Au matin, Tungstene avait tout oublié, seul lui restait l’impression délicieuse d’avoir passé sa nuit aux côtés de cette fille, si chère à son cœur. Il alla dans sa cuisine et prépara son petit déjeuner habituel, un bon bol de lait chaud chocolaté et quelques tartines de pain beurrées recouvertes d’une fine couche de confiture de fraises. Tungstene s’étira lentement, bailla, il aimait ce moment tranquille où il n’hésitait pas à prendre son temps pour bien démarrer sa journée. Il passa négligemment vers sa boîte aux lettres. Celle-ci était incrustée dans le mur de façon à offrir une porte de chaque côté de celui-ci. Cela évitait bien d’avoir à se mouiller pour lever son courrier les jours de pluie. C’était une création architecturale de Tungstene et il en était d’ailleurs fier. Il ouvrit le portillon intérieur et sortit le courrier. Il feuilleta rapidement : quelques lettres, Atlantique matin le journal, des factures, une carte postale de sa cousine qui était en vacances dans le sud d’Atlantide et qui annonçait que tout allait bien, soleil au rendez vous et beaux mecs sur la plage. Tungstene sourit, sa cousine avait toujours été une grande séductrice, et il avait du mal à la suivre dans ses conquêtes, ne sachant jamais si l’homme qui l’accompagnait était le même que la fois précédente. Il s’abstenait en tous cas de la juger sur sa vie personnelle, et s’entendait très bien avec elle. C’était même pour lui un peu comme une deuxième sœur.
Il posa le courrier sur la table, but une gorgée de chocolat, mordit dans un croissant et prit le journal. Mais à peine avait-il posé les yeux dessus, qu’un gros titre lui sauta aux yeux. Il se jeta avidement sur le quotidien pour lire l’article qui suivait.
- Oh ben ça alors !!!! S’exclama t—il. Il but d’une traite son lait, engouffra deux tartines l’une sur l’autre et se précipita pour enfiler sa veste rouge.
- Vite le coquillage !! Cria—t-il comme si quelqu’un pouvait l’entendre.
Puis Tungstene saisit la fabuleuse coquille vide dans une main, souffla fortement dessus et POUUFFF, la cuisine virevoltait déjà devant ses yeux, destination la maison d’Hallucinogene.
Il vit la lumière blanche, mais surprise ! Des pelles, des pioches, un râteau, et tout son matériel de bricolage. En lieu et place du cabinet de sage de son amie, c’était dans son propre garage qu’il se retrouvait.
- Ah zut…! Tant pis, j’y vais en char ! Il ne voulait pas prendre le risque de se retrouver encore ailleurs.
Il attela rapidement ses deux fidèles chevaux à une espèce de carriole en bois. Munie de deux grandes roues à l’arrière et deux petites à l’avant, surmontée d’un pare-brise, elle ressemblait plus à une grosse caisse à savon qu’à un char comme on les connaît. Il sortit en trombe de chez lui, prit la première rue à droite, celle qui descendait au bas d’Atlantis, lorsqu’un cri retentit
- Héééé ! Tungstene ! Où roules-tu si vite ?
C’était Baliverne qui hélait son ami. Dans un crissement de roues Tungstene fit arrêter son véhicule.
Baliverne ressemblait beaucoup à Tungstene, il était ce que certains pouvaient appeler un beau gosse. Il avait la même stature et la même corpulence. Ses pommettes hautes lui donnaient l’impression de toujours sourire, ses cheveux roux frisés et sa petite moustache en faisaient craquer plus d’une.
- Tiens Bal ! Tu tombes bien, monte vite !
Baliverne regarda son ami intrigué, mais ouvrit tout de même la porte de la Deux chevaux (c’est comme ça que l’on appelait ce genre d’attelage à double équidés)
- Mais qu’est- ce qui presse donc autant ?
- Monte ! Je te raconterai en route, ordonna Tungstene qui redémarrait presque aussitôt sans lui laisser le temps de s’installer.
Il lui raconta tout ce qui s’était passé depuis quelques jours, les retrouvailles avec Gennie, le coquillage, etc. mais préféra pour l’instant ne pas lui parler de la confusion de ses sentiments pour elle.
- Oui je savais qu’elle allait revenir, lui répondit Baliverne je l’avais croisée il y a deux semaines pendant qu’elle préparait son déménagement. Je voulais t’en parler, puis je n’ai pas eu le temps, je suis parti sur le continent.
Mais la conversation revint vite sur le coquillage, Baliverne était très intéressé par ce phénomène, et piaffait d’impatience de pouvoir l’essayer.
Ils n’en eurent pas le temps, se retrouvant déjà devant la grande bâtisse.
Tout près de la sonnette était fixée une plaque de cuivre flambant neuve, où l’on pouvait lire : « Hallucinogene, Sage diplômée de l’université d’Atlantide » Tungstene pressa sur le petit bouton.
- Drrriiiiinnng……
- Tu ne crois pas que l’on aurait tout de même pu attendre un peu, c’est encore tôt, pour venir sonner chez les gens ?! Hésita Baliverne
Tungstene n’eut pas le temps de répondre, la porte s’ouvrait déjà sur eux.
Hallucinogene apparut par l’embrasure, un peu surprise.
- Tiens c’est vous ??? …Salut…Entrez, dit -elle la voix à la fois ensommeillée et intriguée. Ils l’embrassèrent rapidement des trois bisous traditionnels sur la joue.
Tungstene sentit son étonnement :
- Tu n’as pas lu le journal ?
- Ben non ?! Comme tu vois, il est là, rétorqua t-elle en montrant du doigt la table basse pleine de magazines. Son hall d’entrée lui servait aussi de salle d’attente pour son cabinet.
- Mais pourquoi me demandes-tu ça ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils déjà bien convaincue que ce n’était pas par hasard, ni par simple courtoisie, que ces deux comparses venaient lui rendre visite à une heure si matinale.
-Tiens, lis et tu comprendras, répondit Tungstene en lui tendant le quotidien.
- D’accord, mais venez donc sur la terrasse, on y sera mieux que dans l’entrée ! Proposa - t— elle en se dirigeant vers la porte qui menait au jardin.
mardi 20 novembre 2007
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