se rendre la plus belle possible. Et cela marchait très bien, elle était d’une beauté renversante.
- Bonjour Génnie, l’accueillit gentiment Tungstene.
Elle resta avec eux une bonne partie de la matinée. Elle leur apportait les nouvelles de l’extérieur, et leur tenait aussi compagnie, échangeant des sourires charmeurs et une complicité entendue avec Tungstene. Elle aurait aimé que cela dure plus longtemps. Elle était bien avec eux, mais en même temps, quelque chose la chiffonnait, sans savoir trop quoi. Elle n’arrivait pas à analyser cette retenue qu’elle avait envers son ami, et décelait en même temps chez lui un comportement identique. Ce n’était pas le premier garçon qui lui plaisait, et d’ordinaire elle allait sans problème droit au but avec eux. Hallucinogene était une fille décidée et volontaire qui savait que dans la vie, comme elle aimait à le répéter, « lorsqu’on veut quelque chose, il faut se bouger pour l’avoir, ça ne tombe pas tout cru dans l’assiette » Elle avait toujours cru en son proverbe, et malgré les échecs sentimentaux qui en avaient résulté parfois, elle ne regrettait rien.
Midi était arrivé, elle s’extirpa du cheval de la même façon qu’elle y était entrée et sortit du musée.
Ses propres paroles raisonnaient encore dans sa tête.
- Et si en fait, je ne le voulais pas vraiment alors ??? S’écria — t — elle au milieu de la rue.
Les passants se retournèrent, quelques-uns se mirent à rire en la voyant parler toute seule.
Hallucinogene s’en rendit compte. Elle rougit confuse de s’être laissée emporter à penser tout haut. Elle baissa la tête, un peu honteuse et accéléra le pas. Il ne lui fallut pas très longtemps pour arriver chez elle. Elle passa la porte.
- Zut ! Dit- elle, je suis trop conne !
Son cerveau était en ébullition. Elle savait maintenant pourquoi elle retenait autant ses sentiments. Elle avait peur ! Peur de perdre son ami d’enfance, peur de perdre leur amitié, peur de perdre leur trio. Si elle sortait avec Tungstene et que cela se passait mal, plus rien ne serait jamais comme avant. Et en même temps…son cœur lui disait « Vas-y aime-le ! » Ses mains qui devenaient moites, ses jambes qui trépignaient rien qu’à l’idée d’aller le voir, son cœur qui palpitait plus vite. Visiblement c’était plus que de l’amitié ! Alors que faire ?
Elle aurait aimé en parler à quelqu’un. Oui mais qui ? Toutes ses copines étaient restées sur Atlantide. Ici cela ne faisait que quelques semaines qu’elle y était revenue, et ses copines d’enfance même si elle ne s’était pas fâchée avec, la distance les avait séparées, et elle n’avait gardé que de vagues contacts avec elles. Pas suffisant en tous cas pour aller leur parler de ses problèmes de cœur.
Elle s’écroula dans son fauteuil. Elle avait l’impression d’être redevenue une ado qui n’arrivait pas à gérer ses histoires d’amour.
-Tant pis ! Pensa — t — elle, même si je suis ridicule.
Elle saisit le téléphone, composa le numéro. Elle attendit un court instant et une voix lui répondit :
- Allo !
C’était un homme, Hallucinogene ne s’y attendait pas, prise au dépourvu, elle bredouilla :
- Bonjour, je voudrais parler à Julia s’il vous plait.
- Elle est en consultation, puis — je faire quelque chose pour vous ? C’est pour un rendez-vous ? Demanda l’homme du téléphone.
Julia était sa meilleure amie à la fac de médecine, elles avaient à cette époque l’habitude de partager leurs expériences sentimentales et n’avaient pas de secret l’une pour l’autre. Le système éducatif Atlante était très préformant, aussi les études de sage se commençaient plus tôt et se faisaient dans un temps bien plus court que celui de nos médecins actuels. Mais elles avaient grandi depuis, et ses dix-sept ans lui semblaient bien loin.
- Madame ? C’est pour un rendez — vous ? Répéta l’homme qui commençait à s’impatienter.
- Non je suis une amie,… merci,… je rappellerai plus tard ! Dit- elle d’un air attristé. Au revoir.
Hallucinogene allait raccrocher lorsque l’homme s’écria par le combiné :
- Attendez, elle sort du cabinet, je vous la passe !
Hallucinogene se redressa d’un bon, un grand sourire aux lèvres.
- Allo ? Demanda une douce voix féminine.
- Julia ? Demanda Hallucinogene émue et soulagée d’entendre la voix de son amie. Une larme perla au coin de ses yeux. - J’ai besoin de toi …Ajouta — t — elle.
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