mardi 13 novembre 2007

Chapitre 11 mise en place

Quelques jours plus tard, une porte s’ouvrit sur un soldat bedonnant. Un uniforme kaki, un pantalon bleu, des bottes en cuir noir montant jusqu’aux cuisses que battait l’épée accrochée à sa ceinture. Une cape rouge écarlate jetée sur ses épaules, il franchissait l’entrée de cette taverne mal famée, comme s’il était chez lui : en sifflotant. L’atmosphère brumeuse des marins qui fumaient la pipe et le sentiment de dangerosité qui semblait transpirer par tous les clients ne paraissaient pas l’inquiéter le moins du monde. Il regarda autour de lui comme s’il cherchait quelque chose, puis se dirigea droit vers le centre de la pièce. Les regards s’étaient tournés vers lui. Le silence se fit, tous semblaient attendre ce qui allait se passer. Il dégaina d’un geste rapide et précis son outil. Personne n’eut le temps de voir d’où il l’avait sorti mais déjà, il l’abattait avec violence. Heurtant sans ménagement la tête, il enfonçait sans le moindre effort un gros clou dans le pilier central qui soutenait le plafond. Il planta un deuxième clou plus bas afin d’empêcher l’affiche qu’il venait de poser de s’enrouler sur elle-même. Son travail était fini, il ramassa les quelques rouleaux qui restaient encore à poser et sortit. Aussitôt, la clientèle se rapprocha de l’affiche afin de lire ce qui y était inscrit. Un grand barbu lut à haute voix
- Une exposition de bijoux ! Mais qu’est- ce qu’on s’en fiche nous ! S’exclama t il.
La majorité de la petite assemblée renchérit dans son sens, en profitant même pour critiquer un peu le gouvernement de l’île voire même celui d’Atlantide puisque tout dépendait d’elle. Il faut dire que la vie de marin n’était pas facile, et ces derniers temps le cours du poisson avait baissé, rajoutant à la dureté financière habituelle. Cet étalage de richesse ne pouvait donc susciter que du dégoût.
Mais un petit bonhomme malingre à l’air un peu louche, lui, ne sembla pas s’insurger. L’affiche avait même l’air de l’intéresser au plus haut point. Il la scruta dans ses moindres détails et sortit du bar des marins en courant. Il claqua la porte et se précipita vers un petit esquif attaché à l’embarcadère. Sans plus attendre, il en mit le moteur en route et s’éloigna à tout berzingue sur les vagues de l’océan.
Il ne tarda pas à rejoindre une plage de sable blanc avec cocotiers et jungle environnante à faire pâlir d’envie plus d’un club de vacances. A peine son bateau eut touché le sol qu’il hurla à l’encontre d’un homme qui venait à sa rencontre.
- Allez prévenir Œil Rouge notre chef, j’ai une révélation importante à lui faire.

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