mardi 6 novembre 2007

Chapitre 18 attente patiente

Le soir était venu, Tungstene et Baliverne toujours dans leur cheval de bois, prenaient tranquillement leur dîner. Bien trop tranquillement à leur goût d’ailleurs. Le manque d’action commençait à les tenailler. Mais ils avaient beau scruté le miroir écran qui leur reflétait la salle, rien d’anormal ne s’était passé et rien ne présageait que cela ne change.
- Tiens ! Ce ne sont pas les mêmes nettoyeurs que ceux d’hier, fit remarquer Baliverne en pointant du doigt deux hommes en train d’astiquer fiévreusement le sol.
- Ha oui ! Tiens ! Eux, les bijoux n’ont pas l’air de les intéresser, observa Tungstene qui guettait les moindres mouvements qu’auraient pu faire les deux nouveaux en direction des vitrines. Ils semblaient complètement s’en désintéresser.
- Dommage, on aurait rigolé ! Dit Baliverne en repensant à la chute mémorable qu’avait prise le nettoyeur la veille.
Tungstene et Baliverne retournèrent à leur repas.
- Hé ben, mangeons ce bon cake au citron. Hallucinogene a bien fait de nous l’apporter. J’adore ça ! C’est une perle cette fille, dit- il d’un air malicieux en regardant Tungstene.
Tungstene rougit. Son cœur s’emballait, son ventre se serra une fois de plus. Puis n’en pouvant plus de se poser des questions sans réponse, il se lança :
- Tu crois qu’elle et moi on pourrait…
- Arrête de te poser des questions mon vieux ! Si elle te plait fonce !
- Et si ça marche pas ? Notre amitié ? Je perds tout.
- Ha ça ! Il y a toujours un risque, mais même dans ce cas, rien ne dit que vous ne pourrez pas rester amis ! Vous êtes grands, non ? Mais tu ferais bien de te décider avant que l’un de vous n’en souffre trop.
Tungstene souffla.
- Je crois que je préfère ne pas prendre de risque. Je l’aime trop pour pouvoir risquer de la perdre.
Cette simple phrase lui arrachait les entrailles, mais en même temps le soulageait, une décision, voilà ce qu’il fallait.
Baliverne haussa les épaules
- Ce que vous pouvez être bêtes tous les deux parfois ! Enfin cela ne me regarde pas, finit-il par dire en avalant une bouchée de gâteau.

La nuit fut plus douce pour Tungstene, sa décision, lui libérait l’esprit, et le sommeil par la même occasion. Et c’est le cœur léger et de bonne humeur qu’il se leva le lendemain.
Pathogène leur rendit visite, apportant le journal par la même occasion et leur relatant les faits récents.
- A part ça rien de nouveau, si ce n’est l’intérêt que tout le monde porte à ce cheval, dit- il.
- Hallucinogene est passée hier, elle nous a racontés, répondit Tungstene en tendant le journal qu’il venait de lire à Baliverne.
- Ils sont tous fous, d’après certains il vaudrait une fortune ! Ajouta Pathogène. Si la sage veut le vendre après, elle va se faire une belle somme d’argent !
- S’ils savaient qu’en réalité c’est une planque dans laquelle on vit depuis trois jours ! S’exclama Tungstene.
Pathogène prit un air grave :
- A ce propos…Toujours rien ?
- Rien ! Les pirates n’ont pas donné signe de vie, répondit Tungstene désolé. Il avait fini par en oublier leur but principal.
- Etrange, ne s’intéresseraient- ils pas aux bijoux ? Interrogea le sous Magistrat en croisant les bras comme pour mieux réfléchir à sa propre question.
- J’avoue que je commence à en douter ! Dit Baliverne d’un air sceptique.
- C’est une position qui m’est bien inconfortable, appuya Pathogène, je me suis lancé dans cette aventure avec vous sur votre seule bonne foi, concernant cet hypothétique coquillage qu’ils possèderaient. J’espère que ça ne me retombera pas sur les doigts ! Dit — il d’un air sévère.
Tungstene fronça les sourcils, voilà une fois de plus le côté qu’il ne supportait pas de Pathogène !
- Dans le pire des cas, tu n’auras pas tout perdu, puisque l’exposition est une réussite, et même au-delà surtout grâce à ce cheval ! Lui répondit- il amèrement.
- Et puis pendant que tu vaques tranquillement à tes occupations, nous on reste bloqués ici à se faire tartir, lança Baliverne d’un ton cinglant.
Pathogène fut piqué au vif
- Rien n’est tranquille dans ma fonction, dit- il d’un ton hautain, et en jetant un œil mauvais à Baliverne, un peu de repos vous fait du bien, riposta-t-il en grinçant des dents.
- Holà ! On se calme ! Ordonna Tungstene d’un ton autoritaire, nous quereller n’est pas la bonne solution, nous avons tous accepté cette situation, alors, quelque en soit l’issue, nous devons l’accepter tranquillement !
Baliverne et Pathogène échangèrent un regard, puis se résignèrent.
Le sous Magistrat se déraidit, et tendit la main à Baliverne en souriant.
- Tungstene a raison, excuse -moi de mon impatience.
Baliverne la saisit et fit mine d’accepter ses excuses.
Mais Tungstene se doutait bien que c’était pour les deux plus une façade qu’une véritable entente mais cela suffisait à assurer la paix jusqu’ au bout leur mission.

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