La porte laissa passer le conservateur du musée. Le petit homme rebondi paraissait dans une colère noire. Dans ses yeux flamboyait une lueur de sauvagerie.
- Ha ! Bravo Messieurs ! Commença t-il.
Sans qu’il ne lui laissât le temps de finir sa phrase, et sans même s’apercevoir de la rage du directeur, Pathogène se leva d’un coup et lui tendit la main l’air content de lui.
- C’est notre travail Monsieur le conservateur…
Le directeur explosa :
- ON A VOLE LES BIJOUX !!!!
Il n’en fallut pas plus à Pathogène, qui s’écroula d’un bloc contre terre.
- Mais comment ? Il y avait les gardes ! Et qui d’abord ? S’écria Tungstene qui commençait à paniquer sérieusement devant la nouvelle et l’attitude du sous - Magistrat.
- L’équipe de nettoyage ! Siffla le Magistrat qui entrait par la porte de derrière à ce moment - là. Tungstene le regarda. Il savait que le Magistrat n’était pas un homme tendre, et qu’il pouvait les faire jeter aux requins d’un seul claquement de doigts. Il essaya d’avaler sa salive, mais sa gorge resta sèche.
- LEVEZ- VOUS PATHOGENE ! Hurla le Magistrat en tapant du point sur la table. Vous êtes des minables ! Les supers divisionnaires d’Atlantide ! Je rigole ! Dit-il d’un air de dégoût. Depuis DEUX JOURS de faux nettoyeurs échangeaient les bijoux contre des copies et ça sous votre nez ! On vient de récupérer les vrais nettoyeurs ficelés chez eux. Alors vous Pathogène avec vos idées, s’écria —t- il en le montrant du doigt, vous êtes viré !!!
Pathogène que Tungstene avait aidé à se relever quelques instants plutôt sentit à nouveau que ses jambes se dérobaient sous son poids, puis son cerveau se mit à fonctionner très vite, il se saisit du coquillage magique de Tungstene.
- Attendez ! Regardez ça ! dit — il
- Ho Non ! Crièrent en cœur Tungstene, Baliverne et même les deux pirates. Ils étaient restés là tranquillement à savourer la scène, mais là, le coquillage leur rappelait leur situation et les choses pouvaient très mal tourner pour eux désormais.
Le Magistrat eut un mouvement de surprise.
- C’est un coquillage ! Et alors ?
- On a quand même arrêté ces deux pirates qui le détenaient ! Répondit Pathogène qui reprenait de l’assurance.
Le Magistrat le regarda d’un air drôle !
- Vous vous foutez de moi ? Si l’on devait arrêter tous ceux qui possèdent un…
- Attendez ! Le coupa Pathogène, ce n’est pas n’importe quel coquillage, il est magique !...
Le Magistrat se rejeta en arrière, les petites roulettes de son fauteuil grincèrent sous l’effort.
- Alors là ! Commença le Magistrat, avant que vous ne continuiez, je tiens à vous dire que je ne crois absolument pas en la magie ! Et que si vous vous payez ma tête, je vous fais jeter aux requins ! Ajouta — il d’un air féroce.
Tungstene et Baliverne étaient atterrés. Tungstene cherchait désespérément comment arrêter Pathogène dans sa délation et éviter de prouver au Magistrat que le coquillage était bien magique. Mais il ne trouva rien et son beau - frère décrivait déjà avec précision l’étrange pouvoir du coquillage.
- Allez- y montrez- moi, dit le Magistrat à l’encontre de son subordonné.
Pathogène qui n’avait encore jamais utilisé la coquille, se lança dans une démonstration peu sûr de lui.
- Alors voilà…bredouilla — t —il, je me concentre et …
Mais il n’eut pas le temps de souffler, un pirate s’était jeté tête première contre lui. Il savait que leur rare chance de salut était de détruire la preuve de leurs larcins. Sa tête heurta la poitrine de Pathogène de plein fouet. Dans le choc, le coquillage vola en l’air et vint s’écraser en mille morceaux sur le bureau entre les mains du Magistrat.
- Ho non ! Lâchèrent —ils tous en cœur. Pathogène était assis par terre, un pirate à moitié assommé sur les genoux.
Tungstene était consterné, son coquillage venait d’être brisé sous ses yeux, Pathogène s’était trompé de coquillage. Il repensa rapidement à ce qu’il avait déjà fait avec, sa première téléportation en compagnie d’Hallucinogene, et tout ce qu’il avait projeté de faire avec. Un lourd poids lui oppressa le ventre. Il mit machinalement sa main dans sa poche, et se rendit compte qu’il lui restait quand même celui subtilisait au pirate juste avant. Cela lui remit du baume au cœur, mais il prit bien garde à ce que Pathogène ne le remarqua pas maintenant.
- Il serait bien capable de me trahir une seconde fois, pensa Tungstene.
Le Magistrat poussa une flopée de jurons :
- Je veux votre démission pour demain matin Pathogène ! …Et maintenant dehors ! TOUT LE MONDE DEHORS ! Hurla — il, et jetez- moi ces pirates en prison !
Tungstene, Baliverne et Pathogène ne se firent pas prier. Ils sortirent sans cérémonie du bureau et prient le chemin de la sortie. Personne ne dit mot, mais on sentait la rancœur de Pathogène prendre d’étrange proportion, et l’on aurait dit qu’il allait exploser.
La nuit était douce, ni trop fraîche ni trop chaude. Pas une étoile ne manquait au ciel. Et le Palais du Magistrat illuminé, jouxté par son parc donnait un côté féerique. Cela aurait pu être une très belle nuit, mais les événements qui venaient de se produire gâchaient le côté enchanteur de cette soirée. Pathogène n’y prêtait aucune attention. Il marchait à grandes enjambées et sa colère finit par éclater.
- Merci Tungstene, hurla-t-il enfin, dès qu’ils eurent franchi le perron. Grâce à tes idées, je suis viré !
- Mais écoute, dit Tungstene mi-offusqué mi - gêné, je ne pouvais pas prévoir que les bijoux seraient volés par d’autres pirates !
Pathogène s’arrêta net de descendre les marches.
- Si justement ! Tu aurais dû ! Fulmina-t-il en se retournant d’un air mauvais.
- On pourrait avouer que l’on ne fait pas partie de l’armée, proposa gentiment Baliverne.
Pathogène émit un hoquet d’horreur.
- Alors là ! Ce sont les requins pour nous !
Ils s’avancèrent plus en avant dans le parc.
Le crissement de leur pas sur le gravier de l’allée résonnait dans la nuit. Ils arrivèrent devant l’imposante grille du château.
- Ne t’inquiète pas, je vais arranger les choses, dit Tungstene qui se voulait rassurant.
- Non surtout pas ! Rétorqua horrifié Pathogène, j’ai assez d’ennuis comme ça !…Allez salut ! Dit - il en s’éloignant dans la ruelle, toujours vert de rage.
samedi 3 novembre 2007
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire