vendredi 9 novembre 2007

Chapitre 15 une statue aux poils

Les voilà qui déambulaient donc déjà dans les couloirs du musée. Malgré les merveilles exposées, Tungstene n’arrivait pas à en profiter, le sourire qu’arborait Baliverne le laissait toujours inquiet.
Baliverne ressentit les craintes de son ami et le rassura :
- Tu verras c’est de l’art moderne… Toute en bois !
- Une statue en bois ??? S’étonna Tungstene
- Oui, c’est très moderne.
Cela ne rassurait pas vraiment Tungstene, mais d’un autre côté, c’était Hallucinogene qui l’avait faite, et il savait qu’il pouvait compter sur elle. Hallucinogene était une fille sérieuse, et même si elle avait quelques fois un côté extravagant, elle n’aurait rien fait qui puisse compromettre leur plan à tous les trois. Il regrettait bien qu’elle n’eût pu venir mettre tout cela en place avec eux. En effet, sa charge de travail étant trop importante, elle n’avait pas pu se libérer.
Tiens ! Voilà que le fait de penser à elle ravigota Tungstene, son ventre se serra un peu tout de même, l’ambiguïté de leur sentiment étant toujours présente. De toute façon il n’allait pas tarder à savoir comment était cette fameuse statue puisqu’ils arrivaient devant les portes battantes de la salle d’exposition.

- Alors pas mal non ? Demanda Baliverne une fois qu’ils furent entrés.
Un immense cheval de bois trônait au milieu de la pièce. Quatre mètres de hauteur, cinq de large, et autant de long. Dans une position on ne peut plus inhabituelle pour ce genre d’équidé, puisqu’il était assis sur ses pattes postérieures, une antérieure repliée lui soutenant la tête, en penseur de Rodin. Tungstene resta sans voix, étonné par la taille et l’impression que dégageait ce colosse créé par son amie.
- Et puis viens voir, il est aménagé, continua Baliverne qui enjambait déjà le cordon de sécurité pour s’en approcher.
Il s’avança près du ventre du cheval.
- Regarde, tu appuies là, et hop ! Ca ouvre la porte, tout en disant cela, il pressa sur le noeud d’une planche.
Un petit clic se fit entendre. Baliverne poussa, et une ouverture suffisamment grande pour les laisser s’introduire dans le corps de la bête apparut devant les yeux étonnés de Tungstene.
- Alors tu viens ? Demanda- t-il alors qu’il était déjà à l’intérieur.
- Ha ben ouais !... Pas mal ! Finit par dire Tungstene qui passait sa tête par la porte.
- Tu vois, couchette, table, chaises, énumérait Baliverne en faisant la visite. Et passant par une autre porte :
- Petite douche, wc, le tout alimenté par une réserve d’eau là, haut dessus, dit- il en désignant le plafond.
- Et ça ? Demanda Tungstene en montrant une immense vitre sur le côté.
- Une invention du sage ! Des miroirs extérieurs cachés dans les yeux, qui envoient le reflet de la salle d’expo sur cet écran.
Une fois de plus Hallucinogene avait fait un boulot génial. Tungstene était conquis.
- Super, on pourra …Commença-t-il, avant d’être interrompu par un rugissement venant de l’extérieur.
- QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE HORREUR !!!!! S’écria le conservateur du musée, lâchant ensuite une flopée de jurons.
Il s’attaqua au cordon de sécurité, secouant sans précaution la corde dorée, et jetant à tout va les plots qui la maintenaient.
- VOUS ALLEZ ME VIRER CE TRUC DE MON MUSEE ET VITE !!!! Hurla —t-il.
Sur ce fait Pathogène arriva.
- Que se passe t —il ? Demanda t-il étonné.
Le directeur du musée le voyant baissa un peu le ton :
- Monsieur le sous - Magistrat, j’exige que…
Mais Pathogène ne le laissa pas continuer, ces mots avaient fait tilt ! Il était le numéro deux du gouvernement d’Atlantis et n’allait pas se laisser exiger quoi que ce soit ! Son orgueil en prenait un coup, et il fut piqué au vif.
- Il suffit, je vous ordonne de coopérer ! Siffla t-il les dents serrées de rage !
Le directeur ferma les points, ses phalanges blanchirent, sa paupière agitée de tics nerveux clignait rapidement. On sentait bouillir en lui une fureur contenue, mais il n’osa pas s’opposer au sous —Magistrat.
- Je me plaindrai au Magistrat, finit —il par lâcher dans un souffle, en tournant le dos et en s’éloignant, vert de colère.
Pathogène regarda partir le directeur, puis se tourna vers cet immense cheval dans sa posture si grotesque, et s’en voulut un peu de n’avoir pas su garder son calme.
- Alors là Tungstene, si ton idée ne marche pas, ma carrière est foutue ! Lui adressa t-il sur un air de reproche.
- Ben… Se contenta de répondre Tungstene qui comprenait sa réaction mais ne voulait pas critiquer le travail de sa chère Hallucinogene.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Good for people to know.