dimanche 11 novembre 2007

Chapitre 13 musé

C’était le matin, d’un pas décidé, l’allure fière, Tungstene, Baliverne et Pathogène se dirigeaient vers le musée d’Atlantis. Tungstene avait gardé son habituelle veste trois quarts rouge, Pathogène dans son costume bleu Atlante avait jeté une cape écarlate sur ses épaules, et Baliverne avait endossé l’uniforme kaki des soldats d’Atlantide.
- Jouez bien le jeu, soyez fermes, dit Pathogène l’air inquiet.
Baliverne sourit, la perspective de se faire passer officiellement pour un soldat lui plaisait. Il avait toujours gardé une âme d’enfant. Tungstene lui était plus tendu. Il avala sa salive dans un « gloups » pas très rassuré. A l’intérieur de sa tête plein d’idées se bousculaient, une lourde responsabilité pesait sur ses épaules. C’était en bonne partie son plan ! Et il savait que si cela tournait mal, ils risquaient tous les trois d’avoir de graves ennuis.
Les graviers de l’allée crissaient sous leurs pieds, plusieurs sentinelles postées sur les grandes marches qui menaient au parvis du musée, surveillaient l’entrée principale du bâtiment.
Ils arrivèrent devant un soldat de garde.
Pathogène le salua.
- Salut soldat ! Voici les spécialistes chargés de surveiller les bijoux.
- Salut, répondit-il simplement puis tourna nonchalamment la tête pour voir Tungstene et Baliverne.
- Pas très respectueux ce petit, pensa Baliverne on va lui donner une leçon. Il prit un air sévère et aboya.
- Salut ! Divisionnaire Baliverne, service spécial d’Atlantide !
Tungstene l’imita aussitôt.
- Salut Divisionnaire principal Tungstene ! J’espère une bonne collaboration de votre part ! Où est le chef de garde ? Demanda Tungstene sur le même ton autoritaire.
Le soldat un peu secoué par cette démonstration de force, s’empressa de faire le salut militaire qui convenait pour marquer le respect qu’il devait à ses deux supérieurs hiérarchiques.
- C’est moi ! Vous pouvez compter sur nous mon divisionnaire, répondit-il penaud.
- Très bien ! Allons voir le directeur du musée ! Tu viens Baliverne ! S’écria Tungstene à l’adresse de celui-ci qui était en train de bavarder gentiment avec une jeune et jolie soldate qui gardait aussi le bâtiment.
Baliverne se renfrogna, fit un clin d’œil à la jeune fille l’air de dire « on se reverra » puis suivit Tungstene et Pathogène qui entraient déjà dans le musée.

Un petit homme replet, portant une longue toge rose et une cape rouge les reçut immédiatement.
Il s’inclina respectueusement devant Pathogène :
- Monsieur le sous - Magistrat, Messieurs bonjour.
-Monsieur le directeur, Tungstene et Baliverne, divisionnaires au service spécial de la police d’Atlantide, présenta solennellement Pathogène.
- Enchanté, répondit — il en bombant le torse.
- En voilà un avec qui il va falloir la jouer fine, pensa Tungstene. Son air faux jeton transpire par tous les pores de sa peau. Bonjour ! …Ne perdons pas de temps, allons voir la salle d’exposition, répondit-il d’un ton sans appel.
Tungstene ne voulait surtout rien laisser paraître de la mascarade. Un peu secoué par cet accueil si froid, le directeur les conduisit dans une immense salle d’exposition. Les murs étaient tous bordés par de grandes vitrines et un cordon doré délimitait une zone de protection, au-delà de laquelle les visiteurs ne devaient plus s’approcher.
- Voilà, les bijoux seront exposés dans ces vitrines, déclara le directeur du musée toujours renfrogné du manque de savoir vivre et de courtoise que lui avaient témoigné Tungstene et Baliverne par leur rudesse toute militaire.
Baliverne s’empressa d’examiner les lieux, Tungstene fit mine de réfléchir. Puis montrant une très grande place sur le milieu de la pièce, il demanda :
- Dites, il y avait quoi là ?
Le directeur parut étonné.
- Ben…Une grosse statue ! Pourquoi ?
- Parce qu’il y en aura une autre, répondit Tungstene avec un large sourire, tout content de lui.
- Une autre ? Mais..., dit le directeur qui semblait sur le point de défaillir, puis se reprenant :
- Non, non, non, artistiquement, on ne mélange pas des statues et des bijoux !!!
Aussi se tourna-t-il vers Pathogène espérant trouver en ce personnage raffiné de la haute société, le soutien d’un homme de goût. Monsieur le sous Magistrat, faites quelque chose ! Implora-t-il presque.
Pathogène ne sachant quoi répondre se tourna vers son beau-frère d’un air interrogatif.
- Peu m’importe, continua Tungstene. Il y en aura une ! Une très grande ! Insista— il. Et dans laquelle on se cachera ! Finit- il d’un air triomphant.
Le directeur du musée fit la grimace, mais devant l’accord du sous Magistrat n’ajouta rien de plus.

Aucun commentaire: