dimanche 4 novembre 2007

Chapitre 20 Magistral !

Ils passèrent dans le hall du musée et s’arrêtèrent au poste de garde.
- Salut ! Dit Tungstene en regardant la sentinelle postée à l’entrée. Nous venons d’arrêter ces deux dangereux pirates, passez-moi un téléphone s’il vous plaît, il faut que j’en informe Pathogène le sous Magistrat.
- Bien sûr mon divisionnaire, lui répondit le garde de fonction, en le saluant à son tour respectueusement.
Puis il lui indiqua une petite pièce à gauche où il pourrait trouver un moyen de communication.
- Merci, ajouta Tungstene, surveillez- les bien pendant ce temps.
Le garde appela deux autres collègues en renfort.
Baliverne vit arriver la jeune fille qu’il avait draguée au premier jour
- Vas- y Tung, moi je vais rester là pour les aider.
- Mais oui bien sûr, lui répondit- il avec un clin d’œil.
Il avait très bien vu que son ami était plus intéressé par la jeune militaire que par les pirates, mais ne s’en formalisa pas.
Tungstene était très excité, après plusieurs jours passés dans l’attente, ils venaient enfin d’attraper les pirates, et surtout de récupérer leur coquillage magique. Maintenant il ne fallait prendre aucun risque de les laisser s’enfuir.
- Dommage qu’Hallucinogene ne soit pas là, après tout, c’est aussi grâce à son cheval qu’on a réussi, pensa —t-il.
Tungstene se saisit du combiné, fit le numéro de son beau- frère. La sonnerie d’attente résonnait dans l’appareil. Tungstene s’impatienta.
- Ha bon sang ! Qu’est- ce qu’il fait ? Dit- il en regardant machinalement autour de lui. La pièce dans laquelle il se trouvait devait être une remise, elle avait était transformée rapidement en poste de garde pour le temps de l’exposition. La faible lumière du plafonnier éclairait d’une lueur blanchâtre des dizaines de statues entreposées, et leur donnait un air fantomatique. Tungstene en eut des frissons dans le dos. Il préféra détourner la tête et son regard se posa sur des caisses qui devaient contenir des tableaux précieux à en croire les étiquettes collées dessus.
- Il doit y en avoir pour un paquet d’argent ici, pensa —t-il ! …trange idée que de laisser tout cela si facilement accessible.
La voix ensommeillée de Pathogène le fit revenir à la réalité.
- Allo…, qui est à l’appareil ? Bredouilla- t- il en bâillant.
Tungstene lui raconta rapidement l’ensemble de l’histoire. Pathogène était désormais très bien réveillé, il lui ordonna de se rendre chez le Magistrat, et se réserva la primeur de lui annoncer la capture.
Tungstene raccrocha. Le comportement du sous Magistrat l’agaçait. Une fois de plus, il sentait bien que Pathogène voulait tirer à lui tous les honneurs de la prise des deux bandits. Puis il pensa au coquillage, et se dit que c’était une belle récompense.
Tungstene exécuta donc les ordres de son beau-frère, ils prirent deux gardes avec eux et se mirent en route pour le palais.
Ils arrivèrent enfin chez le Magistrat. Pathogène les attendait sur le perron. Il voulait sans doute donner l’impression d’avoir participé à la capture. Il les guida jusqu’au bureau du grand patron d’Atlantis.
Le bureau dans lequel ils entrèrent était vaste, décoré sobrement, un buste du Magistrat un peu plus jeune trônait sur le bord. Les Armoiries d’Atlantis postées à côté de celle d’Atlantide étaient brodées sur des tapisseries accrochées aux murs. Les deux pirates se tenaient debout au fond de la pièce près de la porte, bien escortés par les deux gardes. Tungstene, Baliverne et Pathogène s’étaient confortablement installés dans des fauteuils de velours mauve. Une table basse à leur hauteur leur exposait une grande corbeille remplie de très beaux fruits. Baliverne se saisit d’une grappe de raisin et la dégusta tranquillement.
Le Magistrat entra, s’assit sur son fauteuil d’alcantara vert. Il prit appui sur les accoudoirs en bois de noyer, leur sourit largement et déclara.
- Messieurs ! Malgré l’heure tardive à laquelle vous me faites travailler, je tiens à vous féliciter !
Tungstene n’était pas un fervent admirateur du Magistrat, ni des décorations, mais là, après les doutes qu’il avait eus sur la bonne marche de son plan, ses félicitations avaient pour lui un goût de soulagement euphorisant.
- Surtout vous Pathogène mon Sous Magistrat, rajouta-t — il, pour l’idée que vous avez su…
Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase, le téléphone sonna. « Dring ! Dring ! Dring ! »
- Permettez ! Téléphone ! Dit- il en pointant du doigt le combiné. Les trois acquiescèrent d’un hochement de tête approbatif.
- Allo…oui… Commença t-il avec un sourire qui s’effaça aussitôt, QUOI ?!!! Hurla t-il en faisant un bon sur sa chaise. Les yeux furibonds il raccrocha d’un geste sec.
- Attendez-moi là ! Ordonna le Magistrat.
Les trois se regardèrent interrogatifs. L’estomac de Tungstene se contracta.
- Mais qu’est- ce qui se passe ? Demanda Baliverne en reposant la pomme qu’il était sur le point de croquer.
- Je ne sais pas, les bijoux viennent peut- être d’être volés ? Suggéra Pathogène.
Une bouffée de panique s’empara de Tungstene.
- Non impossible…Il y a encore les gardes et puis les pirates sont là ! Dit- il plus pour se rassurer lui-même qu’autre chose.
- Il a peut -être découvert que vous ne faites pas partie de l’armée, renchérit Pathogène.
La situation devenait désagréable, le départ précipité du Magistrat ne disait rien qui vaille, et rester là à attendre sans réponse devenait insupportable. Les pirates toujours au fond, las de rester debout s’assirent, un sourire narquois au coin des lèvres. Ils avaient beau essayé de trouver une raison plausible, ils n’y parvenaient pas et au bout d’une demi heure Pathogène finit par lâcher
- Ca n’a sûrement aucun rapport avec nous !
Tungstene et Baliverne le regardèrent peu convaincus. Mais ils n’allaient pas tarder à être fixés, la porte principale du bureau s’ouvrit.
- Ha ! Dit Tungstene en faisant mine de se lever.

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